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Opinion |
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IALTCHAD
OPINION
«
La
nouvelle guerre du Tchad a commencé… »
Par
Enoch
Djondang
Article
paru le 29 juillet 2005 sur Ialtchad Presse |
|
«
La
nouvelle guerre du Tchad a commencé… »
Par
Enoch
Djondang
Généralement, quand nous parlons de guerre au Tchad, nous ne voyons
que des belligérants tchadiens issus de groupes et régions hostiles et
parfois soutenus par des mercenaires venus de l’autre côté de la
frontière selon les affinités. C’est une vue très partielle de la réalité
des enjeux que constitue notre pays. En vérité, les causes et les
sources extérieures de notre drame national sont les facteurs déterminants
à ne pas ignorer dans toute analyse et toute démarche visant à
trouver des solutions durables et profitables.
La première guerre extérieure
du Tchad, en dehors de la colonisation française, était
franco-anglaise à la bataille de Fachoda, guerre perdue par la France.
Ensuite, la France néocoloniale sera confrontée aux velléités hégémoniques
arabes sur le Tchad par la Libye et le Soudan via le FROLINAT. Cela
durera quinze années en terme de guerre civile jusqu’à ce que, par
accord tactique, la France sauve la mise en soutenant le même camp que
les Arabes. La troisième guerre tchadienne vit l’alliance de la
France et des USA contre l’expansionnisme territorial libyen sous Hissène
Habré. Une fois encore, la France sauva sa mise par la foudre des FANT
(Forces Armées Nationales Tchadiennes), pendant que, sous la loi du
silence, 40.000 de nos compatriotes disparaissaient dans les ténèbres
de la répression politique. Aujourd’hui, c’est la quatrièmeguerre
qui commence sous nos yeux, cette fois entre la France et les USA sur le
Tchad.
Pourquoi cette nouvelle guerre ? D’un point
de vue géostratégique, plusieurs raisons semblent la justifier. La
première est la construction de l’Europe et le triomphe du libéralisme
économique dans le monde, mettant les pays dominants en concurrence
loyale. En conséquence, il ne devrait plus avoir de pré-carré, de
chasse gardée en Afrique, chacun pouvant s’installer là où ses
capacités technologiques et l’offre d’intérêts nouveaux le
permettrait. La seconde découlant logiquement de la première, c’est
que les puissances industrielles allaient redessiner la carte du monde
en fonction des découvertes avérées des zones potentiellement riches.
Alors, la France s’est vue marcher sur les pieds par le géant américain
qui réfuta la thèse gaulliste de la pauvreté du sous-sol tchadien par
la découverte d’un lac de pétrole alléchant. La troisième raison
concomitante est la capacité d’une puissance de réaliser son impérialisme
en exploitant effectivement les richesses qu’elle convoite. Là
encore, le pays de Bush, par Banque Mondiale et Esso interposées, démontra
qu’il est le plus fort et que l’enclavement du Tchad ne sera en rien
un frein à ses nouvelles ambitions sur le continent. La réalisation du
pipeline Tchad-Cameroun bouleversera définitivement la donne pays
enclavé = pays pauvre. Alors interviendra l’autre raison, le contrôle
de l’économie du pays. Initialement, la filière coton était le
poumon dominé par les intérêts français, mais atteint d’une
tuberculose nécessitant une longue et hypothétique cure.
Aujourd’hui, la principale richesse est le pétrole qui sera géré
d’une manière originale totalement incompatible avec les méthodes
Total Elf du golf du Congo. A partir de ce moment, il ne reste plus à
la France que des symboles à défendre au Tchad.
Le symbole le plus sacré, c’est sa présence militaire qui rappelle
que c’est elle qui décide de la gouvernance de ce pays. Et cela doit
aller de pair avec ses intérêts ou du moins à un rythme contrôlé
par elle. Malheureusement, après une décennie d’expérimentation du
discours de La Baule, ni le rythme ni les pas de danses ne semblent
convenir aux Tchadiens. C’est que ceux-ci ont pris conscience de leur
isolement et de leur grand retard par rapport aux autres pays africains
et au monde moderne, et aussi de l’aubaine inespérée de
l’exploitation de l’or noir. Alors où prendre les ordres ? A
Paris ou à Washington ? Concrètement, la direction de Washington
a pris le pas sur Paris devenu une simple escale, à cause notamment du
poids des institutions de Brettons Wood dans la gouvernance du pays.
