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Le Tchad, le peuple, la Nation, la République sont
des réalités en désuétudes, on se cache plus pour placer haut sa
personne, sa famille, sa région, sa religion, son appartenance
ethnique. C’est une des pensés les mieux partagées par les
tchadiens, on ne peut y échapper aujourd’hui parce qu’il appartient
aux AUTRES de nous qualifier. Ainsi, il y a une situation grave
dans ce pays. Quand a commencé cette situation ? Tout tchadien a
plus qu’une idée, il a une foi. Pour certains c’est avec la
Constitution de 1962, pour d’autres avec le coup d’Etat de 1975 ou
encore avec la guerre civile de 1979, avec les FAN 1982, avec le MPS
1990. Pas de volontaire pour la guillotine, ici il n’y a pas une,
mais des vérités, le scientifique et la raison sont indéfiniment
discutés. Chaque ethnie, tribut ou région à son sorcier. Pour chacun
c’est les AUTRES, les arabes, les goranes, les ouaddaeins, les
nordiste, les sudistes, les habreistes, les itno, les zakhawa, la
France, la Libye, les soudanais et j’en passe. Les AUTRES, pas NOUS.
Tous, non coupables ? Que Satan soit lapidé !
Pourtant on se doit de comprendre quelque chose. La question
tchadienne est tout autre chose sauf des écritures d’opinions
antinomiques. Les opinions contradictoires constituent un éventail
des négations inter tchadien, au-delà, elles contribuent à rendre la
question plus complexe. La désastreuse situation du Tchad peut
trouver ses origines aussi loin dans les expressions colonialistes
d’André Malraux proclamant l’indépendance du Tchad, mais elle serait
aujourd’hui entretenue par le manque de courage.
Bientôt dix neuf ans au pouvoir, même si tout n’a pas commencé en
1990, le régime en place ne peut nier sa responsabilité. Ce régime devrait se
sonder en interrogeant son bilan. Quoiqu’on puisse discourir sur
les origines de notre triste sort, aujourd’hui c’est plutôt
l’absence d’une véritable démocratie et particulièrement la
décrépitude économique et sociale du pays qui sont les causes de
l’instabilité endémique du pays. C’est dans ces fondements que les
mouvements rebelles et autres oppositions politiques harponnent
légitimités et prétextes.
Sur le plan économique, la Somalie, pays en guerre civile depuis
près de deux décennies n’a pas à nous envier. Le pétrole exploité
depuis 2003 n’a rien apporté de concret. La corruption et les
détournements sont troublants. Le pays reste pauvre parmi les pays
les plus pauvres. Jusqu’à quand veut-on couver ce non-sens ?
Courage, c’est tout ce qu’il faut pour dire qu’il s’agit d’un pays
le Tchad, et non d’un bazar privé.
Constitués essentiellement des architectes d’hier, ceux de ce même
système en place, il faut le
dire, les mouvements armés sont mal partis. Il est impossible ou
presque de greffer des bonnes
causes sur du vent et en faire une pitance comestible. Beaucoup
d’entre eux ont eu la chance, le temps et
la responsabilité nécessaire pour montrer qu’ils aiment le Tchad,
mais ils ont fait le contraire. Ce
qu’ils trouvent injuste aujourd’hui est bien leur irresponsable
toile. Sans vision, sans leader
crédible, la prétention que la rébellion armée sera un orchestre
national est à démontrer. Le plausible est une désolante continuité
parce que le pouvoir par les armes n’est absolument pas différent de
ce que les tchadiens vivent depuis le coup d’Etat institutionnel de
1962. Le courage, c’est tout ce qu’il faut pour condamner avec le
défunt Ibni Oumar Mahamat Saleh « la prise de pouvoir par les armes
et » son inévitable « confiscation par les armes.»
Aussi, s’ajoute des personnes ne trouvant pas autre vocation que
celle d’attiser la haine et d’appeler à la mort d’autres tchadiens
pour leurs mesquins intérêts. Désinformations, injures, viles
propagandes, diffamations, étalage de vies privés et le tout contre
des tchadiens comme eux. Femmes et enfants ne sont pas épargnés.
Est-ce cela traiter de l’information ? Des blogs, des images, des
vidéos aux relents de la Radio Télévision Libre des Mille Collines
rwandaise pour évangéliser la haine et la mort. Qu’on se le dise,
prendre les armes et aller mourir à l’Est n’est pas le propre à une
communauté, d’ailleurs à aucun individu. La conviction pour un
changement par la violence restera inachevée si elle se limite à des
ridicules et haineux clavardages. Sans la vérité, toute
détermination demeurera dérisoire. Du courage, et on verra qu’on
n’est pas entrain de servir le Tchad.
Un pays, un Etat de droit, sont les aspirations des tchadiens. Cela
ne peut pas se réaliser tant qu’on n’aura pas le courage de dire que
la victoire militaire des tchadiens sur des tchadiens ne sera jamais
la libération. Cette dernière entretiendra au contraire le cycle de
la barbarie, le cycle de cette même dictature qu’on voulait
initialement résister. Ourdir le mal sous toutes ses formes contre
ses concitoyens qui ne penseraient pas comme nous ou qui
n’appartiendraient pas à notre famille est en soi une vision sans
éclairage, de la stupidité. Pour sortir le Tchad du bois, il faut
une lutte contre tous les vices qui nous minent et d’où qu’ils
viennent. On ne peut dissocier la lutte contre ces muezzins de la
haine et des opportunistes convertis en rédempteurs, de la lutte
contre la dictature. C’est le cycle de l’impasse qu’il faut contenir
par un changement pour tous et non un changement aux effluves
partisans. Du courage pour refuser l’aliénation partisane. Rien que
du courage pour s'accepter mutuellement afin d’avoir les coudées
franches pour sauver le Tchad.
Courage n’est ce pas ?
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