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  Forum Culture

Thème: N°10  «Les richesses de la culture tchadienne»

Autres sujets:

13/06/2008
Unité -Travail - Progrès

           Les crépitements provoqués par les rafales des rebelles retentissaient dans toute la ville de Ndjamena. Les civiles tchadiens avaient perdu la boussole ; pour fuir le danger, ils longeaient chaque jour l'unique passerelle qui les séparait du camp des refugiés sur le territoire camerounais. A l'arrivée, le camp affichait un air morose ; il n'y avait aucune place confortable pour s'attabler, des bambins chétifs et crasseux pleurnichaient en vrac à l'ombre des tentes, où allongés sur les herbes sales près de leur mère, des silhouettes des cadavres et des blessés, gisaient pêle-mêle dans la cour...

            Comme tous les habitants de la capitale, Dounia avait été obligé de quitter N'djamena pour le camp de Kousséri dès l'entrée des rebelles; afin de se mettre à l’abri des balles. Depuis son arrivée, il s'inquiétait sans cesse à l'idée de ne plus revoir Achta sa meilleure amie d'enfance qu'il avait perdue de vue depuis son départ. Excédé de sa solitude, il sortit un beau matin de sa tente afin de noyer ses ennuis. Après une heure d'errance, il perçut à l'ombre d'un ficus isolé, une jeune fille de teint clair, d'aspect svelte pareille à une libellule qui, tantôt frôlait avec tact ses  mèches de cheveux qu'elle enroulait autour des doigts, tantôt essuyait nerveusement de sa main gauche, les gouttes de sueurs qui dégoulinaient faiblement de son visage aux traits fins.

          Comme mu par un aimant il s'approcha timidement d'elle : « Bonjour » dit-il en souriant « Bonjour » lui répondit la jeune fille, en relevant doucement son visage. « Excusez moi, vous êtes écrivaine ? » questionna  t-il d'un ton insolite « pourquoi ? lui rétorqua l'inconnue, est- ce à cause de ce livre que j'ai à la main? non, je ne suis pas écrivaine, j'aime juste passer le temps avec la lecture¦ comment on t'appelle ?» « Qui ?...moi ? » « Oui¦ toi » « on m'appelle Dounia » « Moi c'est Nouracham » « Nouracham ? reprit Dounia surpris, Nouracham? reprit-il en s'asseyant brusquement à l'ombre du ficus, c'est bien vous qui proposez souvent l'émission le palabre d'unité aux auditeurs de la radio Dja FM, c'est cela  » « Oui c'est cela, vous me connaissez donc? Monsieur Dounia » bien sur que si. Après une pause, il reprit : « Franchement j'admire votre émission comment vous est venu cette envie d'unir le peuple tchadien? pourquoi ne pas lancer un message de dépose d'armes aux rebelles, pourquoi ne pas attirer l'attention des autorités sur les manques d'eau et d'électricité dans les quartiers de la capitale, pourquoi ? » « c 'est la devise du pays, Unité -Travail - Progrès qui le dis, beaucoup de pères de famille le lise et le savent par cœur hélas ils ne connaissent pas son vrai sens, en plus l'envie, je l'ai eu en tant que victime ; mon mariage avec un sudiste avait été jugé inconcevable par le marabout à  cause de la religion, car lui était chrétien du sud et moi musulmane du nord, mes parents lui avaient refuser de m'épouser car il était un Kirdi et donc un infidèle. C'est l'origine de mon combat. Depuis que je l'ai commencé toute ma famille m'a abandonnée, mais ce que j'ai décidé de faire est plus important que l'amour d'un père ou d'une mère. Mon souhait, c'est d’apprivoiser coute que coute mes frères tchadiens à s'aimer, à oublier leurs différences ethniques, religieuses ou raciales en vue d'un travail franc et d'un progrès stable comme l'indique la devise tchadienne. L'amitié est le socle de toute grande réalisation, et sans elle rien n'est possible. On ne  peut développer sérieusement un pays chacun dans son coin, comme il est impossible de faire avancer une voiture à trois roues. Tous les tchadiens, du Nord comme du Sud, de l'Est comme de l'Ouest doivent se marier ensemble s'assoir tous ensemble sur une même natte pour discuter sans haine des véritables problèmes qui minent le Tchad. Vois tu ces bambous frère Dounia, ils sont le fruit de l'union entre une tige appelée rhizome et des racines. C'est comme le Tchad qui a besoin de l'entente entre toutes ses filles et tous ses fils pour avancer. Dounia, nous sommes comme des nuages, nous sommes que du sable que le vent peut disperser à sa guise, en tout temps; unissons nous donc afin d'éviter ce désastre.»
N'est- ce pas un message frères ?

Mbaibe Guentar Beba,
TA, Lycée yasmina, 
ADRESSE : S / Dionkara Beba Instructeur EAMAC
CODE POSTALE : 746. Niamey, Niger
TELEPHONE OO22796613909 /OO22796384586/0022796719945
Email : Niger..djibrilmbaibe@yahoo.fr


11/12/2007
Pendant que les autres se battent, notre compatriote Mounira Mitchala
remporte le Prix Découvertes RFI 2007

C'est au stade du 28 Septembre à Conakry, que le jury présidé par le chanteur malien Salif Keita a porté son choix (à l'unanimité), sur la belle voix de Mounira Mitchala, le 8 décembre dernier.
 

Interrogée après sa consécration, la diva Mounira Mitchala, d'une voix pleine d'émotion, déclare : « J'espère que ce prix aidera à ramener la paix dans mon pays déchiré par la guerre ».
A travers cette déclaration, Mounira interpelle les protagonistes qui se battent actuellement à l’Est du pays. Elle veut leur dire que les Tchadiens peuvent mieux faire que de se battre continuellement. En effet, pendant que les autres nations luttent inexorablement pour leur développement socioéconomique et culturel, nous Tchadiens, sommes en train de faire la guerre. Si des symboles comme l’hymne national et le drapeau (bleu-or-rouge), n’ont jamais réussi à unir les Tchadiens, nous éperons que d’autres symboles comme Mounira, le arriverons un jour à rassembler les petits-fils de Toumaï.

Par DJIMOYAL BETOUNGAM ANICET,
djimoyal@yahoo.fr


23/03/2007
TCHAD PAYS DU TOURISME

Le tourisme est une branche très importante de l'économie qui fait entrer des devises et crée des emplois.
Il permet d'établir de nouveaux liens de coopération et de faire connaître son pays à travers le monde.

Le Tchad, grâce à la diversité culturelle historique et à l'importance de sa faune, ses parcs et ses réserves, représente un centre touristique non négligeable.

 Le pays est vaste, aux aspects multiples. Les beautés et les de la nature, leurs variétés et leurs caractères rares constituent une des richesses principales du pays.

Plusieurs sites peuvent s'illustrer : les plateaux du Ouaddaï, le paysage Aramkolé, la position défensive et les ruines de Ouara sont très importants du point de vue architecture; les paysages dans le désert, le Tibesti et ses énormes cratères et volcans, le Borkou et son Lac d'Ounianga, les nombreux parcs, les vieilles citées Kotoko, le magnifique sommet Mont Abtouyour…

Pour faciliter le séjour des touristes, des hôtels et standings répondant aux exigences internationales sont à leur disposition.

TCHAD, PAYS D'ESPOIR

Notre chère patrie le Tchad dispose d'un potentiel de développement riche d'espoirs.
En effet, notre pays dispose d'au moins six atouts majeurs qui lui permettront de se développer, bien sur à condition d'une bonne gestion et d'une réelle volonté de développement.