Apparemment, les voix anglo-saxones, qui ne se considèrent pas
comptable des décennies d’errements et de déchirements des
Tchadiens, semblent aller vers les horizons prometteurs que ces derniers
croyaient leur être fatalement interdits. Même en matière de
formation universitaire et technique, on observe une forte attirance des
jeunes tchadiens vers les plateaux d’Amérique du Nord (USA, Canada)
et un désintérêt pour l’Hexagone.
Comme toute nouvelle guerre, il faut des thèmes publicitaires pour en
préciser la nature et l’ampleur éventuelle. Nous y avions été
copieusement servis à l’occasion de la commémoration de deux fêtes
nationales de taille cette année : celle de l’Indépendance
des USA le 1er juillet et celle connue du 14 juillet français.
En ces circonstances, les représentants officiels des deux grandes
puissances vont ouvrir la boîte à pandores, c’est le match dont le
reportage en direct suit. Il y a schématiquement deux équipes sur le
terrain : d’un côté le camp du régime de M. Déby et ses
alliés, avec pour coach Son Excellence Jean-Pierre
Berceaux, Ambassadeur de France et, de l’autre le camp des
forces dites du « Changement » comprenant l’opposition
CPDC, la société civile (Associations de Droits Humains, Syndicats) et
surtout en ligne d’attaque la presse privée indépendante écrite et
audiovisuelle, avec pour coach Son Excellence Marc Wall ambassadeur des
USA et coach adjoint la Banque Mondiale. Mais à l’occasion du référendum
constitutionnel, le match avait subitement pris une tournure inquiétante
pour le camp du régime, en l’absence du capitaine. Alors le coach Son
Excellence Jean-Pierre Berceaux a préféré s’emparer du brassard de
celui-ci et de prendre sa place sur le terrain, sans enfiler le maillot
de l’équipe.
Cette intervention
inattendue rend le match encore plus passionnant, car la ligne
d’attaque adverse menée par la presse indépendante a semé une
grande confusion dans la défense du Mouvement Patriotique du Salut (MPS)
au pouvoir. C’est pourquoi l’illustre Représentant de la France
gaulliste préféra se substituer au Haut Conseil de la Communication (HCC)
et à l’ODEMET (Observatoire de Déontologie et Ethique des Médias),
pour redonner l’avantage à son équipe. Le retour du grand
capitaine Idriss Déby sur le terrain, en pleine forme, présage une
pluie de cartons pour tacles et pugilats à main armée. La seconde
mi-temps et les prolongations risquent d’affecter la sous-région
CEMAC et le Darfour, car les réservistes Hassaballah Soubiane, Hassane
Merdégué, Mahamat Nour et consorts des rébellions armées
s’impatientent de remplacer les blessés et les cadavres du match. Or,
le Général Déby n’aime pas les prolongations et préfèrera mieux
en finir avec ses adversaires avant la fin du temps réglementaire, en
l’occurrence les présidentielle de 2006. Du suspens pour les
« incidents de parcours » en perspective.
L’Ambassadeur Marc Wall des USA a annoncé la
tactique suivante, extraite de son discours historique du 1er
juillet dernier, en rappelant les valeurs de la Révolution américaine : « Ces
valeurs vivent dans le cœur de chaque américain, que tout être humain
naît égal aux autres ; que nous avons le droit de vivre en liberté ;
que le peuple devrait choisir son propre gouvernement ».
Il commet un lèse-majesté historique en positionnant son pays sur le
podium international des libertés : « Les gens à
travers le monde entier luttent aujourd’hui afin de réaliser ces
valeurs dans leur pays ». De là, un simple pas pour entraîner
le Tchad au rang des supporteurs logiques : « Le
Tchad est confronté au défi de la construction d’une démocratie.
