

|
 |
 |
| |
Opinion |
 |
|
 |
IALTCHAD
OPINION
«
Une
ville malade et des habitants en
circumambulation forcée. »
Par
Djiddi
Ali Sougoudi Sidimi
Article
paru le 18 juillet 2005 sur Ialtchad Presse |
|
«
Une
ville malade et des habitants en circumambulation forcée. »
Par
Djiddi
Ali Sougoudi Sidimi
Nous sommes en juillet. N’Djamena, notre
capitale, nous lorgnent avec une vulve tuméfiée par-dessus un vagin éclaté,
prête à consommer un plaisir adultérin et crapuleux avec la saison
des pluies. Impudique, me traiteront certains puritains et autres
pudibonds du pays mais il n’existe pas d’autres termes pour décrire
le visage hideux d’une ville insalubre, une capitale malsaine. Une métropole
assujettie par le moindre crachin et asservie par la moindre pluie.
Oui, la capitale du Tchad, en connivence avec la pluie, étale son
anatomie déplaisante et se gonfle de mille cloques promptes à s’abcéder
en autant des cloaques putrides polluant tout notre environnement. Les
nids-de-poule, les fosses septiques à ciel ouvert, les détritus et
autres déchets domestiques se disputent les artères publiques et
piquent nos narines d’une exhalaison nauséabonde. Dés les premières
pluies, les eaux stagnent et isolent chaque quartier, faisant des nous,
du coup, des îliens temporaires. La ville entière devient fleuve et
bonjour les pirogues !
Des enfants dénutris et sans garde s’éclaboussent
des eaux souillées et se jettent à corps perdus devant les engins à
deux ou quatre roues. Des adultes, fesses en l’air, piquent du nez le
sol contagieux, accomplissant ainsi la prière mahométane dans les décombres
fétides d’un environnement honteux. D’autres hommes lèvent les
coudes, culs vissés sur des tabourets instables et sirotent une liqueur
frelatée issue des tonneaux malpropres. Le tout, les pieds dans des
eaux venant des mares souillées où flottent des cadavres hétéroclites,
y compris ceux des humains.
Là-bas au marché, dés 6h, les bouchers se disputent des morceaux de
viande disposés et traînés à même le sol, sous mille essaims de
mouches. Leurs acharnements et leurs saletés majestueuses n’envient
en rien les efforts des charognards autour d’un cadavre en putréfaction
avancée.
Ici, sur une grande artère de la capitale des individus hystériques
s’approprient de la voie publique, imposant aux autres citoyens leur
façon sauvage de fêter un mariage ou un rapt. A quelques mètres de là,
une famille impose son deuil à toute la population en obstruant toute
une principale rue par une bâche arrogante et incivique.
Où est la mairie dans tout ce pandémonium ?
Celle-ci, par son bras armé aux bérets d’or, a passé le clair de
son temps à rançonner les cyclistes et pousse-pousse ainsi qu’à détruire
quelques hangars de certains pauvres citoyens, respectant ceux
d’autres. Quelques autres contractuels de la mairie, réveillés sur
le tard, essaient de curer les caniveaux qui se truffent aussitôt de
leurs contenus abandonnés aux berges.
De toutes les bévues de la mairie, il nous est légitime de se demander
de ce qu’elle veut faire de ces fameux monuments, les uns aussi laids
que funestes, construits aux grands ronds-points de la ville. Des
monuments qui coûtent excessivement chers et engloutissant des
faramineuses sommes qui aurait dû être utilisées pour des buts plus
nobles, des buts d’hygiènes ! En effet la mairie croit avoir
tout fait pour rendre NDjamena toute coquette en construisant quelques
édifices sur ses carrefours. L’une de ces constructions nous étonne
par son aspect insolite et son regard funéraire et mortuaire, c’est
ce qui convient d’appeler le tombeau d’Adago Yacouba, l’ex-maire
de la ville et initiateur de ladite bâtisse. Il s’agit de ce qui est
bâti sur le rond-point de l’ANAT (ancienne présidence.) C’est un
tombeau d’où émergent des
bras sans coudes se terminant par des doigts boudinés et nains,
soutenant un globe terrestre sur lequel la carte du Tchad caracole avec
une forme monstrueuse ne respectant aucune échelle élémentaire de la
géographie, apprise à l’école primaire. Cette stèle funéraire
fait de l’ex-maire un homme qui aurait eu une vie antérieure dans
laquelle il serait un gardien des tombes. Ce tombeau-là, aussi lugubre
que disproportionné, nous apprend-t-il que le monde et le Tchad doivent
leur existence grâces aux mânes des morts ? Fantastique esprit païen !
