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Dossier
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Dossier
Héritage
politique de Fronçois NgartaTombalbaye et les origines de la
crise institutionnelle permanente
Par
Enoch Djondang - Article
paru le
11 juin 2008 -
Ialtchad
Presse |
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Héritage
politique de François N'gartaTombalbaye et les origines
de la
crise institutionnelle permanente.
Par
Enoch Djondang |
L’éditorialiste
du pouvoir MPS M. Djonabaye Dieudonné dit Bendjo, ex-porte parole
du journal N’Djaména Bi-hebdo et de la Ligue Tchadienne des
Droits de l’Homme (LTDH), avait réalisé un reportage très intéressant
diffusé à
la Télé- Tchad
, avec des images d’époque montrant feu le président François
N’garta Tombalbaye dans sa croisade contre le Soudan du général
Djafar El-Nimayri en 1965. L’objectif
déclaré était d’établir
un parallélisme quasi- absolu entre les déclarations et le combat
« natio- naliste » de Tombalbaye
d’avec
celui du général
Idriss Deby Itno (IDI)
qui serait, selon
le réalisateur, l’héritier spirituel du premier président.
Nous
n’allons pas nous intéresser à cet aspect de la question ; nous
saisissons la balle au bond pour faire plutôt une analyse historique
sommaire, surtout à l’attention des jeunes tchadiens qui ne disposent
d’aucun repère pour connaître la vraie histoire de leur pays.
A l’origine
Qu’est-ce qui avait amené Tombalbaye à s’attaquer au Soudan en
1965 ? Pour mieux le comprendre, il faut revenir au contexte de
l’époque. Cette année-là, le premier mouvement armé contre le
pouvoir central de Fort-Lamy venait de se créer au Soudan, en
l’occurrence le FLT de Mahamat Ahmat Moussa.
Un autre groupe, le FROLINAT (Front de libération nationale du Tchad),
celui qui allait bouleverser le destin de ce pays, était en gestation
et sera créé l’année suivante à Nyala, toujours au Soudan. Donc,
à l’origine du conflit tchado soudanais, il y eu le rôle majeur du
grand voisin dans la formation de la contestation armée contre un
pouvoir X installé à N’Djaména. Le Soudan était sous la forte
influence du régime nationaliste pan arabiste de Gamal Nasser en Egypte.
L’idéologie dominante était la lutte contre l’impérialisme
occidental qui chercherait à détruire l’identité culturelle et
religieuse du monde arabo- musulman. Tous les mouvements de contestation
armée qui verront le jour ici et là reprendront à leur compte cette
idéologie comme base de leur programme politique. Les mouvements armés
tchadiens ne seront pas du reste.
C’était le prix du soutien des pays arabes !
Les causes
Ce que ne disait pas Tombalbaye, c’est sa propre responsabilité
dans la tournure des évènements. En effet, Tombalbaye
une fois au pouvoir à la faveur de l’Indépendance, se soucia plus de
la conservation de son fauteuil et fit les mauvais choix politiques qui
lui coûteront finalement la vie. En 1962, il imposa une révision
constitutionnelle renforçant ses prérogatives et imposa le parti
unique pour couper l’herbe sous les pieds de ses adversaires, à l’époque
presque tous originaires du « grand Nord » (Koulamallah,
Abbo Nassour, etc.). La démocratie parlementaire fructueuse de 1946 fut
abolie au profit de la dictature et du pouvoir personnel. Ce qui déboucha
sur la première révolte populaire du 16 septembre 1963 à Fort-Lamy
(Quartier Mardjane Daffeck et consorts) réprimée dans le sang par la
toute jeune armée tchadienne encadrée par des officiers français.
