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Satisfaire la revendication salariale, les primes de
transports et de logements en monnaie n’est pas la solution
idéale. On peut craindre des répercussions négatives sur les
restes de la population et ses effets pervers sur les
revendicateurs.
Dans un pays où la balance commerciale est structurellement
déficitaire (si on ôte la rente pétrolière), où le chômage est
endémique, il est préférable de préserver la compétitivité
salariale sur le long terme.
Le travail est l’un des actifs probable qu’on puisse laisser à
la génération future ; le dilapider serait très égoïste.
L’égoïsme aveugle fait oublier aux syndicats une revendication
honorable qui est celle de demander plus d’intégration dans le
corps enseignant.
Augmenter le salaire des enseignants revient à inciter les
autres secteurs, public et privés à faire de même ; ce qui
entrainera une augmentation du niveau général des prix. Une
inflation néfaste qui n’est pas le fruit d’une hausse de la
production ni de la productivité mais un simple allongement
budgétaire, conséquence d’une corporation qui veut en rajouter
sur son bifteck sans penser aux autres.
Avec les importations de produits de luxe déversés sur le pays,
l’augmentation de salaire provoquera deux inflations : une
interne et une autre dite « inflation importée » qui se
répercuteront par effet de contagion sur toute la population.
Le comble dans tout
ça, c’est notre brave ministre de la fonction privée et de
l’inactivité qui n’a trouvé comme argument que de qualifier la
grève de « fallacieuse » et l’augmentation de salaire
« entrainerait un déséquilibre social ».
Non madame ça ne serait pas un déséquilibre social mais une
conjoncture endémique généralisée, une illusion monétaire, un
boomerang, des revendications en cascade car aussitôt la
revendication satisfaite l’inflation ne tarderait pas à se
manifester... C’est le cercle vicieux auquel il ne faut pas
céder facilement.
En ne pensant qu’à
maximiser leur bien-être social, le syndicat peut entrainer le
pays dans un modèle de coût continu qui est un frein pour les
investissements à venir.
Si un salarié tchadien coûte plus cher que son voisin
camerounais ou nigérien, le choix de l’investisseur (résidant ou
non) est vite fait ; ainsi investissements et emplois iraient
ailleurs.
On sait
que les salaires réels sont difficilement flexibles à la baisse.
Il ne sera pas évident de jouer dessus en cas de choc économique
(par exemple l’épuisement
des réserves de pétrole sera un choc interne)
avec les ajustements structurels qui n’ont pas laissé des bons
souvenirs aux fonctionnaires.
Dans un monde
concurrentiel où les firmes cherchent à investir là où le coût
du travail leur permettra de dégager des marges, il ne faut
pas ignorer qu’après avoir participé au développement de l’Asie,
le tour de l’Afrique viendra. On a là une donnée qui devrait
être intégrée dans les politiques économiques surtout quand il
s’agit du long terme.
L’espace économique
et monétaire où se trouve le Tchad n’est pas une fédération des
états où la compétition en tout genre est subordonnée à
l’intérêt national et la conduite de la politique économique
doit intégrer cet état de fait.
En une phrase, c’est le tout et le futur qui priment et ce n’est
pas un affront aux enseignants.
On sait que les
fonctionnaires, en particulier les enseignants, vivent mal.
Cependant, le reste de la population qui ne voit pas un rond à
la fin du moi est en train d’agoniser, du fait de la cherté de
la vie, conséquence des inflations monétaires non maitrisées.
C’est pourquoi les sentimentalismes infantilisants du genre “les
fonctionnaires souffrent“ ou “ mon parti soutient les grévistes“
n’ont pas leur place dans une revendication dont les
conséquences sont nationales et les dividendes ne le sont pas.
La rigidité face au
corporatisme ne mène pas à une solution et la négociation reste
la seule issue. Le gouvernement ferait mieux de ne pas jouer à
l’ingénu et traiter de fallacieuses les revendications, mais
doit chercher à renégocier les accords conclus en 1992, faire
de propositions concrètes, pragmatiques et immédiates.
Ce genre de corporatisme face à des gouvernants sans courage qui
pensent qu’à leur réélection ont actuellement plombé la
compétitivité de l’Europe occidentale face à l’Europe de l’Est
et l’Asie alors attention à ne pas imiter nos amis français
râleurs et grévistes pour un sou.
Il faut des remèdes
généraux, par exemple :
Pour le court terme
Ø
Au lieu des primes
de logement, il faut construire pour loger les enseignants dont
le salaire ne dépasse pas 150 000 CFA et ceux qui habitent loin
de leur lieu du travail.
Effets de la
proposition :
Suppression des
primes de transport, création d’emploi dans le BTP et hausse du
pouvoir d’achat sans provoquer une inflation monétaire qui sera
suivie par celle de biens et services
Ø
Recruter
massivement dans l’enseignement et réduire la durée du travail
des enseignants
Effets de la
proposition : réduction du chômage, du temps libre pour les
enseignants.
Ø
Mettre en place une
vignette médicale pour les enseignants
Pour le long terme
Ø
fournir un effort
colossal pour contrôler les prix de certains biens et services.
Laisser tous les prix se fixer par l’offre et la demande est
une chimère, car cette théorie n’est pas exclusive et aucun pays
ne la respecte.
Ø
Etudier des
solutions fiscales en taxant certains produits de
luxe (Chercher à contourner juridiquement les règles
communautaires)
Ø
Des amendes aux
commerçants indélicats…
« Le plus souvent,
une once de volonté pèse plus lourd qu’un quintal d’intelligence
et de conviction » disait Schopenhauer. Les régimes passent
mais l’Etat est éternel. Il faut toujours y penser…
Issa Mahamat
Abdelmamout
issa1304@yahoo.fr
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