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  Dossier

GRAND REPORTAGE

LE XXIVe SOMMET AFRIQUE-FRANCE
DU 15 AU 16 FEVRIER A CANNES

Par Mohamed Ahmed KEBIR  -   Article paru le 19 février 2007 - Ialtchad Presse


LE XXIVe SOMMET AFRIQUE-FRANCE DU 15 AU 16 FEVRIER A CANNES
Par Mohamed Ahmed KEBIR

C'est par un diner de travail qui a réuni 16 chefs d'Etat africains autour du président Jaques Chirac mercredi 14 février à 21 heures que l'ultime sommet de la Françafrique s'est ouvert à Cannes. En prélude au 24ème sommet Afrique-France qui a ouvert solennellement ses travaux jeudi 15 février, le président français s'est entretenu avec tous ses amis du pré carré francophone à cette occasion. Bien que ce sommet soit placé sous le thème "l'Afrique et l'équilibre du monde", ses participants se sont préoccupés plus à trouver des solutions aux conflits qui minent le continent qu'à s'occuper véritablement de son développement. Ce sommet qualifié par beaucoup comme le "sommet des adieux" va se dérouler en trois étapes dans le somptueux Palais des festivals et des congrès de Cannes, habilité à accueillir d'habitude des stars et célébrités d'un autre genre, pour son glamour festival du film.
Par Mohamed Ahmed KEBIR, envoyé spécial en Alpes-Maritimes - Povence-Alpes-Côte d'Azur - Ialtchad Presse

MERCREDI 14 FEVRIER 2007

Ce n'est pas par hasard que la date du 14 février a été choisi par Jaques Chirac pour recevoir ses pairs francophones pour un diner privé consacré aux grandes crises africaines (Darfour, Côte d'Ivoire, Guinée). En ce jour de la Saint-Valentin, Chirac l'Africain a voulu témoigner à ses homologues du Sud qu'il reste fidel à la relation privilégiée qui s'est stratifiée entre ces derniers et lui durant ses douze années passées à l'Elysée, même s'il doit prendre sa retraite politique dans quelques mois. Pour des mésures de sécurité, la ville de Cannes est quadrillée de part et d'autre. Les rues sont bloquées. Les restaurants sont fermés. Des hélicoptères de la sûreté nationale survolent par endroit en rase-motte. Ce qui n'a pas empêché à certains commerces et des vendeurs ambulants sénégalais de faire de bonnes affaires. Plus de huit millions d'euros de retombées seront générés aucours de cette journée par cette ville complètement insérée dans la mondialisation.

JEUDI 15 FEVRIER 2007

En cette circonstance particulièrement ultime du sommet Afrique-France, le 24ème, l'honneur n'est pas revenu au chef de l'Etat hote, dont c'est le dernier, d'ouvrir la séance solennelle. La tradition qui veut que c'est plutôt le chef d'Etat dont le pays aurait organisé le sommet précédent qui doit prononcer le discours d'ouverture a bien été respectée. Le président du Mali, Amadou Toumani Touré, chez qui le 23ème sommet France-Afrique a lieu en février 2005, a rendu un hommage mérité à son homologue français en prononçant son discours inaugural. Le tombeur de l'ancien dictateur malien a poursuivi son discours élogieux avec beaucoup d'émotion. Il a surtout rappelé les les liens étroits dont a su tisser le président français avec les anciennes colonnies de la France. Il regagne sa place sous les ovations de ses pairs qui semblent vouloir davantage entendre leur homologue poursuivre son allocution.