Les soutiens extérieurs
Tombalbaye s’appuya sur le
soutien de
la Françafrique
et de
la Légion
étrangère française pour nourrir son arrogance politique et son
penchant pour l’exclusion. Ses opposants, qui ne pouvaient pas se
renier en ralliant le parti unique PPT RDA, préférèrent jouer sur
l’opportunité du soutien arabe via le Soudan, pour organiser leur réplique
à cette dictature. La géopolitique régionale leur allait être
favorable, car avec le boom pétrolier des années 70, les pays arabes
allaient disposer de grands moyens de pression sur l’Occident pour
imposer leur volonté hégémonique sur l’Afrique subsaharienne. Dès
lors, nos deux grands voisins du
Nord et de l’Est prendront de l’ascendance sur la quasi-totalité
des élites dites « nordistes » du Tchad, devenant les
parrains incontournables de leur marche progressive vers le pouvoir.
Tombalbaye désabusé se retournera contre le Sud à qui il imposera,
sous couvert d’initiation ‘Yondo’
chez les Saras d’une part et en lançant la périlleuse et brutale
« opération 750 tonnes de coton » au village de Kalgoua de
l’autre, un climat insupportable d’oppression des fonctionnaires, de
délation et d’incarcérations de dignitaires militaires soupçonnés
de prendre conscience de l’état déliquescent du régime, (le mythe
de ‘Moabaye planton au ministère du plan’).
La trahison et la mort clôtureront son épopée politique.
Les premières illusions de victoire
Cependant, le FROLINAT ne connaîtra sa véritable apogée qu’après
Tombalbaye. Pourquoi ? Parce que l’ancien président était un
homme intelligent et rusé. Après avoir utilisé
la Légion
française pour affaiblir les foyers rebelles du Centre- Est entre
1968-1970 (Le fondateur Ibrahim Abatcha a été capturé, tué et décapité
vers Am Timan, sa tête exposée au bâtiment de l’actuel Ministère
des Relations Extérieures), Tombalbaye
se tourna brusquement vers les pays arabes, rompit avec Israël, libéra
et réhabilita ses opposants « nordistes » devenus ses plus
farouches partisans. Des transfuges du FROLINAT furent récompensés
avec des postes sensibles dans l’appareil d’Etat. Tombalbaye
s’allia les faveurs de certaines chefferies puissantes du grand Nord,
tel que Iriba ou des tribus hostiles au FROLINAT en l’occurrence les
arabes Missiriés de feu Acyl Ahmat, qui lui prêteront main forte
jusqu’à sa chute et sa mort. Ces manœuvres mirent un temps en
difficulté les groupes rebelles du FROLINAT.
Le tournant
Après avoir joué pour Tombalbaye, un personnage obscur allait
marquer une rupture dans les plans machiavéliques de celui-ci. Il
s’agit de Hissène Habré (HH). Initialement « infiltré »,
semble-t-il par Tombalbaye et les services secrets français dans la rébellion
pour la contrôler de l’intérieur, HH allait vite trouver ses propres
marques, ayant constaté le vide intellectuel et idéologique qui prévalait
au sein de ladite rébellion. Favorablement accueilli par Goukouni
Oueddeï et placé à la tête de la 2e armée basée au
Tibesti, HH allait organiser le rapt des européens dont Mme Françoise
Claustre en 1972 à Bardaï. La rébellion du FROLINAT allait bénéficier
durablement du coup médiatique de cette affaire « terroriste »
de prise d’otage. Tombalbaye échouera aux portes de Bardaï. Sa
volte-face anti-française (opération authenticité, campagne contre
« Dopelé » Foccart)
lui coûtera la vie des mains des membres de sa propre armée et non pas
du FROLINAT son ennemi juré !
L’incompétence des successeurs
Arrive au pouvoir, le 13 avril 1975, le Conseil Supérieur Militaire
(CSM), pratiquement le régime le plus médiocre qu’a connu le pays.
Les officiers de Tombalbaye, mal préparé à la gestion du pays et
manquant de culture politique, allaient précipiter l’Etat dans la déchéance
irrésistible. Le général Félix Malloum, chef de l’Etat, se trouva
bien seul à croire en sa « politique de réconciliation nationale »
avec la rébellion du FROLINAT, la fameuse politique de « la main
tendue ». Dans son entourage militaire, deux tendances opposées :
les partisans de la force autour de Kamougué d’un côté et de
l’autre ceux de la neutralité de l’armée avec feu général Djogo.