Devant lui se trouve une tâche urgente : la mise en place de ce
que Koffi Annan appelle « le changement paisible et
constitutionnel du pouvoir ». Le peuple tchadien va choisir ses
chefs politiques dans une série d’élections durant l’année qui
vient ». Alors,
le Représentant de l’Oncle Sam sort l’As de pic, une véritable
communion avec les tendances actuelles de l’opinion nationale : « Vous
seuls pouvez choisir votre avenir. Mais nous partageons l’espoir de
tous ceux qui croient que vous ayez le droit de le faire à travers un
processus électoral ouvert et crédible. Nous partageons la conviction
que les votes du peuple tchadien doivent être comptés sans
manipulation ; que les listes électorales doivent être justes;
Que toutes les voix doivent se faire entendre, sans crainte
de harcèlement ; que les droits des groupes minoritaires
doivent être respectés; Qu’aucun groupe n’est au-dessus de la loi ;
Que le jugement rendu par vos bulletins de vote doit être respecté par
tous ; Et que la violence ne doit jamais être tolérée. Le Tchad,
tout comme mon pays, a connu les affres du conflit civil. Notre
espoir est que les Tchadiens vont maintenant se réunir pour forger un
consensus, dans le cadre de votre constitution, à propos de la
direction de votre nation ». Au passage, il fait un
clin d’œil accusateur aux Français comme pour se moquer de leur présence
militaire perpétuelle et inefficace : « Et dans
le cadre de notre coopération avec le Tchad dans la lutte contre le
terrorisme, nous gardons toujours à l’esprit ce simple fait :
que les démocraties ont besoin des soldats et des policiers bien formés
et efficaces, et que ces soldats et policiers doivent toujours respecter
les droits de ceux qu’ils protègent ». Un vrai bouquet
de fleurs aux ADH qui s’occupent particulièrement du suivi de cette
situation. Et M. Marc Wall d’esquisser le V de la victoire par
forfait ou abandon de l’adversaire : « C’est
un défi que vous seuls pouvez relever. Mais, comme le Président Bush
l’a dit, « quand vous soutenez la liberté, nous vous soutenons ».
Les mots utilisés et la logique des idées ne sont pas des erreurs de
traduction en français de ce discours peu ordinaire.
Ce discours de M. Wall, au nom du Président Bush, intervient pendant
que les journalistes sont l’objet d’un harcèlement et de menaces,
et après que les USA venaient de fournir un appui matériel substantiel
aux communicateurs. Il y a match parce qu’il y a des adversaires, et
la réaction du coach adverse ne s’est pas fait attendre. Son
Excellence Jean-Pierre Berceaux, devant le parterre des
hauts-fonctionnaires venus célébrer avec lui le 14 juillet, passa à
une contre-attaque digne du ton observé entre Français et Américains
sur le conflit iraquien. Dans un langage ferme, il rappelle son rôle
immuable de « Chef de terre tchadienne et grand maître des
rites politiques initiatiques ». Et l’éminent diplomate
montrera ses gants et sa matraque à la presse indépendante pour la
rappeler à l’ordre : « Laissez-moi évoquer un
sujet important ; il s’agit de la liberté de la presse et de la
déontologie des journalistes ; La France, depuis toujours, est un
ardent défenseur de la liberté de la presse… Mais la France est là
pour défendre la liberté de la presse, elle ne saurait cautionner les
déviances d’une certaine presse et le manque d’éthique de certains
journalistes ou de ceux qui prétendent l’être. Oui, la France
soutient et soutiendra une presse d’investigation et non pas une
presse manipulatrice qui confond faits et commentaires ; Oui, la
France soutient une presse libre et indépendante et non pas une presse
partisane ou inféodée à certains intérêts particuliers ; Oui,
la France soutient et soutiendra une presse honnête et sincère et non
pas une presse raciste qui exacerbe le communautarisme et dresse les
groupes ethniques les uns contre les autres à l’intérieur du Tchad ;
Oui, la France soutient et soutiendra une presse qui respecte les droits
de l’homme et non pas une presse qui désigne à la vindicte populaire
d’honorables citoyens tchadiens présentés comme traîtres à leur
ethnie, en les qualifiant de façon humiliante de « Laoukoura » ;
Oui, la France soutient et soutiendra une presse qui respecte la dignité
nationale tchadienne et non pas une presse qui cherche à salir, par
tous les moyens , l’image extérieure du Tchad et des Tchadiens ».