Une autre bévue de la mairie de Simon B. (actuel maire) est celui
d’avoir modifié le monument du rond-point du Camp Hassan Djamous,
connu sous le nom du rond-point des Bœufs. En effet, contre tout bon
sens, la mairie par le bras de ses architectes décida unilatéralement
de délaver l’édifice et d’ajouter sur le monument des hures
d’hippopotames qui se trouvent être trop minuscules par rapport aux têtes
des bœufs. Ces effigies d’hippopotames, par leur taille
insignifiante, se confondent à des portraits de varans. Encore un défaut
lié au bon sens et à l’échelle qui trompe nos jeunes cadets dans
leurs pouvoirs interprétatifs!
A quoi servent les ronds-points ? Pourquoi y construire des
monuments ou d’édifices aussi onéreux ?
Ces ronds-points nous donnent des tournis car nous sommes contraints de
faire des circumambulations éreintantes, types de rite tyrannique que
personne n’a souhaité de le faire. Et nos maigrelets revenus sont
dilapidés pour avoir été utilisés afin de parer les groins
disgracieux de ces surfaces minuscules divinisées par la mairie. Ce
sont vraiment les dieux à vénérer de notre chère mairie.
N’Djamena n’est pas une capitale. Elle est un
bidon-ville qui ressemble à une favela de Brésil ou un township de
Kampala. N’Djamena nous donne des prurits mérités de notre infâme
incivisme et les rares efforts de la mairie s’évanouissent dans le
chahut général de nos manquements irrépressibles. Notre culture
commune sur l’hygiène est la suivant : jeter tout dans la rue
pour que l’Etat ou les autres citoyens s’en occupent ! Ainsi
l’enfer de la mauvaise hygiène parcourt les labyrinthes de la
capitale avec une allure dépravée et écœurante sur une musique hystérique,
sans rime et sans raison. N’Djamena a perdu sa grâce et rampe comme
une bête malpropre dans sa fuite éthylique et nauséeuse. Dans la
capitale du Tchad, la propreté est une invention et la mauvaise hygiène,
une réalité quotidienne. Les maladies évitables par la bonne hygiène
nous reluquent avec leurs expressions terrifiantes et nous étouffent
par leurs caresses brûlantes et surtout mortelles : choléra, tétanos,
conjonctivites et trachome, salmonelloses (typhoïde), méningite,
tuberculose etc.…
Parler de N’Djamena enveloppée dans le linceul
de la pluie nous laisse en effroi. La peur de braver le vibrion du choléra
nous hante les esprits. Nous vivons dans le « wait and see »
et cela ne nous empêche pas de penser aux propos de quelqu’un qui a
dit : « aucun peuple ne verra changer son destin
tant qu’il ne changera de comportement. »
Par Djiddi Ali Sougoudi Sidimi
Etudiant
en médecine, FACSS, N’Djamena.
|
|
Les
autres articles parus dans la rubrique Opinion sur Ialtchad Presse |
« Jeunesse quel avenir ? »
Par
Piquet DINGAMMADJI
«
Le Tchad et sa diplomatie : quelles
perspectives pour sortir des pièges de la...»
Par T.M.Allim
«
Unissons-nous
»
Par
Piquet DINGAMMADJI
«
Lettre
ouverte à la Libye
» Par
Dr Djiddi Ali Sougoudi, Médecin généraliste
«
Le grand
docteur Félix Ngoussou est aussi le plus grand plagiaire tchadien
»
Mahamat A. M.
«
Coton Tchad, mamelle de
l'économie ou vache à lait ?
» Par
NDakmissou GEDEON
«
Comment en est-on arrivé là ?
»
Par
Piquet DINGAMMADJI
Université de Ndjamena
«
Les années hypothéquées continuent
»
Par Armel ALLARAMBAYE
«
Crise énergétique, quels sont les auteurs ? »
Par
NDAKMISSOU GEDEON FMSB-UY1
«
Ce qui se dit à N’djamena !!!
