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Regard sur l' économie |
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Regard
sur l'économie...
«
STEE,
patrimoine bradé
»
Lona
Ouaidou Ramadan
Article
paru le 10 janvier 2005 sur Ialtchad
Presse. |
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«
STEE,
patrimoine bradé
»
« Le
monde est maintenant dirigé par un casino financier mondial. Des
banquiers anonymes et de spéculateurs en fonds de placement en sont les
maîtres. C’est une machine qui fonctionne dans le secret. Chaque
jour, deux billions de dollars s’échangent à travers globe.
L’objectif : le profit rapide avec comme conséquence la
turbulence des marchés boursiers. Ces nouveaux maîtres détruisent les
économies des nations. Ils achètent et vendent des sociétés et
utilisent des dirigeants politiques pour servir leurs intérêts »
affirme DAVID KORTEN
Depuis
que la Banque Mondiale a ouvert la voie aux ajustements structurels pour réduire la dette et consolider l’économie
des pays africains. Ces derniers ont payé cher leur adhésion à cette
stratégie. Le Tchad n’a pas échappé. Prenons l’exemple de la
fameuse STEE (Société tchadienne d’Eau et d’Électricité).
Société
anonyme d’économie mixte, la STEE traverse une crise particulière.
Elle subit la pression des grands lobbies de la mondialisation économique.
Pire, elle est d’une part la vache à lait du gouvernement et
d’autre part le nid des bons de commandes. Malgré tous les efforts de
partenariat et de la privatisation, elle est jusqu'à présent incapable
d’assurer à sa clientèle un bon service. Tout en continuant à
facturer sa clientèle, le plein tarif.
Le
gouvernement tchadien a cédé à la pression de la Banque Mondiale et
du Fonds Monétaire International, en remettant cette société aux
mains des Barrons de l’eau. Reconnu dans le monde des affaires comme
l’une des plus grandes transnationales en matières de l’eau,
Vivendi et son dauphin Suez possèdent ou contrôlent les compagnies
d’eau dans plus de 120 pays, sur cinq continents.
C’est
Vivendi que le gouvernement tchadien a choisi comme partenaire lors de
la cette privatisation. Cette société a exigé du
gouvernement tchadien qu’il déréglemente, éliminent les obstacles
à l’investissement. En un mot d’abandonner le contrôle de ce secteur. Le gouvernement tchadien a fait preuve d’une
maladresse en acceptant cette transaction nébuleuse. Vivendi est
aujourd’hui dans le rouge. Elle est incapable de respecter ses
engagements d’investissements. Résultat : des milliers d’abonnés
sont privés d’eaux et électricité pendant des jours.
Ce
manque d’approvisionnement en eau a eu comme conséquence
l’apparition des maladies telles que le choléra, la déshydratation
et la dysenterie. L’incapacité du gouvernement à reprendre en main
la gestion des services d’eau et d’électricité, permet à cet
transnationale d’imposer ses intérêts au gouvernement.
Le problème d’accessibilité à l’eau potable et à l’électricité
au Tchad est alarmant. Aujourd’hui on consomme dans le monde sept fois
plus de l’eau qu’au 19e siècle. La population
tchadienne, elle, paie en moyenne 12 fois plus cher le litre d’eau que
les autres populations de la terre. Des robinets sont déconnectés
parce qu’un nombre croissant des familles tchadiennes n’arrivent
plus à payer leurs factures. Leur seule alternative est de
s’approvisionner dans des sources d’eau non potable. Et bonjour les
maladies de toutes sortes.
Un
des responsables de cette situation est la Banque Mondiale (BM) avec sa
politique de recouvrement des coûts. La BM exige comme condition
indispensable, l’octroie de nouveaux prêts, la privatisation du
secteur lié à l’eau et à l’électricité. Dans la majorité des
cas, cela se fait au détriment des intérêts des pays en voie de développement.
Il
serait souhaitable que le gouvernement et le conseil économique et
social prennent leurs
responsabilités. La liquidation de ces institutions publiques, voire le quasi-bradage des sociétés parapubliques à des sociétés étrangères, doit
faire l’objet des débats publics.
La
privatisation de l’eau est immorale. Car l’eau n’est pas une
marchandise. C’est un Bien commun d'importance majeure. Il représente
la vie. Toute question concernant cette ressource doit faire l’objet
d’un débat public. Les compagnies sont motivées par le gain des
profits à tout prix. Alors que l’eau comme ressource naturelle doit
être au service du Bien-Être des populations. Et non pas céder au
monde des affaires. Le gouvernement tchadien doit renoncer à la
privatisation de ce secteur stratégique pour l’intérêt national.
Lona
Ouaidou, Ramadan
Ialtchad
Presse
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