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« Contre
la démagogie, un peu plus de pratiques… »
Par
Issa
Mahamat Abdelmamout
Il n’est de meilleur ciment social que le
travail.
Au Tchad, qui est responsable de nos malheurs et qui ne l’est
pas ? Quand des médecins, professeurs, ingénieurs, vétérinaires,
ou agronomes etc. se reconvertissent dans la politique ou
cherchent des bureaux climatisés au lieu d’exercer leur
vocation première, on doit se poser des questions.
A bien voir, lire et écouter,
sur la toile (Internet), les Tchadiens n’auront que leurs
yeux pour pleurer les années ou même les décennies à venir. De
l’intérieur comme de l’extérieur
la vue est sombre. Journalistes, analystes, étudiants,
tous convergent vers la théorie et la politique.
Chers compatriotes, notre passion pour la
politique nous empêche de voir la réalité pratique de notre économie
même si cette dernière est primordiale. L’énergie fournie
pour changer la
politique actuelle de l’extérieur, peut être adaptée et
transposée à l’économie, pour le bien être de la population
tchadienne et donc nous tous.
Le pays produit des biens agricoles et d’élevage,
mais personne ne veut en parler : peut être qu’on attend
Microsoft pour créer des emplois. Les tomates, les mangues, la
gomme arabique, le sorgho ….pour ne citer que ceux-là, sont
vendus sans valeur ajoutée. Le manque de volonté politique et la
concentration de têtes pensantes dans la capitale et les bureaux
ne donnent pas de perspectives d’avenir.
Tout le monde veut s’enrichir et donc les raccourcis pour
atteindre tous les rêves, c’est la politique. En politique et
commerce on a pas besoin d’aller à l’école argumentent
certains, surtout dans les « carrefour ». Je me réserve
de commenter ce dernier.
Au Tchad comme partout en Afrique, il est rare
d’entendre un homme politique parler dans sa campagne de créations
d’emplois et des entreprises pour faire vivre la population dans
sa dignité. (Un atelier avec 2 employés est une entreprise).
Le langage de nos hommes politiques est celui hérité des négriers
blancs et des colonialistes qui pillaient le continent en
promettant quelques paquets de sucres ou des
pacotilles aux autochtones. Aujourd’hui, l’héritage
perdure grâce à la démagogie des hommes politiques, à
l’ignorance et à la pauvreté des populations qui manquent de
tout.
Dans les campagnes politiques on promet monts et
merveilles : si vous votez pour moi je vous construirais des
hôpitaux, des écoles ; vous aurez beaucoup d’argent, etc.
Jamais vous n’entendez le mot emploi même dans la démagogie.
(Le travail qu’il a fui pour la politique). Cette façon de
faire a atteint le peuple à tel point que celui qui ne promet
rien n’a rien car personne ne vote pour lui. Un crime démocratique
contre le pauvre peuple qui n’est pas éduqué et formé pour
cette « démocratie bâtarde » discutable sur ce
continent.
Par ailleurs, personne ne peut ignorer la
situation que vivent les Tchadiens aujourd’hui. Mais rien
n’empêche de mettre l’économie en avant, qu’on soit en démocratie
ou en dictature. Toutes les grandes démocraties occidentales ont
vu les dynamismes économiques avant la démocratie. Car la démocratie
est difficilement compatible avec la pauvreté et l’ignorance.
La politique, tout le monde en parle en théorie, mais en pratique
elle est aussi la gestion, l’économie, l’administration, la résolution
du chômage………
Etudiants des tous bords, universitaires,
enseignants, chefs d’entreprises, consultants, politologues,
politiciens, il est temps de se débarrasser de ces lunettes
intellectuelles dont la visibilité est un peu encrassée et se
limite à des visions théoriques.
Pourquoi ne pas faire des rapports voire même dix
(10) pages chacun selon sa compétence et polluer les bureaux de
l’état, comme ça au moins demain on pourra dire que j’ai
proposé mes idées et qu’on me les a jetées à la figure.
Selon un dicton
« La théorie c’est quand on sait tout et rien ne
fonctionne, la pratique c’est quand tout fonctionne et que
l’on ne sait pas pourquoi ». En faisant beaucoup de pratiques,
certaines choses peuvent bouger sans se rendre compte. Et faire
des rapports, c’est déjà faire un pas vers la pratique. Nous
devrions nous mettre au travail, apprendre sans arrogance « aide-toi,
le ciel d’aidera » de l’extérieur ou de l’intérieur,
chacun peut apporter ses idées dans le ministère de sa compétence.
Je suis convaincu que la réussite communautaire ou collective est
la somme des réussites individuelles
Le Tchad appartient à tous les tchadiens et les
adversaires politiques ne sont pas des ennemis. Des réunions à
paris pour changer la donne c’est bien, mais une réunion pour
l’économie et l’investissement sera plus que bien.
« Qui d’autres que les tchadiens doivent
porter leurs causes ?»
Issa Mahamat
Abdelmamout
Faculté des sciences et techniques
Tours (France)
abdelmamout@wanadoo.fr
PS : Le français n’étant pas notre langue maternelle et
certains de nos compatriotes étant arabophones, je pense que la
contribution de chacun est la bienvenue car le contenu importe
plus que la forme. Soyons humble avec nous même.
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