Très vite, les incohérences des militaires donnèrent le change aux
deux grands groupes du FROLINAT issus de la scission
de 1976 entre HH (CCFAN) et Goukouni Oueddeï (FAP) de se réorganiser,
de s’équiper d’armements modernes et de menacer directement la
capitale N’Djaména. La spécificité arabe blanche vaudra la création
du Conseil Démocratique et Révolutionnaire (CDR) de Acyl Ahmat,
souvent considéré à tort ou à raison comme la marque de l’invasion
arabe et islamiste sur le Tchad.
La fin d’un système de gouvernance
Avec la chute de la prestigieuse garnison de Faya Largeau en février
1978, la plupart des cadres civils et militaires « nordistes »
furent convaincus que le pouvoir « sudiste » vacillant de
Malloum ne se relèverait plus jamais et que la route de N’Djaména était
désormais ouverte. C’est alors qu’interviendra la lutte des tendances dites « politico-militaires »
pour la conquête du pouvoir par les armes dans le jeu politique
tchadien. Le premier qui s’installe aux bords du Chari devra
s’imposer aux autres, telle sera jusqu’à ce jour la règle cynique
de l’alternance, après le coup de force institutionnel fait par
Tombalbaye ! La défaite de Faya Largeau, qui démontra
l’irresponsabilité des membres du CSM accrochés aux délices du
pouvoir à N’Djaména, causera le basculement de la grande majorité
des « sudistes » dans la tendance radicale « anti-nordiste
FROLINAT », civils et militaires compris. Désormais,
le mot d’ordre politique des « sudistes » sera jusqu’à
ce jour «
La Survie
» à tout prix. Sans entrer dans trop de détails connus ou
volontairement occultés, on retiendra simplement qu’après avoir
perdu pied à N’Djaména (le pouvoir central), les « sudistes »
tenteront l’expérience de l’autonomie dans un premier temps avec
Kamougué sous le Comité permanent pendant 3 années au Sud (« Zone
méridionale »). Cette expérience finira en queue de scorpion à
cause des divergences inter-sudistes ravivées : une partie de
l’ex-armée nationale tombée dans le piège de la défense du
« terroir d’origine » de la majorité des soldats « sudistes »
et devenue simple tendance, se rallia à HH et mis fin à l’aventure
du Comité permanent.
Cependant,
la propension à la résistance « sudiste » ressuscitera une
première fois sous HH avec les groupes Codos, sans réussir l’unité
idéologique des « sudistes ». Puis, sous le régime actuel
avec les groupes de Ketté Moïse et Laoukein Bardé, disparus. Il
parait évident que les « sudistes » ont bien abandonné
l’option de la lutte armée qui ne leur a pas réussi, en comparaison
avec les mécontents du grand Nord. Aujourd’hui, certains « sudistes »
attendraient comme des sujets hébétés l’avènement d’un Tchad
unitaire, laïc, républicain (égalité des citoyens) et démocratique
(Accord du 13 août 08 ?), qu’ils croient que d’autres, confusément
« les rebelles », « les français » ou autres
qui prennent des risques, accepteraient de le leur gratifier généreusement ?
Le nœud du problème
La grande leçon à tirer du règne chaotique du CSM étant que la
résolution du problème tchadien dépend du contenu qu’on lui donne
et de la capacité des hommes à s’assumer. Le CSM a perdu pour
avoir marginalisé les forces vives du Nord, les cercles d’influences
ethniques et religieuses, le recrutement et le bon traitement des
« nordistes » dans l’armée. Malgré la valeur militaire
incontestable et la bravoure de nombre d’officiers et soldats « sudistes »
de l’époque, ils seront pris au piège dans une guerre qui n’était
plus celle d’une armée nationale mais des fractions tribales, régionales,
religieuses. Ils ne pouvaient plus tenir sur un terrain hostile avec des
populations réclamant leur départ et ne reconnaissant plus le pouvoir
vacillant qu’ils défendaient. Aux « sudistes » d’en
faire le bilan aujourd’hui !