Se succèdent ensuite à la tribune officielle l'Egyptien Mohammed Hosni Mubarak dont le pays accueillera le 25ème sommet Afrique-France en 2009. "Nous voulons que l'idée selon laquelle l'Afrique est riche et les Africains pauvres appartienne au passé", a-t-il déclaré. La chancellière Allemande Angela Merkel, présidente en exercice de l'Union européenne, a lancé un appel aux voisins du Zimbabwé à "user de leur influence pour mettre un terme aux souffrances provoquées par la politique de son président, Robert Mugabé". Le Zimbabwéen n'a pas été convié en raison de ses violations des droits de l'Homme. Le Ghanéen John Kufuor, président en exercice de l'Union africaine, a plaidé pour « une Afrique unie et et forte » . Suivent les autres chefs d'Etat et de gouvernement pour rendre à leur tour leur hommage et témoigner leur reconnaissance au président français. Tous soutiennent la politique africaine de l'Elysée qui, à travers sa "cellule africaine" gère les "dossiers Afrique" à la françafricaine.

Donnant le coup d'envoi de la 24ème conférence des chefs d'Etat d'Afrique et de France, Jaques Chirac témoignait pour la dernière fois (de son mandat) de son attachement au continent noir. "Puisse notre sommet montrer au monde qu'il faut désormais compter avec l'Afrique", a lancé le président français. Face aux représentants d'une "Afrique nouvelle en marche" qui participaient à trois réunions sur les matières premières, la société de l'information mais aussi la place et le poids de l'Afrique dans le monde, le chef de l'Etat français a dressé le bilan de ses actions en faveur de l'Afrique. Il s'est prononcé pour un engagement mondial en faveur du continent, autour de "deux impératifs : stabilité et solidarité". Selon Monsieur Chirac, "il n'y aura pas de mondialisation réussie sans une Afrique forte et confiante. Mais ses efforts seraient réduits à néant si le monde ne l'épaulait pas dans sa démarche vers l'avenir". Jaques Chirac a appelé les pays africains à "renforcer l'Etat de droit" et a plaidé pour la "bonne gouvernance" financière et démocratique.

AU CENTRE DES PREOCCUPATIONS, LE CONFLIT DU DARFOUR

"J'appelle les belligérants et le gouvernement du Soudan d'accepter le déploiement d'une force de paix, à cesser les attaques et à respecter les populations civiles et les personnels humanitaires", a déclaré Jacques Chirac à Cannes, en présence du président soudanais Omar Hassan el-Béchir. Fin décembre, les autorités soudanaises ont accepté que l'ONU apporte une aide matérielle à la Mission de paix de l'Union africaine (UA). Mais elles refusent toujours le déploiement des casques bleus, et ce, malgré les pressions de la communauté internationale.

UN SOMMET QUI N'A PAS SUSCITE L'ENGOUEMENT TANT ESPERE

Le président français aura beau mettre du sien pour tenter de sauver son dernier sommet France-Afrique qui s'est ouvert le 14 février au soir à Cannes. Un sommet des adieux pour lequel beaucoup de ses pairs africains se sont excusés ou fait représenter. Sur les 53 pays africains qui ont été invités, on ne compte à Cannes que 48 délégations dont seulement 32 chefs d'Etat. On est loin du sommet de Paris, en février 2003, où 52 délégations étaient présentes avec 43 chefs d'Etat ou de gouvernement !

LES GRANDS ABSENTS DU 24EME SOMMET

Plusieurs fauteuils restent vacants dans la salle des conférences du Palais des festivals de Cannes. Dans ce genre de rendez-vous, en effet, c'est toujours les absents qui se font remarquer. Au rang des grands absents, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, retenu à Dakar par une présidentielle (le 25 février) qui est loin d'être gagnée. L'Ivoirien Laurent Gbagbo, attendant toujours un geste de la France pour faire le déplacement et se reconcilier avec Chirac, s'est fait représenter par le président du Conseil économique et social, Laurent Dona Fologo. Parmi les absents on compte également le Libyen Muammar Kadhafi, le roi Mohammed IV du Maroc, représenté par le prince Moulay Rachid. Le Sud-Africain Thabo Mbeki a préféré s'occuper du congrès de l'ANC. Joseph Kabila de la République démocratique du Congo était attendu à la dernière minute. Lansana Conté de la Guinée qui, confronté à des sérieuses émeutes qui ont déjà fait plus d'une centaine de morts, s'est barricadé dans son pays en décrétant l'état d'urgence.  

