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Regard sur l' économie |
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Regard
sur l'économie...
«
CHÔMAGE : y a-t-il une réelle politique
d’emploi au Tchad ? »
Lona
Ouaidou Ramadan
Article
paru le 25 février 2004
- Ialtchad
Presse |
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«
CHÔMAGE : y a-t-il une réelle politique d’emploi au Tchad ? »
« Le
capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu
exister si le travail n’avait tout d’abord existé. » Abraham
Lincoln.
Grande préoccupation
pour l’ensemble de la population tchadienne, le travail a toujours
constitué un enjeu vital, voire une nécessité omniprésente dans
notre vie quotidienne. En plus de favoriser l’épanouissement humain,
le travail est le symbole de la dignité. Une valeur qui sous-tend et
maintien les liens sociaux. Malheureusement, nos dirigeants ne
l’entendent pas de cette oreille.
Mais qu’en est-il
exactement de la situation de l’emploi au Tchad ? Existe-t-il réellement
une politique d’emploi au Tchad ? Si oui, ces politiques sont-elles
efficaces ?
D’abord, il
faut observer le résultat du travail de la population tchadienne par le
biais du produit intérieur brut (PIB) pour s’en apercevoir que notre
État ne gère pas vraiment le système d’emploi en tant que tel.
D’une part, selon RGPE (recensement général de la population électorale)
de 1993, le le taux de chômage atteint les 36%, le PIB en valeur
nominale (2001) équivaudrait à 1089 milliards de F CFA. Le PIB par tête
(1000 F CFA) 142 mille et le revenu par habitant, 126 mille. Ces données
moins compliquées à analyser nous amènent à voir que le non-emploi,
le sous-emploi, l’emploi atypique sont la cause essentielle de la
mauvaise situation économique, politique et sociale que nous
connaissons.
D’autre part, le chômage, la précarité des emplois et
l’augmentation considérable de la population non active exige de nous
à nous poser cette question : il y a une réelle politique
d’emploi au Tchad ?
En effet, la politique d’emploi qui existe aujourd’hui est
obsolète et inefficace à en juger les données statistiques. De
plus, les bouleversements socio-politiques que connaît notre pays sont
à n’en point douter un des signes de la fragilité et de l’inadéquation
de la politique actuelle. La conjecture économique peu favorable vient
compliquer davantage la création des entreprises et par voie de conséquence,
des emplois. Alors que
faut-il faire dans ces conditions ? Il est urgent que le gouvernement
prenne ses responsabilités.
Le président de
la République en s’adressant à la nation lors du traditionnel
message du nouvel an, a placé l’année 2004 sous le signe de
l’espoir et du travail.
Par ce discours
d’espoir doit-on entendre qu’enfin le Tchad mette des moyens pour
palier à l’infrastructure économique? Doit-on penser que le
gouvernement tchadien va se pencher sérieusement sur les effets que
l’ajustement structurel a causés en ce qui
a trait à l’emploi ? Peut-être que l’avenir va mieux nous
éclairer sur ces interrogations.
Toutefois, malgré la présence des grands travaux à haute intensité
de main œuvre, force est de constater que le taux de chômage reste élevé
et la main d’œuvre demeure quelquefois sous exploitée à cause des
mauvais choix politiques et de la jungle qui sévit sur le marché du
travail où les entreprises les plus opportunistes règnent sans lois et
sans scrupules, laissant ainsi les travailleurs dans l’appauvrissement
continuel. Et même s’il y a un besoin de main d’œuvre dans
certains secteurs, il n’existe pas une vraie politique capable de créer
des emplois stables et durables.
Même avec le projet pétrole qui, à notre sens est l’un des projets
les plus importants de la sous région en terme de revenus et de création
d’emplois, on est en droit de se demander si les « pressions
globales » cautionnées par certains dirigeants politiques
nationaux ne vont pas saboter la pérennité des milliers d’emplois au
détriment de leurs intérêts mercantilistes. N’ayons pas peur de le
dire, l’entreprise privée n’est pas là pour aider les pauvres
travailleurs. Au contraire, les compagnies privées
ne sont soumises à aucune réglementation tendant à palier au
chômage. À cela s’ajoute le manque de stratégie efficace, de volonté
et de détermination de nos autorités à créer non seulement des conditions favorables aux
investissements nationaux et étrangers, mais aussi inciter les
compagnies à embaucher plus du monde en absorbant par exemple le tiers
des charges sociales des entreprises.
Mais d’autre part ce n’est pas de la faute des entreprises privées,
elles sont confrontées
aussi à d’énormes difficultés. Parmi celles-ci, on peut noter entre
autres l’insécurité, les coupures permanentes d’électricité, les
tarifs très élevés d’électricité
que les entreprises ont l’impression de travailler que pour payer les
charges d’exploitation et les coûts de main d’œuvre. Les tarifs
douaniers très élevés (protectionnisme insensé), l’absence de
politique stimulante freine l’action des entreprises à embaucher la
main d’œuvre. Cela est valable surtout pour les PME, car les grosses
multinationales peuvent dans certains cas s’en passer du travail
humain à cause de la technologie (la robotisation).
Bref, le chômage résulte d’abord d’un choix politique. La
lutte contre le chômage n’est pas une chose facile certes, mais avec
une certaine volonté et détermination des pouvoirs publics, on peut
endiguer le phénomène. Pour ce faire, nous estimons qu’il faudrait
d’abord recenser les causes du chômage, car ce qui manque ce n’est
pas le travail, mais l’emploi. Il faudrait aussi se demander si le
gouvernement tchadien maintient le chômage pour avoir
à payer des salaires plus bas? Stratégie politique? Mais la
vision du partage de la richesse nationale oblige que le gouvernement
place la lutte contre le chômage parmi ses priorités.
La question du chômage n’étant pas fondamentalement économique, il
faut voir la question sous d’autres angles. Ainsi, il faudra également
s’engager dans la lutte contre les inégalités sociales, contre les
injustices, contrôler les mouvements de capitaux, les paradis fiscaux.
Pour y arriver, une véritable politique de l’éthique sociale
s’impose. Autre démarche possible et non la moindre, c’est de contrôler
si ce n’est arrêter l’hémorragie de la privatisation des secteurs
clés tels que la société d’eau et d’électricité, les télécommunications,
etc. Enfin, les nombreuses mutations que connaît l’organisation du
travail nécessitent une réelle adaptation des politiques de plein
emploi. Le marché du travail va en dépendre énormément. Il sera donc
judicieux de mettre sur pied des vraies lois du travail pour
l’ensemble des opérateurs économiques et particulièrement des
grosses entreprises privées.
Lona
Ouaidou, Ramadan
Ialtchad
Presse
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