Jamais une telle vision rébarbative de la presse n’a eu cours en
France, même dans les milieux extrémistes du Front National. Jamais un
pays étranger n’est entré dans des détails aussi subjectifs à l’égard
de personnes ayant un nom propre (Garondé, Samory, Didama, etc.), leur
donnant des pouvoirs et une influence que nous sommes tout surpris de découvrir
maintenant. A dire que ces personnes modestes soient à la base de
toutes les violations massives et systématiques des droits de
l’homme, donc qu’elles commanditent même les faits macabres
quotidiens commis par des agents impunis et incontrôlés du régime ?
Les conflits intercommunautaires et le tribalisme seraient l’œuvre de
la presse indépendante ! C’est elle qui aurait défait le savant
maquillage de « l’image extérieure du Tchad et des Tchadiens ! »
La rage de la France à
leur égard sera encore rappelée à la fin du discours : « Cependant,
il faut souligner que les médias ont pour mission de sensibiliser et
d’informer la population, pas de la manipuler et encore moins
d’instiller la haine raciale ou d’encourager les conflits ethniques
internes. Aussi est-il indispensable, pour les responsables des rédactions,
de veiller à ce que le code d’éthique et de déontologie du métier
de journaliste soit appliqué correctement ». Le HCC et
l’ODEMET sont désormais disqualifiés pour n’avoir pas perçu tous
ces dérapages graves cités par l’illustre Représentant de la France
du 14 juillet 1789. Le retour dans les prisons de la Bastille tchadienne
est promis aux brebis galeuses en ces termes : « Ne
vous laissez pas dominer par ceux qui, en votre nom, utilisent des procédés
détestables, indignes et mensongers pour provoquer le scandale et qui,
s’abritant dans vos rangs, tentent de ruiner l’excellente réputation
de votre corporation ». Le comble ! La caution claire à
une chasse aux sorcières dans les milieux de la presse indépendante
suggérée par la France ! Tellement que nos rédactions sont
mineures et immatures, elles se sont laissées infiltrées par des
mercenaires venus tout droit de la radio des « mille collines »
du Rwanda ! Et la France veut prévenir un génocide, au vu du
nombre de fois que des mots tels que « racistes », « ethnies »
sont placés dans ce discours historique à classer au même rang que
celui dit de « Brazzaville ».
Pourquoi un tel
acharnement contre la presse d’un pays indépendant ? Pourquoi ce
chantage pour rappeler l’époque de la dictature, comme si la France
regrettait ce « cadeau » de La Baule qu’est la liberté
d’expression « mal utilisée » par les Tchadiens ? La
réponse est simple : le rôle joué par la presse privée écrite
et audiovisuelle par rapport au référendum a du considérablement gêné
le travail routinier des barbouzes françaises rompues dans la
manipulation médiatique de tels évènements. La fête promise après
cette formalité institutionnelle est compromise, comme à Abidjan et à
Lomé. L ‘amertume se traduit donc par l’agitation des vieux
masques qui font peur aux élites tchadiennes : le rappel de notre
sombre passé. C’est incroyable que Son Excellence Jean-Pierre
Berceaux ne prenne même pas soin, dans sa croisade contre la presse indépendante,
de dénoncer préalablement l’arbitraire et l’illégalité des
arrestations des communicateurs par l’Agence Nationale de Sécurité
(ANS) et la «régularisation » des poursuites après coup. Des déviances
qui semblent se justifier eu égard aux péchés graves dont il accuse,
au nom de la France du 14 juillet 1789, les pauvres journalistes et
collaborateurs de presse. Sûr que les demandes de visas pour la France
seront examinées à la loupe pour les communicateurs, selon que leur
plume ou leurs commentaires plaisent ou non au parapluie des intérêts
français locaux. La condamnation prononcée par le tribunal de N’Djaména
remanié pour la circonstance ce 18 juillet 2005, à de lourdes peines
de prisons contre Garondé Djarma (3 ans de prison ferme) et Samoryngar
(3 mois de prison ferme), conforte le constat de la force de l’ingérence
française directe dans les affaires tchadiennes. La peur qui s’en
suivra pour les autres devrait permettre aux esprits de « se
calmer » et d’accepter le cours des évènements selon la volonté
souveraine de Paris : c’est ça la Françafrique !