             1. sur le plan de ressources humaines, le Tchad compte une grande proportion de populations jeunes donc une population en age de travailler; ceci constitue un facteur favorable au développement d'un pays sur le plan main d'œuvre.
             2. Sur le plan agricole, le Tchad dispose de plus 39 Millions d'hectares de terres cultivables (dont 1.7 Millions mises en cultures soit 4.35%), de 5.6 Millions d'hectares de terres irrigables (dont 10.000 aménagés soit 0.2 %).
Nous sommes le premier pays producteur au monde de l'algue bleue ou spiruline appelée "dié"" en Arabe locale. L'on pourra très bien profiter de son exportation car sa production mondiale est très limitée.
       3. Dans le secteur d'élevage, notre chère patrie se classe au deuxième rang en Afrique avec, 4.5 Millions de bovins, 5 Millions d'ovin-caprins, 580.000 dromadaires…
       4. Dans le secteur hydraulique, le sous-sol Tchadien regorge au 3/4 de sa superficie d'énormes nappes phréatiques.
       5. Dans le domaine de l'environnement, 16.530.000 hectares sont recouvertes par les forets naturels dont seulement 1.701.000 hectares exploités; le Tchad dispose de 414.000 hectares de réserves de par cet de 11.240.000 hectares de faunes. Ces facteurs sont des potentialités cruciales pour le développement du tourisme Tchadien.
       6. Dans le secteur minier et géologique, de nombreux gisements ont été identifiés : pétrole, gaz, or, uranium, marbre, tungstène…
       En somme, exploitons ces potentialités, profitons-en, gérons-les efficacement et équitablement, et boutons la pauvreté, la misère, le sous- développement hors de notre cher TCHAD "AL HABIB".

Brahim Mahamat MAÏ
Etudiant à Marrakech Maroc
Babra84@yahoo.fr
00212 10 77 75 32


12/01/2007
S.O.S JEUNES TCHADIENS

Ce sujet demande l’attention de TOUS, même de ceux qui se croient à l’abri, parents et jeunes, hommes, femmes et filles.

Il se développe parmi nos jeunes un phénomène pernicieux qui va en s’amplifiant et que l’on pourrait qualifier d’UNIFORMISATION FORCÉE.

C’est-à-dire: se fondre dans “la masse”, avec les autres, faire comme les autres, penser comme les autres...les autres. Et cela au détriment des traditions et obligations religieuses de pudeur, de chasteté, de respect envers les jeunes et les aînés, envers nos voisins, nos amis et “copains”, de respect et amour envers

  les parents, la famille, au détriment enfin, d’une éducation religieuse ET générale!

“C’est quoi encore ce vieil homme? d'où sortez-nous ce barjo arriéré! Qui c’est le mec? Ne sait-il pas qu’on doit s’intégrer à notre société?”

Je ne suis ni barjo ni vieux, les mecs. Je pourrais vous parler des us et coutumes tchadiens condamnant fermement ces imitations, mais nos professeurs dans les écoles le font avec bien plus d’érudition que moi, alors je vais juste susciter, en vous, une réflexion sur le thème.

PRENEZ LE MEILLEUR ET REJETER LE RESTE ! (à retenir!)

Une intégration réussie, mes amis, n’est pas une imitation aveugle d’un autre mode de vie, même contraire au nôtre ; il s’agit, en fait, de garder nos valeurs fondamentales, de prendre et d’assimiler ce que cette culture nous apporte de bien, de nous enrichir de tous ces aspects positifs, en délaissant le reste. Et réciproquement, faire profiter les autres de nos hautes obligations morales tchadiennes. Générer un terreau fertile d’enrichissement mutuel. Mais jamais, il ne s’agirait de renier nos valeurs et notre patrimoine cultuelle au nom d’une intégration béaute et irréfléchie, voire au nom de je ne sais quelle séquelle ou complexe post-colonial.

Le phénomène est à la fois complexe et simple.

Complexe, car il s’agit de mettre en œuvre des compétences d’analyse, de raisonnement, de savoir, relevant souvent de l’exercice d’équilibriste: le juste milieu.
Simple aussi, car si l’on suit quelques règles d'éthique ou d’hygiène de vie et de comportement, dans la cellule familiale comme à l’extérieur, on arrive à éviter les plus gros écueils, à revenir à des pratiques plus saines, et plus prometteuses pour l’avenir.
Ceux qui m’ont suivi jusque là (il en reste?) doivent se dire que c’est bien vague tous cela. Alors, soyez prêt, car je vais être plus spécifique....

-           jeunes qui se droguent, boivent et vont danser tout le temps,
- les filles qui courent après les garçons, et vice-versa.
- les filles qui sortent et couchent, le plus normalement du monde, avec des garçons, et vice-versa (ben voyons, il faut vivre avec son temps...)
- les garçons qui n’ont aucun respect envers les filles
- les jeunes ET moins jeunes qui mangent de tout (Halal ou pas)
- les jeunes défavorisés qui volent, arnaquent et n'applique des obligations religieuses.


Banalités que tous cela, c’est vrai. Tout cela, malheureusement, fait partie des réalités modernes de notre environnement. OUI, mais le problème c’est qu’il s‘agit ici... TOUS de tchadiens et tchadienne!!!

NOS jeunes, qui fréquentent même (oh...peut-être pas tous les jours), les mosquées et les églises!
NOS filles, dont certaines portent, pieusement,...le Hidjab!
HONTE sur nous. TOUS autant que nous sommes!
Alors on s’offusque en me disant qu’il s’agit d’une faible minorité. Même si cette minorité est si infime, qu’il s’agit en fait que d’une seule personne, alors, malgré tout, l'on doit réagir.

Nous avons le devoir de réagir avant que n’arrive une malédiction certaine, et pour tous. Une parabole du saint prophète de l'Islam est éloquente: il évoque un navire où se trouvent des saints et des pécheurs. Les pécheurs ayant fait un trou dans la coque du navire, par ignorance. Si tout ce beau monde ne se donne pas la main, que se passera t-il? Alors quoi, que devons-nous faire? Qui est responsable? Comment réagir? Déterminer les responsabilités est important, mais nul ne doit s’y cantonner, en rejetant la faute sur l’autre: nous n’avons plus le temps! Transcendons cela.

Il faut réagir, et vite. D’abord déterminer les causes principales, puis élaborer et proposer des solutions. C’est l’affaire de tous. Je n’ai pas l’exclusivité de cette tâche, ni celle des réponses, je veux y contribuer, humblement. Je ne m’érige pas en censeur , ni en saint au dessus de la mêlée: nulle créature n’est exempte de défauts, et je suis une créature qui devra un jour être jugé par Le Seigneur des Mondes. Et, Allah me jugera sur ce que j’ai fait, et non sur ce que les autres n’ont fait ou pas.


CAUSE N°1: DÉMISSION DES PARENTS DEVANT LEUR RESPONSABILITÉ ET MANQUE DE CULTURE GENERALE DE TOUS (PARENTS ET ENFANTS)

-           Bien peu d’entre nous lisent pour notre culture et formation, pour la comprehension de nos religions.

-           Conséquemment, une culture et une formation insuffisantes empêchent l’exercice d’un sain discernement entre le Bien et le Mal, quelqu’en soient leurs apparats. Comment voulez-vous pratiquer un quelconque exercice sans posséder les outils adéquats pour mener à bien le travail? Dois-je aussi rappeler que la recherche du Savoir est une exhortation ? Sciences religieuses, oui mais aussi: physiques, chimie, économie, psycho...

-           Ou, cette démission évoquée, trouve t-elle son origine dans l'incapacité aux parents, à appréhender le problème des jeunes? Cela renforcerait alors encore plus ces premières lignes: pour donner un savoir, une morale, il faut, au préalable, les posséder soit même, sinon, œuvrer pour les acquérir.