Le recours
Pour revenir au Soudan, ce pays continuera à jouer un rôle
grandissant dans le placement des chefs de guerre à la tête du Tchad,
en l’absence d’une vision commune de l’Etat et de la république défendue
par nos élites. Le Soudan
n’est que le cheval de Troie d’un faisceau de puissances étrangères
qui décident du sort des tchadiens restés immatures politiquement.
Ce sont toujours des tchadiens qui vont, comme en 1965, demander
l’aide soudanaise pour venir détruire leur pays, en tentant de
s’emparer du pouvoir. Au contraire d’un autre voisin puissant du
Nord qui avait un véritable conflit frontalier avec le Tchad, le Soudan
attend patiemment d’être sollicité sans se fatiguer. A qui la faute ?
Leçons
Il est de la responsabilité des compatriotes qui ont souvent flirté
avec le Soudan depuis ces lointaines années, de faire le bilan de leurs
gains, par rapport à tout ce que le pays a perdu et continue de perdre
encore à cause d’eux. La
vision rétrograde de l’Etat butin de guerre et vache à lait, la
stratification de la société selon une logique pro esclavagiste, la
violence qui fonde le droit et la tribu qui doit dominer sur l’Etat,
qu’est-ce qu’ils ont apporté de « révolutionnaire » et
qui pourrait être retenu comme tel tant par les tchadiens avertis que
par les historiens ? Personne n’assumera cette responsabilité
à leur place devant l’Histoire. Il est vrai que les luttes dites de
« libération nationale » en Afrique et ailleurs se sont
appuyé sur le soutien transfrontalier pour gagner. Cependant il
n’y pas d’exemples, à notre connaissance, aboutissant à l’aliénation
de l’identité et de la souveraineté d’un pays, comme ce fut le cas
chez nous.
En résumé, l’héritage politique de Tombalbaye n’est pas étranger
aux tentations qui détournent l’esprit des pseudo révolutionnaires
une fois au pouvoir. Un, que se serait-il passé si Tombalbaye n’avait
pas changé la florissante démocratie parlementaire des années 46-60
par le système de la pensée unique et le culte de la personnalité
pour assouvir sa soif de pouvoir personnel ? Deux, voyons un seul
instant la liste des évènements lugubres de notre sombre passé qui
n’auraient peut-être pas eu lieu : révolte et répression
urbaine du 16 septembre 1963, disparition des hommes politiques tels que
Jean Baptiste, Silas Sélengar et d’autres en prison sous la torture
(prémices de
la DDS
), révolte de Mangalmé 1965, coup d’Etat militaire du 13 avril 1975,
etc., etc. Trois, y aurait-il eu le phénomène de la rébellion armée
et de tous les cauchemars qu’il ne cesse d’infliger aux tchadiens ?
Quatre, Tombalbaye aurait-il été tué par sa propre armée fatiguée
de poursuivre un « ennemi intérieur » perpétuellement
reconvertible ?
Gains
et pertes
Tombalbaye avait bien géré la république, avec un petit budget
d’une dizaine de milliards CFA, une gendarmerie de 1500 hommes mal équipés
mais formés, disciplinés et déterminés, une administration
territoriale tenue avec prudence par des cadres dont le niveau dépassait
rarement le Bac mais qui se souciaient de
la Loi
, etc. Ce qui l’a perdu,
c’est son obstruction à la démocratie qui l’avait pourtant amené
au pouvoir, la soif du pouvoir personnel, éternel. La majorité des
Saras Madjingaye
n’avaient pas connu physiquement Tombalbaye durant son règne, mais
eux et les autres « sudistes » paieront chèrement et
injustement pour lui jusqu’à ce jour, même les faits imaginaires
inventés pour recruter et motiver plus de combattants contre son régime !