Si la presse et la
classe politique se laissent faire, les Français auront les coudées
franches pour se livrer à leurs jeux favoris de division et de défaire
le consensus national actuel dont a fait mention Son Excellence Marc
Wall des USA, mais que rejette catégoriquement la France. Moyennant les
méthodes brutales connues, d’ici quelques mois, l’opposition, la
société civile et les libres penseurs que nous sommes, après avoir
encaissé des coups sérieux voire fatals, n’auront pas d’autres
choix que de venir s’effondrer, comme des momies dans leurs
sarcophages, autour « d’une Table Ronde apaisée » pour
recevoir le coup de grâce de la démocratie hasardeuse. Du moins pour
ceux qui ne seront pas déjà au cimetière des « incidents de
parcours » ! Voilà comment notre génération sacrifiée,
qui n’arrive pas à s’adapter aux vieux schémas de la Françafrique,
devrait comprendre le discours historique du 14 juillet 2005 à la Résidence
de France à N’Djaména !
Nous rappelons que M. Jean-Pierre Berceaux
n’est pas le premier ambassadeur français à violer son statut
diplomatique de neutralité, pour se jeter dans l’arène locale. De
tout temps, ses prédécesseurs l’avaient fait à chaque fois que le
pouvoir qu’ils soutenaient était en difficulté. Ainsi, en 1994, le
très distingué ambassadeur Aubin de La Messuzière crut bon, en
s’impliquant fortement dans la vie politique tchadienne, de corriger
le charabia local. Ce qui lui valut la levée de boucliers de l’Association
des Etudiants de l’Université du Tchad (AEUT). Les étudiants
tchadiens développèrent, dans une lettre ouverte datée du 13
janvier 1994 d’une virulence inouïe, l’idée d’actes de
terrorisme contre les intérêts français au Tchad.
Pour ces jeunes
n’ayant connu que la guerre et les turpitudes d’une classe
politico-militaire défaillante, la politique française était à la
base de tous les maux du pays. Alors, sans se cacher, la très
officielle AEUT promit de prendre en otage le Premier Représentant de
la France officielle, M. De La Messuzière ou certains coopérants français,
pour obliger au changement des rapports bilatéraux incriminés. « Nous
faisons savoir à la France qu’elle continue de garder son silence
complice face à l’aggravation de la crise sociale que traverse le
Tchad. Etant donné que la France est au centre de la prise de grandes décisions
au Tchad,…la France a intérêt à changer sa politique au Tchad et
doit la changer. On ne le répétera jamais assez : la politique
française de ses colonies, et en particulier au Tchad, consiste en la
protection de ses intérêts. Dans cette situation d’escroquerie qui
va galopante, les dignes fils du Tchad ne peuvent s’empêcher de s’y
opposer au besoin l’enrayer », écrivaient-ils dans la
lettre ouverte à M. De La Messuzière. Et d’ajouter : « En
ce qui concerne la politique française au Tchad, nous ne cesserons de dénoncer
les velléités hypocrites et égocentriques de la France qui, par
l’entremise de certains pantins tchadiens, malmène justement et présentement
la gestion du pays. Pour la France, le Peuple tchadien doit demeurer
dans un état de pauvreté et de misère continue, malgré ses
potentielles richesses. Quant à la coopération militaire française
au Tchad, n’en parlons plus car elle est source de lutte et de
division. Nous constatons avec regret que la présence militaire française
au Tchad ne profite qu’à une caste de privilégiés au détriment du
peuple tchadien. C’est pourquoi Elèves et Etudiants exigent le départ
immédiat et sans condition de ces forces militaires françaises. Car ce
que les soldats français font au Tchad ne reflète pas ce que nos
grands parents ont fait pour la France après l’appel de Londres du 18
juin ».