-           Seuls les parents sont responsables de l’éducation de leurs enfants, ce travail n’incombe ni à l’école, ni  aux marabouts ni aux pretres. Il faut savoir assumer: l’exemple vient de la cellule familiale. C’est: fondamental.

-           L’éducation ne doit être ni trop stricte ni trop souple: il s’agit de leur expliquer notre différence, nous sommes tchadiens, vivant dans une société permissive.

-           Il faut créer toutes occasions pour communiquer avec nos enfants: c’est quand la dernière fois que vous avez pris votre fils dans vos bras? Qu’à votre fille, vous avez dit “je t’aime mon enfant”?

Lorsqu’ils viennent vous voir vous disant: “maman, papa, puis-je aller à “une boum”, tous mes amis y vont, je vais bien me conduire, je sais que je suis musulman.” Nous leur sautons dessus: “tu iras en Enfer, tu ne sortiras plus du tout, tu n’es pas mon fils, tu n’es pas ma fille, je n’ai plus confiance...”. Résultat de la casse: ils ne viendront plus vous demander, mais ils sortiront probablement quand même. Si vous leur aviez dit, “assieds-toi et parlons : j’ai confiance en toi, mais pas dans les autres...”, malgré un refus, ils vont respecter le temps que vous avez pris pour les comprendre. Hélas, nous n’avons plus le temps.

Nous sommes gênés d’aimer nos enfants! Cela donnerait à nos enfants la sensation d’être aimés et valorisés...au moins chez eux, dans leur famille. D’être sécurisés, au moins chez eux.

-           Les parents doivent faire régner l’harmonie et la paix chez eux, et non pas nous disputer en permanence, voire même s’insulter, puis dire à nos enfants “c’est l’heure de faire la prière”! Nos enfants qui assistent à tout cela sont dégoûtés de cette hypocrisie...Et si nos enfants sont dégoûtés, que croyez-vous que DIEU pense de nous???

-           Il faut donner à nos enfants des raisons d’être fiers de notre différence: Toutes nos médersas devraient enseigner nos jeunes sur les bienfaits de notre civilisation et son immense apport au Tchad entier. Cela donnerai plus de fierté et de zèle à nos jeunes dans leurs études, de l’école à l’université, et bien sûr dans leurs études religieuses.

 

CAUSE N°2: APPÂTS SATANIQUES SOUS TOUTES LES FORMES

-           Chaque parent devrait contrôler et censurer toutes les revues qui rentrent chez eux: depuis les simples revues des programmes TV (des pages sont franchement pornographiques) en passant par les émissions TV aux magazines pour adolescents, en vente libre. Vous allez vers d’énormes surprises! En effet, tout y est fait pour banaliser les relations amoureuses (baisers et autres), pour désacraliser le corps de la femme en exhibant une quasi-nudité permanente, pour enseigner aux jeunes “comment faire pour la première fois”, croquis et histoires vécues à l’appui!...etc. Puis il y a certaines chansons d’amour qui font tant rêver...et les fréquentations plus ou moins saines. Liste non exhaustive.

Les jeunes sont donc soumis à un matraquage intense de notre environnement quotidien. Discerner ces sources du mal, est une première étape nécessaire, mais non suffisante.
Il ne s’agit pas de bannir toutes sources de savoir, non, mais faire preuve de sagesse: déchirer les pages “X” des revues TV, autoriser, susciter même, toutes lectures saines, ou toutes émissions éducatives, voire récréatives, mais sans les excès, (faut pas rêver, si vous bloquez tout, ils iront voir chez “les copains”). Il s’agit de leur inculquer les bases du discernement, afin qu’eux mêmes puissent déterminer le Bien du Mal. Travail long et fastidieux, mais impérieux.

Tout se passera bien si des explications sont données aux jeunes.

- Les écoles, qui font déjà un excellent travail, devraient évoquer ces problèmes sans compromis, mais dans un langage et avec des termes qui est en adéquation avec la mentalité de nos jeunes: sinon, ils vont considérer ces (bons) conseils comme démodés ou dépassés.
Car l’impact de ces médias sur ces jeunes esprits en formation peut être catastrophique: “puisque c’est naturel, pourquoi pas moi?”, “ puisque tous le monde le fait, pourquoi pas moi aussi?”, “je me demande bien ce qu’ils veulent dire par douce sensation? Faut essayer pour savoir.” Ils n’ont plus une conscience distincte de ce qui est normal ou ne l’est pas. Leurs repères sont faussés: “où est la ligne de démarcation? Qui a raison: maman, papa? Tous les autres copains? Les films? Où est la norme? Qu’est-ce qui est acceptable et ne l’est point?” Ils sont déstructurés.

Voilà comment l’on arrive à un lavage de cerveau, en douceur, sous nos yeux, chez nos jeunes, dans nos propres maisons, les entraînant loin, bien loin de nos vertus religieuses. Puis viendra le temps des pleurs, tardifs, vains...Mais sans excuse, car si “les autres” n’ont pas de normes. Les parents savent où se trouvent ces règles de conduite en adéquation avec la morale.

Les problèmes que nous subissons aujourd’hui sont le résultat de l’ignorance du bien et du mal.

DIEU nous a donné un cerveau, un esprit merveilleux en prodige, notre corps lui-même est un miracle perpétuel.

Notre corps, nos idées, nos décisions sont dirigés par notre esprit. Meilleure sera la nourriture de l’esprit, meilleures seront nos facultés et capacités de jugement, d’évaluation, meilleures seront nos initiatives!


CAUSE N°3: CONDUITES INCONSÉQUENTES DE CERTAINS JEUNES

A m’écouter, certains diront qu’on leur enlève toutes joies, ou que n’ai-je été jeune moi aussi?
Les temps ont changé, les mentalités ont changé, les pressions sur les jeunes exercées sont plus pernicieuses et destructrices. Ce sont là déjà des éléments suffisants pour éveiller notre vigilance et la leur, pour qu’elles deviennent permanentes.

À certains de mes jeunes frères TCHADIENS

- Le vin assassin tel une infâme araignée, a tendu ses filets au fond de vos cerveaux, vous entraînant vers votre déesse Ivresse, sans remord pour votre propre sort, pauvre créature délaissant la Raison.

Cela fait vraiment si chic, “cool”, sociable, de prendre un verre en société...Si DIEU était proche de vous, Lui offririez-vous un whisky?

Cependant Il est plus proche de vous que votre propre veine jugulaire!
- Avez-vous déjà entendu vos affreux gémissements ou humer vos vomissures pleines d’exhalaisons, consécutives à vos soirées d’ivresse ou de drogue? Tandis que certaines musiques font vibrer des passions impures dans votre corps pris de convulsions lubriques.
- À certains célibataires endurcis (ou assimilés), Il leur faut, chaque jour, un cœur à leur râtelier pour se prouver leur virilité, ou leur besoin de plaire. Tandis que leur bien-aimée de la veille sèche ses inutiles larmes, les voilà repartis vers de nouvelles proies naïves, exerçant un talent dont ils font grand étalage, entre copains.

Refusant la sagesse que leur apportent les années, aveugles, ne savent-ils pas que demain ils seront seuls, ici-bas peut-être, mais certainement dans la fosse creuse. Là ce qui, dans ce monde, leur donnait tant de fierté et de plaisirs, sera couvert des baisers... voraces d’actives vermines. Cette vie n’est pas éternelle, mes frères, un lit ténébreux et sans compagne, sinon nos piétés, nous attend tous.
Riches et pauvres.

-           Quant aux jeunes, preux chevaliers sans peur et sans remord, s’unissant régulièrement à des cœurs différents, avez-vous pensé demain au sort de votre propre sœur? Souffririez-vous que “d’autres” leur fassent subir vos propres amusements? Fermez les yeux et imaginez. Dur, dur? Gênant? Vous m’étonnez!

