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  Opinion 

IALTCHAD OPINION
« La corruption ou la version tchadienne de la solidarité »
Par Adam Abdramane Mouli

Article paru
le 12 avril 2008, Ialtchad Presse


« La corruption ou la version tchadienne de la solidarité»
Par Adam Abdramane Mouli

D'abord, la corruption définie comme étant « un abus de pouvoir public pour un intérêt personnel ». Cette pratique mafieuse existe toujours au Tchad et devenue une monnaie courante. Depuis l'exploitation du pétrole, la corruption s'est généralisé à tout le niveau et a atteint un seuil sans précédant dans l'histoire du Tchad.

La corruption se présente sous de nombreuses formes à savoir :
 
Si une personne paie un fonctionnaire de l'Etat pour obtenir de lui un avantage, une faveur en rapport avec le pouvoir dont dispose ce dernier (fonctionnaire) se rend coupable de corruption (dans ce cas on parle aussi une corruption active).Et si un fonctionnaire accepte de l'argent d'une personne pour lui accorder une faveur en contradiction avec les lois de l'administration se rend coupable de corruption (dans ce cas on dit aussi corruption passive).

Au Tchad ces actes sont fréquents voire quotidien chez certaines. Et pire encore ce sont de moyens pour s'enrichir. Depuis une dizaine d'année nous assistons une poussée de nouveau richissime au Tchad sans vergogne de la corruption. 

D'après le rapport mondial sur la corruption présenté par l'ONG transparency international (T.I) en fin 2007, le Tchad a perdu son triste titre « champion du monde de la corruption ». Et selon les auteurs de l'indice sur la perception de la corruption (I.P.C), plus la note est basse, plus la corruption est étendue çà veut dire l'existence d'un haut niveau de corruption au sein de l'institution de l'Etat. Avoir une note 10 signifie que le pays est parfait et ne connaît pas de corruption. Selon le même rapport le Tchad n'est plus lanterne rouge en 2007 mais fait partie toujours des pays les plus corrompus du monde puisque sa note reste toujours médiocre (inférieure à 2). Cela ne signifie pas qu'il a gagné des points dans le cadre de l'I.P.C.

Selon les auteurs de l'IPC les causes pour ces pays (pays les plus corrompus) sont multiples : d'abord, les conflits armés, la défaillance du système judiciaire, la dépendance de la justice du pouvoir exécutif et l'instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Certains spécialistes de la corruption, relativisent et expliquent que la corruption est la version Tchadienne de la solidarité, d'autres par contre banalisent et disent que c'est un simple cadeau après un service rendu. Et pourtant récompenser un service supposé de droit pour le citoyen et un devoir pour l'agent est une forme de corruption. Puisque chaque agent gagne un salaire à la fin de mois. Alors pourquoi accepter un cadeau qui n'est pas à sa juste place ? Bien entendu, beaucoup de citoyens illettrés croient que c'est un prélèvement obligatoire au nom de la loi. Et d'autres parts, les agents publics profitent de cet analphabétisme et aller jusqu'à réclamer ce supplément au pauvre citoyen. Pour simple exemple et notamment au commissariat central pour délivrer un passe port ou bien une carte d'identité nationale il faut donner un pot-de-vin pour l'obtenir. Ce qui est étonnant encore à la douane nationale (Nguely ou aéroport) entre les commerçants, les transitaires et les douaniers ; dans ce coin on dirait que cette pratique malsaine est autorisée par l'Etat puisque au vu et au su de tout le monde que ça se passe. Pire encore au ministère des finances, les agents dudit ministère prélèvent systématiquement des pourcentages pour chaque dossier avancé ou traité, c'est-à-dire 10 à 20% comme commission imposée. Cette pratique mafieuse sur laquelle l'Etat à longtemps fermé les yeux entraine de prendre une tournure très inquiétante est devenue un véritable fonds de commerce pour ces agents. Et la soustraction des 10 à 20% sur les revenus de ceux à qui l'Etat doit verser une certaine somme d'argent semble aujourd'hui entrer dans la pratique légale du fonctionnement de l'Etat. Malgré les avantages (primes, treizième mois et autres) accordés aux agents de ce département par l'Etat, la majorité n'hésitent pas toujours à tendre aussi long le bras pour racketter les citoyens. Ces employés ont poussé jusqu'au font le bouchon en allant jusqu'à arnaquer les petits commerçants, les fournisseurs et les familles des fonctionnaires décédés ou en stage à l'étranger. Toujours même pratique c'est-à-dire un pourcentage avant d'obtenir le droit. A malin, malin et demi. Pour combler les déficits causés par les employés de l'Etat c'est à dire les pourcentages prélevés par ces agents, les commerçants ou les fournisseurs de l'Etat à leurs tours gonflent les factures. Finalement qui subisse les conséquences ! À vous de juger. La face hideuse de cette pratique et qui fera verser des larmes à un émotif est celle pratiquée au niveau de la Caisse Nationale de Retraités du Tchad (CNRT) où la façon dont les agents dédite direction rackettent les veuves et les handicapés de guerre. Il suffit d'approcher les victimes pour s'en rendre compte.