Les animateurs actuels
de la presse privée indépendante, des associations humanitaires et des
syndicats sont majoritairement issus de cette génération d’étudiants
révoltés de 1994. Leurs regards et leurs récriminations envers la
politique française en Afrique n’ont guère changé, bien au
contraire. Son Excellence Jean-Pierre Berceaux devrait s’en rendre
compte lors des dîners de « conditionnement » auxquels il
les convie régulièrement à sa résidence. La loi naturelle voudrait
que ces espèces de « Blé-Goudé » à la Tchadienne
arrivent inévitablement un jour au pouvoir dans leur pays, même en
empruntant les voies tortueuses de la force si tel était le seul chemin
possible. Quel sera alors l’ampleur du fossé idéologique et d’intérêts,
du conflit de générations entre ces jeunes et les maîtres
vieillissants de la Françafrique ? L’Histoire nous le dira bientôt !
Confusion entre faits et
commentaires ? Incitation à la haine tribale ? Le coach français
a déjà tout dicté les qualifications requises aux dossiers des
journalistes pourchassés à la justice. Pourtant, les affrontements
intercommunautaires sont connus : Yomi, Bongor, Bisney, Moïto,
Ninguillim, etc. Aucun observateur, aucune enquête indépendante et
impartiale n’a établi jusqu’ici un lien de causalité et la
responsabilité des médias, tant gouvernementaux que d’opposition
dans ces conflits sanglants et répétitifs. Les centaines de victimes
de la haine tribale sont tombées sous les balles de groupes connus et
impunis à ce jour : n’y a-t-il pas de règles de déontologie de
cohabitation pacifique et de loi pour ces groupes particuliers ? Il
aura fallu ce 14 juillet 2005 pour découvrir une autre lecture lunaire
des faits macabres avérés de la vie quotidienne et nous craignons que
cette lecture originale inspire les rapports des barbouzes à Paris et
justifie de nouvelles répressions dans notre pays. Car les « Papon »
du Tchad s’appellent désormais Garondé, Samoryngar, Nadjikimo,
Didama, Tchanguiz et les autres qui seront bientôt débusqués, selon
le vœu de M. Jean-Pierre Berceaux. La Lettre ouverte des Kréda ?
C’est une fabrication de Samoryngar coordinateur du Journal L’Observateur,
un pauvre « Laoukoura » inoffensif ! La haine tribale
et ses faits d’armes, c’est le vieux Garondé, auteur du livre
« Témoignage d’un militant du FROLINAT » paru chez L’Harmattan !
Le cerveau de la rébellion à l’Est, c’est Didama le Directeur du
Journal Le Temps ! Les détournements massifs et la corruption
ambiante, ce sont des inventions d’une presse d’intoxication
« qui désigne à la vindicte populaire d’honorables citoyens
tchadiens présentés comme traîtres à leur ethnie ». Presse
partisane ? Y a-t-il un seul organe de presse en France qui ne soit
partisane et qui ne relève d’intérêts politiques ou économiques
connus ? M. Jean-Pierre Berceaux, au nom du droit d’ingérence
historique de la France, somme la nôtre de se comporter en
extraterrestres ou en apatrides. Et quoi encore ?
Pour toutes ces raisons
et d’autres, la bénédiction urbi et torbi vient d’être donné
pour une remise au pas de la démocratie tchadienne selon le rythme et
les modalités dictées par la France jusque dans les plus petits détails
des rédactions privées.
Dix années après l’incident « isolé »
de l’AEUT, au vu des réactions immédiates du camp du « Changement »,
nous vivons la résurgence des sentiments anti-français qui couvaient
poliment. Les grands collectifs tels que l’Union des Radios Privées
du Tchad (URPT), la coalition des associations de défense des droits
humains, le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), la CPDC ont fustigé,
en des termes plus virulents que l’AEUT en 1994, la politique française
au Tchad comme une vieille rancœur longtemps camouflée. Le sentiment
anti-français renaît sous un nouveau jour au Tchad, après la Côte
d’Ivoire. Mais cette fois-ci, il y a un rival de taille qui ne lésinera
pas sur les moyens pour gagner la mise ; Contrôlant déjà la
principale richesse du pays, il lui reste le cœur des Tchadiens :
les USA de Georges Bush ! A suivre…
Par
Enoch
Djondang
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ne dépendait que de nous… »
Par
Djimé Adoum
«12
février 1979, l’éclatement de
la Guerre
civile au Tchad
»
Gaya
– Ple Seïd
«
Tchad:
l'oléoduc et les 300 puits n'appartiennent pas aux tchadiens »
Par
A.