Prenez garde à ces grands appétits, alternativement tendres, rêveurs, cruels; souvent impulsions du Malin (Satan).

Vous faut-il chaque jour vous forger une assurance qui témoigne de votre séduction, de votre force, de votre virulence? Cette envie de plaire physiquement s’étiolera forcément avec le temps, comme s’évapore un parfum.

Vous aurez envie de connaître mieux. Forcer le respect par une noblesse de sentiment et de caractère est une expérience plus digne et plus forte, plus durable. Mais ne peuvent y goûter que ceux qui, au fil du temps, ont enrichi leur personnalité par des efforts persévérants et féconds. Cependant c’est un exercice qui n’admet pas d’improvisation, seuls y excellent ceux qui s’y sont exercés, dirais-je, conformés?

Toi qui “croquais la vie à pleines dents” et t’exerçais sous différentes latitudes, tu rechercheras demain ta compagne pour la vie dans les rangs des “filles pures” et “de bonne famille”, contrastant ainsi avec tes critères antérieurs. Même si ces naïves, instruments de tes péchés passés, te pardonnent, prie Dieu le Tout Puissant, que dans Ses desseins cachés, Lui ne te réserve d’affreuses surprises, car enfin, tu sais bien QUI est Le Maître du Destin!


À certaines de mes sœurs TCHADIENNES
Une fille est un joyau que l’on préserve d’un écrin de pudeur
On n’exhibe pas un joyau à longueur de journée:
1) il perdrait de son éclat
2) on risque de “se le faire piquer”
3) un écrin toujours ouvert ne préserve rien du tout
Ne faites pas d’un geste emprunté, un objet de regret éternel.


Que l’ennui où la vaine recherche de compliments, ne vous pousse pas à vous exercer à ce jeu impur de rechercher ou provoquer un regard admiratif: la grandeur de ce mal, où vous vous croyez savantes, ne vous fait-elle jamais reculer d’épouvantes?

Pourquoi chercher à revivre ce que vous avez vu dans “Les filles d’à côté” ou “Hélène et les garçons”? “Dallas”, ” Dynastie”, ” Santa Barbara”, « Rosa Salvajé » ...pour d’autres.
Vous offrez là au démon un salutaire instrument pour mieux vous manipuler à travers vos émotions.
Aveugles ou sourdes, la raison, votre raison, vous n’arrête pas de vous suggérer d’arrêter ces pratiques singulièrement dangereuses. La morale vous dit de cultiver aussi votre beauté intérieure, tandis que votre intelligence semble crier qu’un jour, tous les miroirs verront pâlir vos appâts extérieurs. Que vous restera t-il alors, si là se résumait votre échelle de valeur?

L’exemple d’amies vertueuses qui vivent leur vie sans jamais s’inquiéter ni connaître la loi de leur beauté, ne vous a t-il jamais interpellé?

Lorsqu’on vous parle d’expériences amoureuses, parlez de sérénité du cœur, de la chaleur de la proximité de Dieu, de votre paix intérieure en totale conciliation avec votre aspect extérieur. Personne ne vous demande d’être moche!

Mais traditions et religions recommandent la décence et la pudeur. Elles n’interdisent pas la liberté, mais elles interdisent le libertinage. Est-ce si difficile à appréhender?
Il est urgent alors de méditer ses sages paroles d'un eminent savant : “Le premier homme aux yeux de qui la femme adultère est avilie, c’est celui qui lui a fait commettre l’adultère".

Conclusion

Ces quelques lignes ne plairont pas à tous, peut-être - vous m’en voyez fort chagriné. Mais elles s’adressent à tous les acteurs de la cellule familiale et à ceux qui de près ou de loin, agissent sur cette cellule. Le but fixé ne fut pas de faire une caricature d’autosatisfaction, mais de faire un constat d’une pénible réalité, dans l’espoir unique de susciter une réaction de tous.

Il est bien clair que cette étude succincte ne constitue qu’une humble ébauche d’un effort de réflexion que chacun d’entre nous doit continuer de faire sur ce thème d’une capitale importance, si nous voulons préserver les enfants et les jeunes d’une déchéance et malédiction certaines. Réformer nos mauvaises habitudes pour devenir de meilleurs tchadiens.
Ouvrons nos yeux, avant qu’ils ne se ferment.

Et n’oubliez pas: “Take the best, leave the rest!”

Que DIEU nous aide tous à œuvrer avec persévérance et efficacité dans la voie de la vérité, sans jamais dévier.

Brahim Mahamat Mai
Etudiant à Marrakech - Maroc


13/04/2006
Beyem RONE : peut-on forcer l’oubli ?

Déjà éveillé, j’étais profondément adiré dans mes pensées quand le coq du matin c’était dressé sur ses ergots. Extenué par le poids de moult activités de la veille, lesquelles exécutées en arpentant à pas des géant les artères de Dakar à la recherche de mes guillemets, j’exprimais encore de la peine à quitter le lit qui n’avait su cocoler mon sommeil. Balayant du regard la chambre, les yeux se sont immobilisés sous je ne sais quelle force, contre mon gré, sur la constitution, punie au mur à environ 40 cm de mon nez. Bon Dieu du ciel ! Je sentis du coup une coulée de fonte en fusion sur le crâne. Juste à côté, se fait voir l’effigie de Ernesto Chê GUEVARA. Il vient de sonner 06 heures. Dans ma tête on est déjà un 08 avril ; le calendrier que je consulte me dément et renseigne, 02 avril. Est-ce les prémices d’un rappel ?

Peut-être ! Le rappel du pays mien : le Tchad ; d’un peuple pris en otage tel un poussin dans les serres d’un charognard : le peuple tchadien ; d’un minuscule groupe de personnes luttant par procuration : les sacrifiés incompris ; mais surtout d’un pamphlétaire légendaire à l’étrange trajectoire et destin : Beyem RONE.

Bourreau de travail, infatigable combattant, intellectuel au sens strict du mot, homme de conviction, de vision et de vérité, Roné dont on ne parle de lui qu’à l’imparfait depuis déjà deux ans, est d’une espèce rare. Rare sur cette île de gueux, peinte par le confrère Renaud DINGAMNAIL comme étant « une terre où il n’y a pas un seul homme. Ce sont une poignée de surhomme et de sous-hommes qui la peuplent »

Celui qui, aujourd’hui encore continue à dormir son dernier sommeil, s’était sculpté une obsession qui lui mangeait tout son temps et lui revenait le plus souvent dans la bouche : « que deviendront nos enfants si nous ne nous battons pas ? » Cette obsession qu’il en faisait le sens et l’essence de son existence, il la défendait corps et âme, à visage découvert. L’homme se mettait aux aguets de toutes les occasions valables pour tirer à boulet rouge sur ces surhommes qui, profondément plongés dans la matrice de l’ignorance, se croient au dessus des lois et des autres. Ces cibles préférés étaient, sans contour ni détour, ces pyromanes et mythomanes qui se sont accaparés la lourde mission de la gestion de notre pays, et ce, avec des oligarchies corrompues, des nomenklaturas ethniques repues. Dès qu’une occasion se présente, il tirait sans un iota de réserve, mais sagement sur ces plaisantins qui animent le Dar-el scènes obscènes.

Roné était sans conteste de « ceux qui risquent leur peau pour faire comprendre aux autres que ce qu’ils croient est vrai » comme le disait Chê Guevara, un jour de son vivant, dans une forêt colombienne. Mais ceux pour lesquels il s’était construit toute une montagne de peine et de haine, d’ennuis et d’ennemis, ceux-là, ne l’avaient pas compris ou s’étaient refusés de le comprendre. Peine perdue !