Erreurs fatales
Tombalbaye a voulu torpiller la règle du suffrage universel et du
pluralisme démocratique, dans un pays complexe, pour être toujours
« l’homme providentiel » ou « l’ombre du manguier »
selon des griots de l’époque. Tous ses efforts et ses succès éphémères
ont favorisé sa déchéance dans la folie du pouvoir, sa chute et sa
mort violente. Son ami El Hadj Ahidjo du Cameroun fut plus sage en
partant à temps : son pays tient encore debout et continue
d’attirer les responsables tchadiens qui veulent « décompresser »
le week-end !
Conséquences
En plus du conflit graduel Nord-Sud, Tombalbaye avait laissé faire
son entourage tribalisé qu’il voulait transformer en cour royale haïtienne.
Résultats : en 1978, au plus fort de la débâcle de l’armée
majoritaire « sudiste » au grand Nord, des émeutes éclatèrent
au Mayo Kebbi, contre l’hégémonie politique des Saras, les supposés
« parents » naturels de Tombalbaye. Cette blessure sud-sud
continue encore à entretenir des rancunes entre « sudistes »
à l’esprit primitif, se traduisant par des coups bas et des incompréhensions
systématiques à tout bout de chemin, pour leur grand malheur ! Si
les élites du grand Nord seraient en train de vivre tragiquement le
revers de la médaille du FROLINAT, leurs compatriotes « sudistes »
ont baissé les bras depuis longtemps. Les leaders publiques « sudistes »
sont restés handicapés par leur réflexe unique de survie et
l’indifférence quasi volontaire envers la situation chaotique généralisée
dans le grand Nord, telle une cynique revanche. Comme si personne ne
devrait franchir le vrai faux mûr Nord-Sud qui est déjà pourtant tombé
de lui-même, faute d’arguments, sous le coup des évènements
contradictoires !
Le chant du cygne
Si aujourd’hui la classe politique crie à l’unisson que la
solution passe par la mise en œuvre de l’Accord du 13 août 08,
a-t-elle tiré les bonnes leçons depuis Tombalbaye, quand on sait que
les leaders de cette époque s’accrochent encore au perchoir sans rien
apporter de nouveau ? Qui est réellement pour le triomphe du
suffrage universel : un bulletin = une voix = un (e) citoyen ayant
réellement qualité pour voter ? Qui est prêt à abandonner les
armes, par amour pour son pays et à se plier aux règles communes dans
tous les domaines? Pourquoi depuis plus de vingt ans, en matière pénale
et criminelle, on consacre deux catégories de tchadiens irréconciliables :
d’un côté les gens de la dia au-delà du 16e parallèle
et de l’autre l’écrasante majorité des ethnies préférant
l’entente et la conciliation entre elles ? Quand un jour le
pouvoir inévitablement changerait de pôle socio idéologique, quelle
sera la coutume qui sera imposée ? etc.
Et demain ?
Quand on sait ce qui se passe au Darfour, après avoir été pratiqué
plus de 2O ans dans le Sud Soudan, quand on se réfère aux modes préconisés
par ceux qui préfèrent le chemin de Rabah pour arriver au pouvoir et
s’y maintenir en pratiquant la cruauté légendaire de ce dernier, on
est encore loin de trouver une élite affranchie pour écourter les maux
et fléaux importés au pays des Sao et de Toumaï. L’Harmattan
souffle toute l’année du Nord-Est au Sud-Ouest et assèche tout sur
son passage. Quand les Toyota ayant remplacé les chevaux de Rabah
s’en mêlent, petit à petit, le Tchad devient un gigantesque désert,
avec comme décor les champs de combats fratricides, une nature dégradée
et des populations cannibalisées qui s’entredévorent ça et là loin
de ce qui pourrait leur apporter réellement la paix et un peu de repos
sur cette terre !… Tombalbaye avait-il pensé à tout cela ?
Enoch DJONDANG
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