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La volonté du
gouvernement Tchadien de participer à la protection de
l’environnement n’est certes pas une mauvaise idée. D’ailleurs
elle est presque un des axes d’améliorations de l’image du pays
sur le plan international, un effort considérable que l’on ne
peut manquer de souligner. Et si l’on se met derrière le rideau,
on serait même amener à le féliciter car sur la forme, ce projet
est plus qu’une révolution. Mais l’est-il vraiment sur le
fond ou juste un plan média pour soigner son image ? Et quid du
plan de substitution de cette seule source d’énergie ?
Bref, une vision
politique d’une telle envergure, d’une telle sensibilité, si
elle est mal déployée engendre toujours des conséquences
désastreuses sur la population. Encore qu’elle est perturbée par
des guerres incessantes, affaiblie par tant d’année
d’insécurité sociale elle ne peut rêver mieux qu’une décision
aussi absurde dans son déploiement. On n’est loin de la bonne
foi que du comble. Alors quoi de mieux qu’un accueil froid
réservé à cette loi dénouée de tous sens sauf celui de nuire et
d’engendrer des mécontentements. Et d’ailleurs c’est le cas, du
moins c’est ce que constate l’opinion publique
interne confrontée au jour le jour à la descente aux enfers
d’une frange de population victime du manque de cette d’énergie?
Sinon pourquoi tant de haine envers des ménages dont le revenu
ne permet pas de se doter des sources d’énergie autres que le
charbon de bois ? Et que penser alors des familles n’ayant aucun
revenu ? Pire encore ceux qui habitent dans les recoins des
grandes villes ou dans des villages environnants et dont le
charbon leur est incontournable? Y a-t-il des moyens de contrôle
pour les villageois perdus en pleines brousses ? De quels
revenus se nourriront-ils pendant la saison sèche? Voilà un
problème complexe auquel devrait se préparer au préalable le
gouvernement lorsqu’il veut apporter du changement au sein de la
société afin d’éviter des résistances sous différentes formes
soient-ils ? On ne peut faire appliquer ce décret sans un
moyen d’accompagnement social efficace. Est cela le concept du
développement durable ?
En effet, le
développement durable doit respecter des dimensions économiques,
sociales et écologiques et sa mise en œuvre doit anticiper au
préalable les impacts qu’il peut engendrer afin de définir un
cercle vertueux dans l’intérêt des parties prenantes. Comme nous
pouvons le constater, la lutte contre la désertification émane
de la dimension écologique mais elle ne peut se réaliser sans
tenir compte de la dimension sociale car elles sont
interdépendantes. Il n y a dans l’œuvre tchadienne une confusion
totale, un manque de discernement qui risque de conduire à des
dérives profondes. Et je crains que l’utilisation de l'énergie
alternative (excrément animal, morceaux de caoutchoucs etc.)
risque de provoquer chez certains individus le développement des
pathologies diverses mettant en danger leurs santés physiques et
mentales. On assistera encore à une nouvelle catastrophe montée
de toute pièce et dont il sera difficile de trouver des
solutions adéquates.
Enfin, les
circonstances actuelles encadrant le déploiement du processus
laissent penser que seule l’utilisation de la force militaire a
été prévue comme moyens de lutte efficace. Et je note au
passage des personnes qui ont été tabassées pour non respect de
ce décret. Doit-on penser que la violence est notre seul moyen
de régler nos différends ? N’y a-t-il pas d’autres solutions
envisageables ou avons-nous besoins de leçons de morale pour
comprendre des processus aussi simple soit-il? Comme beaucoup
de compatriotes, j’appelle les élus à repenser la modalité
d’exécution de ce décret pour la lutte contre la désertification
quitte à sensibiliser la population d’une manière efficace et
leur donner les moyens nécessaires pour protéger la planète.
Nous sommes tous conscients de notre environnement et nous
devons le protéger mais il faut choisir la manière qui minimise
les risques sociaux et environnementaux pour éviter une
catastrophe. Les conflits interarmées, les maladies, la
sécheresse ont fait assez de victimes alors étudions
sérieusement ce problème afin de limiter les dégâts qu’il peut
engendrer.
Piquet
DINGAMMADJI
Etudiant 3ème cycle management des entreprises
Ecole de commerce et management ISEE Paris
piquetdingammadji@yahoo.fr
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