Mais l’homme était sans ignorer que jamais, au grand jamais on peut faire une révolution avec des attardés mentaux, des gueux, des geignards, des courtisans, des affamés. N’est ce pas qui veut que son chien le suive l’affame ? Et dans ce grand échiquier des affamés, s’agitent différentes couches : au delà du rituel, se dégagent entre autres, les uns, les sages imbéciles ne comprenant rien pour rien, qui se jettent mains et pieds liés dans la mangeoire de leur majesté, sans interpeller leur moindre conscience.

 Les autres, dotés de possibilités de changer le cours de l’histoire mais amorphes et imbibés dans la plus pire ignorance que toute l’humanité n’a pas encore connue, laissent faire et se laissent faire. Ces veules à jamais veulent aller au ciel sans mourir.

 D’autres encore, plus incompréhensibles que les précédents, cumulant des diplômes, se faisant appelés à tord intellectuels que diplômés, se bousculent sans pardon dans la pâte de la honte, de la barbarie, sombrant ainsi le peuple dans un désespoir sans fond. Quitte à se demander le pourquoi de cette dérive de logique et de morale ? Mieux encore, par quel astre pourrait-on expliquer l’attitude de ces élites instruites qui ne pensent qu’à leur panse ?

Jacqueline Ki-zerbo, épouse du célèbre historien Joseph Ki-zerbo confiait un jour « l’intellectuel n’est pas le diplômé. L’intellectuel est l’homme intelligent qui étudie les problèmes de sa communauté et trouve des solutions ». Où sont donc nos intellectuels ?

Revenant à l’homme, certaines de ces traces écrites laissent croire que « quand les hommes n’ont pas le même passé et la même culture, il leur est difficile de voir l’avenir de la même manière et donc ne peuvent vivrent ensembles » Cette pensée, dans son sens premier comme son second, laisse signifier que lui, Roné, était d’une culture revendicatrice, contestataire, d’une culture d’esprit critique, de réalisme, d’exigence et de transparence ; de l’autre rive, ceux qui ne l’avaient pas compris, eux, sont d’une culture de béni oui oui, prêt à s’acclimater à toute température que de la changer. Voilà d’où venait le contraste !

L’homme avait pour arme essentielle : la plume. Une plume acerbe. Une plume non sélective. Une plume qu’il se plaisait à remuer au profond des plaies les plus purulentes. Laquelle plume aidant, il s’attaquait aux versatiles, aux prophètes d’inepties et d’inerties, sans perdre de vue cette jeunesse que nous sommes, plongée dans un sommeil sans réveil. Roné égratignait, persiflait, agressait tout le monde à travers les personnages qu’il croquait.

Dans cette lancée, les commérages de Laou et Kréo était pour lui un moyen fort pour atteindre les consciences en mal. Mais c’était mal ausculter et comprendre la mentalité de ses cibles : laquelle chronique prêtait plutôt à rire à belle dents autour des bouteilles qu’à réfléchir. Faut-il en rire ou en pleurer ?

 Non jovial de l’attitude de ces récepteurs et peut-être jugeant insuffisant cette tactique, homme d’intarissables pensées et d ‘idées, inspiration aidant, Roné ajoutait ainsi à son actif, entre autres « La reconstruction de l’économie tchadienne : rétrospective et perspective d’avenir », « Profil de la pauvreté à N’Djamena », « Le contentieux linguistique français / arabe » Mais surtout, le plus célèbre de tous ces écrits qui expose le mieux l’homme, est et reste «  L’ambivalence culturelle et l’intégration nationale » qui, sans conteste, repère, diagnostique et traite le mieux les maux qui pointent la débine au Dar-el Deby. A l’échelle continentale, ce livre est d’un genre rare tel son homme.

De tout ce qui précède, tel Moïse, cet homme aura osé nous sortir de ce pétrin sans fond.

Mais tel les enfants d’Israël, nombre sont ceux qui ne l’avaient pas compris et jugeaient en lui qu’injures et appels à la révolte.

Tel Moïse, l’homme était tombé en pleine mission. Tombé pour ne plus se relever. Tombé au moment où les tragédies et les humiliations se conjuguent au quotidien. Tombé tel Sosthène et Néhémie, ces frères d ‘armes qui l’avaient précédé les pas, il y a respectivement quatre et six ans. Depuis sa tombée il y a jour pour jour 730 jours ce 08 avril, jusqu’au jour d’aujourd’hui, les larmes de compassion n’ont cessé de couler à flot. Celles de crocodile aussi, à profusion.

En tout cas, nous qui avons le privilège de le côtoyer en son temps terminal, sommes peut-être les bénis de Dieu. Car, d’une certaine manière nous avons hérité de sa conception et de sa lecture des faits. Et non sans raison, Laouna Gon Raoul, un de ceux qui l’ont accosté  témoigne : « ce que j’ai appris de lui dépasse toutes mes connaissances acquises à l’école, au lycée et à l’université »

Aujourd’hui, je ne le pleure pas. Je nous pleure. Nous qui sommes encore restés proies de ces loups, ces barbares habillés et habités par la boulimie de nous battre et abattre, nous piller et torpiller, d’user et d’abuser de nous, de cumuler et d’accumuler les deniers publics.

Je ne le pleure pas. Je nous pleure. Nous cette jeunesse en mal de repère et de model qui, d’une part incomprise, marginalisée et criminalisée, exaspérée et désespérée, d’autre part, hantée par une inexprimable pauvreté d’ouverture d’esprit, complice des déboires dans lesquels gît tout un peuple.

Je ne le pleure pas. Je pleure ces pauvres mères au cœur continuellement ébouillanté, qui ne cessent de tambouriner leur poitrine et pleurer toutes les larmes de leur corps.

« Les morts ne sont pas morts » «  L’artiste ne meurt jamais » Roné était un créateur, un artiste. Il est parmi nous. Dans nos chambres. Dans nos mentalités. Dans nos bureaux. Dans nos champs. Sur nos chemins. Partout. Eh oui, c’est vrai qu’on ne peut forcer l’oubli. Sinon, comment forcer l’oubli d’un homme aussi pertinent aux passés récents qui sculptent nos présents ? Roné mérite un hommage ! Il n’est plus certes, mais après tout, comme me confiait Claudy Siar au sujet de la souffrance des tchadiens, « Il est à croire sur du cristal que jamais, au grand jamais ce peuple continuera à souffrir sans limite. Tôt ou tard, contre vents et marrées, il va certainement et forcement se passer quelque chose. Forcement ! »

Allahissem Miangar


20/11/2005
Extrait d'un livre à paraître
 « Itinéraire d’un enfant rebelle » ABDERAMAN KOULAMALLAH

S’il est vrai que les bébés dans le ventre de leur mère perçoivent déjà les signes du monde extérieur, je peux affirmer sans risque de me tromper, que j’ai connu la politique avant de venir au monde.

En effet c’est au moment où ma mère était enceinte de moi que mon père débuta  véritablement sa carrière politique et deux jours après ma naissance, il a été emprisonné par les colons pour son agitation politique en faveur des droits des noirs en dénonçant avec clarté le travail forcé qu’imposait le 
colonisateur aux populations autochtones.

Je fus pour les esprits simplistes l’enfant qui porte malheur, mais en réalité c’est un évènement prémonitoire et je sais aujourd’hui d’où me vient cette passion pour la politique et le combat incessant que cela engendre.

Ma mère était fortement impliquée dans la vie politique de mon père et même si elle  n’avait pas le privilège de participer aux réunions politiques regroupant mon père et ses compagnons dans le salon de notre maison, en bonne femme de l’ombre dans une pièce à côté du salon, elle ne ratait aucune bride de ces conversations et quant elle voulait intervenir elle le faisait par l’intermédiaire d’un  homme présent  dans la réunion.