»
Par
Abdelsemi
Ahmat
« Encore du ridicule juridictionnel au Tchad ! » Par Albert TAMWARI
«
Où va
la démocratie africaine, entre mal de l’air et mal de pouvoir ?
»
Par
Enoch Djondang
« Accord du 13
août 2007 : La CPDC piégée, IDI peut se rire de l’avenir…»
Par
Enoch Djondang
« H. Habré: L'homme qui nous défendit de l'annexion extérieure »
P.2&3 Par
Ali
Souleymane
« La guerre des tranchées et
les tranchées de la paix »
Par
Enoch Djondang
« Résidus
Culturels et Conscience Nationale : Dépolitiser l’Ethnitisation
de la R »
Par
M. Monza
«Hissein Habré: L'homme qui nous défendit de l'annexion extérieure »
P.1 Par
Ali
Souleymane
« La
LTDH doit revenir aux valeurs d'origines »
Par
Enoch Djondang
«La
corruption ou la version tchadienne de la solidarité »
Par
Adam Abdramane Mouli
«
Le Tchad des conflits et le difficile cheminement vers la paix »
Par
Enoch Djondang
«
En hommage au grand démocrate Dr Ibni Oumar Mht Saleh »
Par
Enoch Djondang
«
Problématique
de la société Tchadienne
»
Par Adam
Abdramane Mouli
alias
Djidda
«
Tchad : la stabilité perdue » Par
Abdelsemi
Ahmat
«
TCHAD : Diplomatie d’Humiliation
et d’Exil…»
(
3e et dernière partie )
Par
Hassane Mayo A.
«
L’espoir déçu »
Par
Eric Topona MOCNGA
«
L’illusion de pouvoir pour lequel les Tchadiens s’entredéchirent
depuis tant d’années…»
Enoch
« TCHAD :
Diplomatie d’Humiliation et d’Exil… Partie 2»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«
Opération Arche de ZOE : la chasse au
mystère »
Par
Caman Bédaou Oumar
« TCHAD :
Diplomatie d’Humiliation et d’Exil… Partie 1»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«
Affaire "arche de zoé" ou le tendon d’Achille de la Françafrique ? »
Par
Enoch Djondang
« L’esclavage post-moderne : Quand la France vole
au secours de l’arche de Zoé »
Par
Nguepe
« Les
nuages qui s’amoncellent à l’horizon du pays de Toumai le troglodyte
» Par
Enoch D.
« Les
Barouds d'honneur d'une génération politique qui a échoué? »
Par
Enoch Djondang
« Analyse
de la situation politique actuelle au Tchad
»
Par
Gaya-Ple Seïd
«
Beac,
des réformes qui poussent le Tchad à la périphérie
»
Par
Mahamat
Djarma Bourma
«
TCHAD :
La réconciliation nationale est-elle possible ?
»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«TCHAD: La
Pétro-Diplomatie pourrait-elle effacer les vestiges de l’ancien
régime?»
Mayo
H.
«
TCHAD : L’ingérence soudanaise au Tchad.
»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«
TCHAD : Quelle Conférence de Paix ? »
Par
Hassane Mayo-Abakaka
« Le
procès de Habré, vite! »
Par
Jaqueline Moudeina
«
Une certaine conviction personnelle »
Par
Hassan Abdelkerim Bouyebri
« La
guerre actuelle du Tchad : une absurdité. »
Par
Abia
Maal
«
Flash sur les solutions de sortie de crise existantes » Par
Enoch Djondang
«Conséquences
du conflit tchado-tchadien sur la vie du pays »
Gaya
– Ple Seïd
« TCHAD:
Comment se présente la situation politique actuelle ? »
Hassane Mayo-Abakaka
« Toujours des
bilans macabres et la bêtise continue…»
Par
Enoch Djondang
«
Le dernier Combat du Général Idriss
Déby Itno »
Par
Enoch Djondang
«
Les conditions
d’un vrai dialogue national au Tchad
»
Par
Enoch Djondang
«
Les
chemins du maquis :
un business macabre et juteux pour les Tchadiens !
»
Par
Enoch Dj.
«
La vraie fausse
querelle
sur le taux de participation du 03 mai 2006
»
Par
Enoch Djondang
«Françafrique:
quand le mythe de la stabilité flirte avec le mécanisme de stérilité»
K.