Allatchimi
«
Partenariat Banque Mondiale-Tchad: l’apologie d’une grande
supercherie ? » Par
Enoch D.
TCHAD-BM:
«
Le
Tchad n’est pas la chasse gardée de
la Banque Mondiale.»
Par
Hassane M.A
«
Le
Miroir aux alouettes
». Par
A.S. FADOUL
, A.F. KOUYOU
, M.S.
ABDOULAYE
«
Affaire
Hissein Habré: et si
l’Afrique refusait la justice ?
»
Par
M.
D.
«
Pourquoi choisit-on toujours la guerre comme
moyen d'expression?
» Par
Oumar
I.Senoussi
«
Le pétrole appauvrissant
du Tchad
» Par
le Député Ali Gabriel Golhor
«
Livrez Habré, Ouest-africains: le
reste, c’est pas votre affaire
» Par
Patrick K. Kodibaye
«
Et
si Georges WÉA était Tchadien ?
»
Par
Enoch Djondang
«
Comment
était la lutte pour l'indépendance au Tchad ?
»
Par
Gaya -Ple Seïd
«
La
nouvelle guerre du Tchad a commencé… »
Par
Enoch Djondang
«
Une
ville malade et des habitants en circumambulation forcée.»
Par
Djiddi
Ali Sougoudi S.
«
REFERENDUM
ET VILLE MORTE : EVITER LA CONFUSION SVP ! »
Par
Enoch Djondang
« Contre
la démagogie, un peu plus de pratiques… »
Par
Issa
Mahamat Abdelmamout
«
Qu'est-ce
qu'un homme politique?
» Par
Gaya -Ple Seïd
«
Que
pourrait-on encore espérer des Politico-militaires?
»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«
Code musulman de la famille: L'UCMT
endosse le bonnet d’âne »
Par Timothée
Donangmaye
«
Pour que notre pétrole ne signe pas l’inanité de notre espoir!
» Par
Lapia Jajowaye
«Faut-il
une loi unique sur les gestions des revenus pétroliers au Tchad?
»Par
Lapia Jajowaye
«
Faut-il une seule loi pour tous les puits de pétrole ?
» Par
Enoch Djondang
Code
musulman de la famille: Réaction
tardive du Président DEBY
Par
Timothée
Donangmaye
Code
musulman de la famille:
L’UCMT
veut sacraliser sa fuite de responsabilités
Par
Timothée
SENAFET
pas seulement pour les femmes mais aussi pour le bien être des
hommes
Par
Wahilo
D
«
Quelle Diplomatie
pour le Tchad ?
»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«
La
majorité démographique doit rejoindre la majorité morale »
Par
Timothée
Donangmaye
«
Encore
une année qui s’en va pour le Tchad.
»
Par
Christophe
Koulyo
«
Esprit
de créativité, vision à long terme.
»
Par
Wahilo
«Le
Tchad, une République assassinée par les hommes politiques sans éthique»
Par
Nouradine.
«Géopolitique
pour l'ambition de certains acteurs ou pour le bien de notre pays?»
Diguera
W.
«
Quelle alternative à trouver après l’oubli de la non Publication
du décret de...
»
Par
Gagoloum
«
La
communication politique dans notre pays où l’art de plagiat
» Par
Adoum
Gagoloum
«
École
Idriss Deby de Djeddah (R.A.S): cher à la colonie tc... »
Par Al-Amine
M.Abba Seid
«
Chronique
d’un retour de N’Djamena »
Par
Saleh
Goukouni
«
L’homme
: MISKINE Idriss »
Par
Doungous
Daga Nangterle
« La
servitude de Mahamat Hissein »
Par
Timothée
Donangmaye
« Moussa
Faki ou l'entorse à la géopolitique »
Par
Lyadish
Ahmed
«
Laïcité: Quelle laïcité ? Par
Saleh
Kebzabo, député,
Président de l’UNDR |
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