Elle a influencé grandement les décisions de mon père et a été souvent témoin de toutes les machiavéliques traquenards dont mon père fut l’objet et moi  en son sein comment aurais je pu échapper aux assauts de ce monde terrible de la politique où l’on doit l’essentiel  de son ascension à la courbure de son échine.

Je  suis né en février 1955 et en ces temps là, les intellectuels, cadres, commerçants et simples citoyens  tchadiens s’organisaient pour s’affranchir de la tutelle de la colonisation française. Certainement l’une des plus bêtes et la moins imaginatives de toutes les colonisations avec son cortège de malheur, son lot de brutalités, de mépris et de maladresses.

C’est dans ce contexte historico- politique où le nationalisme tchadien naissant prenait forme, que Ahmed Koulamallah commerçant de son état, mais homme charismatique et grand leader africain jetait les embryons de son futur parti politique, le mouvement Socialiste Africain, lequel  l’amena quelques années  plus tard à  assurer  les fonctions de chef de gouvernement et chef de l’Etat tchadien.

Mon père, Ahmed Koulamallah avait dirigé le Mouvement Socialiste Africain (MSA), un des courants socialistes d’obédience nassérienne alors fortement opposé au colonisateur. Quoique arabophone, il apprenait le français sur le tas et donnait une peur bleue à cette France de droite, qui venait elle même de sortir de la deuxième guerre mondiale à la recherche d’un système démocratique plus stable.

La France craignait les intellectuels arabophones tchadiens qui il faut le dire le lui rendait bien car ils étaient fortement opposé au colonialisme français. Il faut rappeler que le principal résistant à la pénétration française, le Grand guerrier africain Rabah était un arabe et un musulman et le principal foyer de résistance au Tchad au colonialisme français a longtemps été le Ouaddaï, région du Nord musulman, berceau des grands Oulémas arabophones et musulmans.

Koulamallah symbolisait pour le colonialisme  ce qu’il y a de pire et  d’ailleurs le MSA ne cachait pas ses intentions d’instaurer la langue arabe et de promouvoir les cadres arabophones qui pullulait dans ses rangs. Ainsi donc, la France tantôt le combattit pour ses idées socialistes et nassériennes, tantôt le ménagea en tant que fils de Méram Afadé et  petit fils de  Gaourang, Sultan du royaume du Baguirmi, allié de la France ayant favorisé la pénétration française par un accord signé entre lui même et le Commandant gentil en 1901 et qui a permis la défaite de Rabah conquérant arabe venant du Maroc et qui s’attaqua au Royaume de mon arrière grand père.

Cette appartenance au grand royaume du Baguirmi a fait longtemps notre fierté et a donné à ma famille une grande renommée. Les Arabes du Tchad qui considérait mon père comme un des leurs, du fait de ses origines

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paternelles, son père est un arabe venu du Soudan, ont trouvé le juste compromis en faisant de lui un arabe mais  en l’appelant affectueusement «  Wadal Méram », (le fils de la princesse) lui rappelant ainsi ses origines princières.

Mais pour revenir à l’année de ma naissance, elle fut incontestablement, une année favorable au combat pour l’indépendance de mon pays. Très tôt dès l’age de   trois ans, mon frère aîné Souradj et moi avions été entraîné par notre mère sur le terrain des campagnes électorales, dans des conditions très difficiles selon l’aveu de ma mère qui quelques années plus tard nous racontât dans les détails cette période passionnante de la lutte pour la liberté de notre peuple et des sacrifices énormes de ses dirigeants, ces patriotes tchadiens qui pour la plupart ont aujourd’hui disparu sans qu’ils aient eu l’hommage qui leur est dû des dirigeants actuels et passés du Tchad. Ils sont pour la plupart morts dans l’indifférence.

Mes frères et moi avons été élevés dans cette période exceptionnelle et l’on apprenait par cœurs tous les hymnes et les chansons dédiés au MSA, une des principales forces politiques du Nord du Tchad. A cinq ans notre mère fut brodée sur toutes nos chemises, le sigle du parti de notre père « MSA » et l’emblème du lion, symbole que choisit le MSA pour montrer toute sa détermination. Quand il s’agira pour moi, trente années plus tard de choisir à mon tour un emblème pour me présenter aux élections législatives de 1990, c’est tout naturellement que je  choisit le symbole du lion et qui m’a valut bien des ennuis avec le régime de Hissein Habré.

En effet durant la campagne électorale, mes électeurs ont vite fait de m’identifier à mon emblème et l’on me surnomma «  le lion » or il s’agit d’une appellation semble t il contrôlée réservée exclusivement à Hissein Habré. Mais je n’en avais cure et je continuais à  cultiver ce  nouveau surnom qui plus de treize ans après continue d’être utilisé par mes anciens électeurs de l’ancien deuxième arrondissement municipal de la ville de N’djamena.

Dans la chaude atmosphère de la lutte pour l’indépendance et tout au long de ma croissance, je me forgeais progressivement une personnalité, une âme de rebelle et ma mémoire me restitue encore aujourd’hui des moments précis des premiers combats de mon père et de ses deux compagnons fidèles, Djibrine Khérallah et Jean Baptiste. Deux autres leaders politiques du Nord du Tchad et que les circonstances mais surtout la brutalité et le mépris du pouvoir dictatorial de François Tombalbaye avaient contraint à s’allier.

Le Nord musulman, avec ces trois leaders, hommes déterminés était brusquement devenu une force menaçante pour le Président Tchadien, lequel après s’être débarrassée de Gabriel Lisette, Premier Ministre antillais du Tchad, chercha à réduire à néant les opposants intérieurs.

Je me souviens parfaitement d’une discussion entre mon père et son compagnon Jean Baptiste devant notre domicile, dans la voiture de celui-là. J’avais 8 ans  et j’étais assis sur les genoux de Jean Baptiste  et fasciné par sa belle voiture je faisais semblant de conduire. En ce temps là la voiture était un luxe, une denrée rare et j’étais fier de ce privilège que me faisait l’ami de mon père et j’étais loin de me douter qu’ils étaient probablement en train de parler des choses très graves car leur conversation a duré longtemps, une heure peut être deux.

Sur les genoux de ce leader politique, je sentais que quelque chose de grave se passait. J’éprouvais une vague et confuse appréhension d’une menace éventuelle et qui devrait se révéler au grand jour deux jours après. Ce furent les événements sanglants du 16 septembre 1963 où le pouvoir politique écrasa dans le sang, une manifestation de ce que l’on a appelé à l’époque « la révolte des musulmans tchadiens  »

Trois cent morts selon le bilan officiel, largement plus si l’on se réfère aux témoignages des leaders politiques de l’époque. Ce fut sans aucun doute l’événement le plus douloureux de la période qui suivit l’indépendance du Tchad et certainement le point de départ de toutes les luttes populaires au Nord du Tchad. Cet événement n’est pas étranger dans la création trois ans plus tard d’un des premiers fronts de libération nationale en Afrique, dirigé contre le régime néocolonial  à savoir le FROLINAT (Front de Libération Nationale du Tchad)

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Au moment du déclenchement des événements du 16 septembre 1963, j’étais chez ma tante où mes cousines venaient d’être excisées  et nous étions en pleine fête aux alentours de 14 heures. Les premiers coups de feux éclatèrent de partout. Nous étions tous paniqués et quelques minutes plus tard, la terrible nouvelle nous est parvenu. Les trois leaders politiques du Nord musulman étaient la cible de ces coups de feux ; et dès que j’avais su qu’ils étaient dirigés contre mon père et ses compagnons, je m’étais immédiatement emparés d’un couteau de cuisine et je m’élançais à toute enjambée vers l’endroit des événements situé à moins de cinq cents mètres du domicile de ma tante.