Au Tchad on assiste à de mises en scène de lutte contre la corruption  où des leaders politiques ont été mis en examen devant la justice. D'autres sont arrêtés voire enfermés et demies de leurs fonctions ; mais, hélas, finalement ils ont été reconduit à des postes de responsabilité plus stratégique qu'avant. Cela bien sûr en utilisant les cartes politiques pour stopper la procédure entreprise par la justice. Ce qui rendait encore plus visible la crise de l'appareil judiciaire Tchadien. Il relève de l'évidence que la corruption gangrène le système judiciaire partout dans le monde mais le cas du Tchad est pire.  Il suffit d'observer pour s'en rendre compte. Cependant, il est à noter que cette pratique malsaine n'est pas l'apanage des Africains ou des Tchadiens tout court. Mais ce phénomène existe même au pays de Montesquieu là où la conception de la séparation des pouvoirs a vu le jour, la justice subit toujours une pression politique. C'est à dire même les initiateurs de la séparation des pouvoirs n'arrivent pas à appliquer à la lettre l'indépendance de la justice. Combien de fois pour un pays du tiers monde comme le Tchad, récepteur infatigable, économiquement dépendant où les castes sont au dessus des toutes les lois, ne peut en aucun cas assurer l'indépendance de la justice à son peuple. On peut prouver par un nombre d'exemples mais le cas le plus récent, le plus honteux dans l'histoire du Tchad et moralement répréhensible est celui du trafic des 103 enfants Tchadiens par le pseudo organisme soi-disant humanitaire « Arche de zoé ». Et ce qui est choquant et fait picoter les cœurs des tous les Tchadiens est la grâce présidentielle. Bien qu'il y a une pression politique de la part de la France mais pour l'intérêt d'un seul individu. Où en est la dignité de ce peuple tant souffert des manipulations politiques.

C'est une preuve à l'appui pour l'opinion nationale qu'internationale. Mais, cela ne sera pas une raison ou un alibi pour les juges Tchadiens de baisser les bras ou de laisser assombrir l'appareil judiciaire aux intérêts de quelques individus malhonnêtes qui n'ont aucun patriotisme, ni pitié en vers ces paisibles citoyens, sans scrupules et continuent à accumuler des richesses illicitement acquises au détriment de la majorité. Au Tchad la défaillance ou l'impuissance de nos juridictions d'appliquer les lois pour punir ou condamner les auteurs peut être justifiée d'une part par la peur des juges, puisque le sommet est plus corrompu, d'autre part, parce que entretenue par le sommet, seul le chef peut y mettre fin à ce comportement malsain. Instaurer un moyen préventif et répressif pour freiner ce phénomène néfaste au développement économique, démocratique et contraire à la valeur morale au Tchad surtout sous ce régime semble très difficile et nécessite beaucoup d'effort.  Parce que le plus souvent les dirigeants du haut niveau (communément appeler les intouchables), ou leur famille sans oublier leurs proches y sont impliqués.

Donc il est temps, aux représentants politiques, religieux, les sociétés civiles, les universitaires et les medias de jouer leurs rôle en dénonçant cette pratique honteuse au sein de notre société. Bien qu'il existe un service directement concerné pour veiller à ce genre de pratique, qui est le ministère chargé du contrôle général de l'Etat et de moralisation qui est d'ailleurs aussi impliqué dans cette affaire sale, puisqu'il abrite les adeptes de la corruption et recrute des semi-analphabètes catapultés (le catapultage est une norme logique de ce système régnant). De toutes les façons, il est de son devoir (le ministère) d'agir afin de mettre fin à cette pratique qui porte un coup très dur voire mortel à notre société et entrave en même temps le développement économique et démocratique du pays.

Que Dieu bénisse le pays de Toumaï(Tchad)

Par Adam Abdramane Mouli alias « djidda »
Analyse économique à l'université de Bejaia / Algérie
Adresse  E-mail: abdramanifils@hotmail.com ou djiddamouli@yahoo.fr
 


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