Fadoul
«
Mars 20, 2006 : Et si
la CEMAC
ne dépendait que de nous… »
Par
Djimé Adoum
«12
février 1979, l’éclatement de
la Guerre
civile au Tchad
»
Gaya
– Ple Seïd
«
Tchad:
l'oléoduc et les 300 puits n'appartiennent pas aux tchadiens »
Par
A.
Allatchimi
«
Partenariat Banque Mondiale-Tchad: l’apologie d’une grande
supercherie ? » Par
Enoch D.
TCHAD-BM:
«
Le
Tchad n’est pas la chasse gardée de
la Banque Mondiale.»
Par
Hassane M.A
«
Le
Miroir aux alouettes
». Par
A.S. FADOUL
, A.F. KOUYOU
, M.S.
ABDOULAYE
«
Affaire
Hissein Habré: et si
l’Afrique refusait la justice ?
»
Par
M.
D.
«
Pourquoi choisit-on toujours la guerre comme
moyen d'expression?
» Par
Oumar
I.Senoussi
«
Le pétrole appauvrissant
du Tchad
» Par
le Député Ali Gabriel Golhor
«
Livrez Habré, Ouest-africains: le
reste, c’est pas votre affaire
» Par
Patrick K. Kodibaye
«
Et
si Georges WÉA était Tchadien ?
»
Par
Enoch Djondang
«
Comment
était la lutte pour l'indépendance au Tchad ?
»
Par
Gaya -Ple Seïd
«
La
nouvelle guerre du Tchad a commencé… »
Par
Enoch Djondang
«
Une
ville malade et des habitants en circumambulation forcée.»
Par
Djiddi
Ali Sougoudi S.
«
REFERENDUM
ET VILLE MORTE : EVITER LA CONFUSION SVP ! »
Par
Enoch Djondang
« Contre
la démagogie, un peu plus de pratiques… »
Par
Issa
Mahamat Abdelmamout
«
Qu'est-ce
qu'un homme politique?
» Par
Gaya -Ple Seïd
«
Que
pourrait-on encore espérer des Politico-militaires?
»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«
Code musulman de la famille: L'UCMT
endosse le bonnet d’âne »
Par Timothée
Donangmaye
«
Pour que notre pétrole ne signe pas l’inanité de notre espoir!
» Par
Lapia Jajowaye
«Faut-il
une loi unique sur les gestions des revenus pétroliers au Tchad?
»Par
Lapia Jajowaye
«
Faut-il une seule loi pour tous les puits de pétrole ?
» Par
Enoch Djondang
Code
musulman de la famille: Réaction
tardive du Président DEBY
Par
Timothée
Donangmaye
Code
musulman de la famille:
L’UCMT
veut sacraliser sa fuite de responsabilités
Par
Timothée
SENAFET
pas seulement pour les femmes mais aussi pour le bien être des
hommes
Par
Wahilo
D
«
Quelle Diplomatie
pour le Tchad ?
»
Par
Hassane Mayo-Abakaka
«
La
majorité démographique doit rejoindre la majorité morale »
Par
Timothée
Donangmaye
«
Encore
une année qui s’en va pour le Tchad.
»
Par
Christophe
Koulyo
«
Esprit
de créativité, vision à long terme.
»
Par
Wahilo
«Le
Tchad, une République assassinée par les hommes politiques sans éthique»
Par
Nouradine.
«Géopolitique
pour l'ambition de certains acteurs ou pour le bien de notre pays?»
Diguera
W.
«
Quelle alternative à trouver après l’oubli de la non Publication
du décret de...
»
Par
Gagoloum
«
La
communication politique dans notre pays où l’art de plagiat
» Par
Adoum
Gagoloum
«
École
Idriss Deby de Djeddah (R.A.S): cher à la colonie tc... »
Par Al-Amine
M.Abba Seid
«
Chronique
d’un retour de N’Djamena »
Par
Saleh
Goukouni
«
L’homme
: MISKINE Idriss »
Par
Doungous
Daga Nangterle
« La
servitude de Mahamat Hissein »
Par
Timothée
Donangmaye
« Moussa
Faki ou l'entorse à la géopolitique »
Par
Lyadish
Ahmed
«
Laïcité: Quelle laïcité ? Par
Saleh
Kebzabo, député,
Président de l’UNDR |
|