Immédiatement  le gardien de ma tante et ma mère se mirent à ma poursuite. Si je n’étais pas avertis du danger que je courais, mes poursuivants eux, en étaient pleinement conscients et le gardien avait pulvérisé certainement un record olympique en tentant de me rattraper près du champ des tirs et me ramener loquetant à ma mère.

J’étais hors de moi et me débattais, je criais de toutes mes forces ma colère. Je voulais que l’on me lâchât. Ma mère m’avait blotti dans ses bras et s’était mise à pleurer. Je n’oublierai jamais ces moments-là. Très pathétiques. Pour ma famille, pour nous tous,  le monde  venait tout simplement de s’effondrer. Car en cet instant précis et durant plusieurs heures par la suite, nous n’aurions aucunes nouvelles de notre père et au milieu des tirs nourris de l’armée, nous craignions tout simplement le pire.

Mes autres frères et sœurs étaient dispersés et ma mère n’avait pu les récupérer que le lendemain matin. Notre maison que nous avons désertée entre temps venait d’être occupée par des militaires animés d’une rare  brutalité. Tous les hommes habitant chez nous avaient été arrêtés et passées à tabac. Un couvre feu avait été instauré dans tout le pays. Le pouvoir central par ses exactions, commençait à perdre son sang froid. Tous les enfants de mon âge et même les plus jeunes avaient dû garder de cette journée-là, le souvenir d’une horreur et d’une répression disproportionnée. Ce fut une véritable haine qui se déchaîna contre tous ceux qui portaient des boubous.

Vers 19 heures, des policiers étaient descendus chez ma tante et avaient entamé une fouille systématique de toute la maison et ont ensuite procédé à l’arrestation de ma mère, du gardien de ma tante et de son fils aîné de 15 ans. Dès leur départ, ma tante Farghalia, qui était une femme émotive, éclata en sanglots. Elle s’était mise en bonne soudanaise à pleurer de toutes ses forces, ajoutant ainsi à ma peur, une angoisse terrible. Personne ne savait ce que mon père était devenu. Ma mère à son tour, venait d’être arrêté sous mes yeux. Mes autres frères et sœurs étaient eux-mêmes dans la nature. J’étais seul avec ma petite sœur yousra qui avait à peine six mois. J’étais perdu entre cette situation traumatisante et les pleurs renouvelés de ma chère tante. Le monde n’arrêtait pas pour moi de continuer à s’effondrer !

Ma mère a été libérée autour de 22 heures. Elle n’avait subit qu’un simple interrogatoire et malgré l’heure tardive pour un enfant de mon âge, j’étais resté éveillé à attendre le sort qui lui était réservé, tout en souhaitant son retour de tous mes forces. Ma mère qui d’ordinaire était aussi émotive que ma tante est resté étonnamment calme  tout au long de cet événement et durant les huit longues années de l’arrestation de mon père .Elle est même revenue étrangement souriante et détendue, car mon père était pour le pouvoir introuvable ce qui signifiait pour nous  qu’il était à l’abri et en sécurité. Ma mère a été conduite à notre domicile  par les policiers et là bas elle a eu les nouvelles de mes frère et sœurs qui était pour leur part en sécurité chez des parents. Au bout de plusieurs heures  les policiers ont quitté notre maison car apparemment notre père ne s’y trouvait pas.

Nous apprîmes le lendemain que notre  père grâce à la complicité de ses parents baguimiens a réussi à traverser le fleuve Chari et a pu se rendre au Cameroun. Mais notre joie fut de courte durée car nous allons apprendre également que mes grands frères Mahamat et Koulamallah  (homonyme de notre grand père mieux connu sous le sobriquet de ABBA) ont été arrêtés et que d’autre part Djibrine Khérallah et Jean Baptiste sont tous les deux blessés et arrêtés dans des conditions difficiles. Il semble que Jean Baptiste l’eût été plus grièvement. Cette information avait été obtenue par ma mère grâce à la confidence d’un agent de police. Je suis à mon tour véritablement choqué par ces  informations concernant mes deux frères et les deux meilleurs amis de mon père. Les enfants Koulamallah, Baptiste et Khérallah avaient été élevés comme des frères et le malheur d’un de nos pères était le malheur de tous.

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Je ne me rappelle plus à quelle heure tardive cette nuit là, j’avais dû enfin aller au lit ; mais ce qui était sûr, ce que je me suis endormi avec ma révolte sourde et j’avais dû me réveiller le lendemain matin avec cette âme de rebelle qui me poursuit encore aujourd’hui.

C’est dans atmosphère tumultueuse de lutte pour la liberté et contre l’injustice et l’arbitraire du régime de Tombalbaye que j’avais grandi en proie sans cesse à un bouillonnement intérieur, une germination sans cesse croissante.

J’aimais profondément mon père  et me reviens sans cesse son sourire complice avec ses enfants, son extrême gentillesse, sa grande disponibilité. Je passais mes après midi à écouter les histoires qu’ils nous racontaient. Il était une source de proverbe africain et ce fut un grand leader politique doté d’un charisme exceptionnel .Mon admiration pour lui n’a jamais cessé.

Je fus bouleversé quand quelques jours après son exil au Cameroun il est arrêté par les autorités camerounaises et extradé au Tchad. Une complicité criminelle du Président camerounais Ahmadou Ahidjo. Cette circonstance n’a fait que m’exacerber. Ma haine pour les dictateurs a commencé certainement en ce moment  là .Je m’étais mis à haïr farouchement les présidents Ahidjo et Tombalbaye car ils symbolisait pour moi tout ce que je déteste le plus au monde : la dictature la plus bête et le despotisme le plus obscur.

Mon frère Koulamallah qui avait à peine 15 ans a été libéré au bout de quinze  jours de prison et mon grand frère Mahamat et les deux enfants de Baptiste et Khérallah René Baptiste et Ghassim Khérallah sont resté plus de quatre années enfermés à la maison d’arrêt de N’Djamena. Leur seul crime : être les enfants de leaders politiques qui livraient un combat démocratique dans le cadre des institutions républicaines. D’ailleurs Tombalbaye a succédé à mon père à  la tête de l’Etat tchadien dans des conditions tout à fait  démocratiques.

Quelques années plus tard, Il instaure le parti unique au mépris des règles démocratiques et la terreur devient son mode de gouvernement.

Toujours est-il que mon père fut contraint à des longues années d’emprisonnement sans un quelconque jugement ou procès et sans que le moindre de ses droits humains ne lui fut reconnu. Ballotté de prison en prison dans la plus grande clandestinité. Isolé et coupé de sa famille, il avait subi les pires humiliations infligeables  à un être humain ; le tout dans des conditions sanitaires  les plus inacceptables et les plus abjects. Cela dura de 1963 à 1971 et de 1972 au coup d’état militaire de 1975. Plusieurs fois, Tombalbaye, au regard des supplices qu’il lui infligeait, crut le faire céder en lui proposant la liberté contre l’allégeance à son pouvoir dictatorial. Mon père avait toujours opposé un refus catégorique à cette transaction de conscience.

Bien que notre père nous manquait terriblement , nous n’avons jamais regretté qu’il ait souvent refusé le marchandage abject de Tombalbaye et tous ses enfants étaient fiers de lui et nous avons grandi avec le mythe d’un homme qui nous paraissait comme exceptionnel et unique.

A partir de ses nombreuses prisons, il écrivait à ma mère presque régulièrement à l’insu du pouvoir et grâce à la solidarité de quelques patriotes qui ont pris d’énormes risques pour leur vie en servant d’intermédiaire.

Au début nous n’avions pas eu de ses nouvelles pendant six mois ; ces longs mois de silence furent insupportables et traumatisants  pour toute la famille à commencer par ma mère. Cette femme extraordinaire avait réussi, en dépit des risques que cela représentait à nouer des contacts avec son cher époux et ce dans tous ses lieux de détention .Cette audace a ruiné la famille car ma mère envoyait beaucoup d’argent à mon père en prison. Libre ou incarcéré, il aimait dépenser de l’argent pour faire plaisir aux autres.

Durant ces années de détention de notre père nous avons bénéficié de la solidarité de beaucoup de tchadiens et aussi de la forte communauté soudanaise installée au Tchad. La chaleur de cette solidarité nous a aidé à

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supporter l’absence d’un père affectueux et toujours disponible. Il était tellement attaché à ses enfants qu’il ne lui ait jamais arrivé de lever la main sur un seul de ses seize enfants.

Et voilà, nous qui étions des privilégiés, nous qui ne manquions de rien, étudiant dans les meilleures écoles et les conditions les plus favorables, nous avons commencé à manquer de tout. Les comptes en banque de notre père furent saisis ainsi que tous nos véhicules.

Et le comble est arrivé quinze jours après le 16 septembre, le lendemain de la rentrée scolaire, Tombalbaye avait donné l’ordre de nous chasser de notre maison, la concession familiale. Cette image avait été terrible pour mes frères et moi. Ce jour là, nous revenions de l’école, des policiers dirigés par un commissaire français nous avaient empêché de regagner notre domicile et nous étions restés dans la rue au milieu d’une foule immense qui regardait en spectateur impuissant le malheur qui frappait la famille de Koulamallah, leader politique, ancien chef de l’Etat.

Nos cartables sous les bras, nous ne comprenions pas cet acharnement. Nous n’avions rien pu sauver, pas même nos habits ni nos meubles. Rien ! La maison a été scellée et elle nous a été rendue que six ans plus tard, en ruine et vidée de tout son contenu qui a été livré au pillage des policiers chargés de la garder. Six ans que les policiers ont gardé notre maison comme une prison mais complètement vidée de ses occupants, nous obligeant à aller louer une concession à Mardjan Daffack loin de Ambassatna, ce quartier que nous aimions tant. Une situation complètement absurde. Nous n’avions plus jamais eu l’occasion d’habiter la maison de notre enfance, celle qui nous avait vu naître.

Cela est resté en moi comme une longue blessure. J’en ai voulu à Tombalbaye au point où j’ai été scandalisé par la réhabilitation dont il a fait l’objet à la conférence nationale souveraine du Tchad même si j’ai été sensible au pardon demandé par son fils Salamon à toutes les victimes du règne de son père. Indirectement, j’en été Une.

J’ai préféré pour ma part à cette même conférence rendre hommage dans mon discours aux hommes qui l’ont combattu : Ibrahim Abatcha, Docteur Abba Siddick Goukouni Weedeye. …. Personne n’a eu une pensée pour les milliers de victimes de son règne sanguinaire.

En 2003, j’écris sur le site Internet de ialtchad.com et de alwihdainfo.com, que s’il faut pardonner on pardonne à tout le monde et s’il faut juger il faut juger tout le monde. Il n’y a aucune raison de poursuivre Hissein Habré et refuser de le faire pour Tombalbaye sous le prétexte qu’il soit mort. La disparition physique d’un leader politique n’efface pas les blessures qu’il a faites et les crimes qu’il a commis. Il ne faut pas que notre mémoire soit sélective.

Toujours est-il qu’il avait fallu un courage olympien à toute la famille  pour surmonter cette période difficile. Notre mère s’est battue comme une tigresse pour que nous puissions continuer nos études primaires à l’école française du rond point, et que nous puissions manger à notre faim et nous vêtir convenablement;

Énormément de personnes me demandent souvent d’où me vient cette passion pour la politique, ces quelques mots qui jaillissent du plus profond de moi-même, leur apporteront, je l’espère, un début de réponse.

ABDERAMAN KOULAMALLAH
Extrait d’un livre à paraître « itinéraire d’un enfant rebelle »
Email: tibestiairways@yahoo.fr
Tel 0033627705472

A suivre….


15/05/2005
La mère de Toumaï parle au président.

Un  crâne aux bourrelets saillants, noirci par le temps et les éléments, émerge de l’hypocauste de Djourab et sourit à Ahounta Djimdoumbalbaye, un jeune tchadien simple et au sourire éclaboussant. C’est en 2001. Ce jeune licencié de l’université de Ndjamena vient de mettre la main sur un trésor antédiluvien qui ne tardera pas à diviser le monde des paléontologues, un monde sans merci où la jalousie et le désir de la célébrité s’acharnent dans un duel obstiné. L’Australopithécus tugenensis découvert  par Brigitte Senut et Martin Pickford en 2000 dans les collines de Tugen, au bord du Lac Baringo (Kenya) et baptisé Orrorin vient d’être supplanté par la trouvaille d’Ahounta dans les ergs de Djourab. Erg de Djourab, un coin si venté que les habitants et les fureteurs de la paléontologie fouissent leurs phallus dans le sable pour uriner! Orrorin, âgé de six (6) millions d’années, cède avec regret son droit d’aînesse à Sahelanthropus tchadensis qui, lui, est âgé de…sept (7) majestueux millions d’années.
La théorie de l’  « East Side story » est de nouveau balayée par le revers du crâne de Djourab, après le bipède du Lac Baringo. Et qui vous dira ce que cette théorie ? Ecoutons alors Yves Coppens, un gourou de la paléontologie, professeur au collège de France, conseiller scientifique de la célèbre série télévisée : Odyssée de l’espèce et c’est aussi l’homme qui dirigea le laboratoire de paléontologie  au musée de l’Homme : « à la suite d’un changement climatique, il y a environ  4 millions d’années, les territoires à l’Est du Rift deviennent plus chauds et plus secs. Les grands arbres laissent la place aux graminées. Pour échapper aux prédateurs, l’hominidé se redresse, scrute l’horizon au-dessus des herbes. La position debout lui permet de courir en cas de danger. Bientôt ils s’organisent en tribus, un début de société. L’humain n’a pas pu apparaître dans la forêt. Il est typiquement un mammifère de savane. » Rappelons aussi que cet éminent paléontologue, auteur de cette assertion, fut célèbre grâce à Lucy, un hominidé découvert en 1974 par le Français Maurice Taieb et l’anglo-saxon  Donald Johanson dans la vallée éthiopienne de l’Hadar. C’est un squelette presque entier d’une petit femelle baptisé par Tim White Australopthécus afarensis. Avec son âge de 3,5 millions d’années et sa découverte en Afrique de l’Est, Lucy  renforça et rendit célèbre la théorie de l’ « East Side Story» qui sera hélas catapultée, centrifugée et décapitée par la découverte du crâne informe de la terre des « nomades noirs du Sahara », l’erg de Djourab au paysage lunaire. Ceux qui ont écrit des tonnes de livres et des kilomètres de films sur cette aventureuse théorie ont du mal à accepter Toumaï comme un ancêtre de l’homme et le Tchad comme un berceau de l’humanité. Selon cette théorie donc, l’hominidé est né à l’Est du Rift Valley qui est une série des faussées d’effondrement  depuis la Vallée de Jourdain jusqu’au cours inférieur du Zambèze.
La découverte de Toumaï par la modeste équipe mise sur pied par le  professeur Michel Brunet, rat fouisseur de la paléontologie en Afrique centrale, est une vérité venue sous forme d’un tremblement de terre ou d’un tsunami. C’est une vérité difficile à avaler pour les ardus de la paléontologie à l’Est du Rift Valley.
En attendant que les savants de la paléontologie se guerroient ou se mangent les nez, que peut attendre le Tchad de cette grande découverte qui passe inaperçue aux yeux de la grande majorité des tchadiens analphabètes ? Quel sort réservé au site de la découverte ? Il suffit-il de baptiser toute co