LE MINI SOMMET DE CANNES OU UN SOMMET DANS LE SOMMET

C'est à Cannes que la délégation tchadienne a appris l'existence du projet faisant état de la tenue d'un sommet tripartite au haut niveau : Tchad, Répubique Centrafricaine et Soudan prévu pour le 15 février en fin d'après-midi. Dès l'annonce de la nouvelle, le chef de l'Etat tchadien a exprimé ses vives réticences. Pour lui, "plusieurs accords antérieurs ont été signés par les deux pays sans que le Soudan les respecte". Après le diner d'ouverture du 14 février, Jaques Chirac a dû convaincre en aparté son homologue tchadien pour participer audit sommet. Idriss Deby pour qui Chirac est plus qu'un ami, un allié, a fini par changer d'avis et accepter de participer au mini sommet.

Cette rencontre qui a lieu à 17 h 30 s'est faite dans une athosphère glaciale. Le président Soudanais commence le premier. Il accuse Idriss Deby d'avoir aidé et entretenu dès 2003 les rebelles hostiles à son régime. Ce que ce dernier dément en répliquant : "Ce n'est pas vrai. C'est toi qui aide les rebelles tchadiens qui attaquent les positions de mes forces à partir de ton territoire". Les deux hommes s'accusent mutuellement pendant près de deux heures de discussion. Au final, un accord rédigé sur une page, dénommé "La déclaration de Cannes", a été signé par les parties prennantes au mini sommet. Omar el-Béchir, Idriss Deby et François Bozizé s'engagent à ne pas se destabiliser par rebelles interposés. Cet accord se résume en trois points : Le respect de la souveraineté; La mise en place d'une commission paritaire; Le soutien aux initiatives de l'Union africaine.

Le sommet tripartite s'est achevé dans une athmosphère aussi glaciale qu'à son commencement. Les parties concernées se sont séparées sans accolade, sans se serrer la main. Pour le chef de l'Etat centrafricain, le seul à être optimiste, "la particularité de cette rencontre, c'est que la signature a eu lieu et c'est un pas en avant pour la paix". A sa sortie de la salle, le chef de l'Etat tchadien a dû quitter subrebticement Cannes sans prendre part à la clôture du 24ème sommet Afrique-France qui a lieu le lendemain, le 16 février.

SUITE ET FIN DU SOMMET DES ADIEUX

VENDREDI 16 FEVRIER 2007

Le décor est le même que celui du festival international du cinéma mais le casting est bien différent dans l'enceinte du Palais des festivals. Les chefs d'Etat présents à la conférence ont condamné unanimement les violences qui ont endeuillé plus d'une centaine de familles en Guinée. "Un chef d'Etat ne peut se prévaloir de faire tirer sur les populations de son pays", ont-ils regretté. Tous ont dénoncé le recours disproportionné à la force contre les populations civles. Le 24ème sommet de Cannes s'est achevé à la mi-journée par la traditionnelle conférence de presse. Le président Chirac à qui la presse questionnait de savoir s'il allait briguer un troisième mandat ou encore si Cannes serait considéré comme son dernier sommet, a ironisé : "C'est mon dernier sommet [après une légère hésitation sciemment voulue et d'ajouter] pour cette année. Ce qui a provoqué l'hilarité de la salle, dans une athmosphère bien détendue. Mais juste à côté du Palais, c'est un autre son de cloche qui est entrain de défrayer la chronique.

LA CEREMONIE DES REMISES DES TROPHEES

Plusieurs associations françaises hostiles aux "dérives dictatoriales de la Françafrique" se sont réuni à proximité de la gare centrale de Cannes pour exprimer leur désapprobation de ce qu'elles qualifiaient de "sommet des dictateurs". Au nombre de ces associations figure notamment Survie. A l'occasion de leur manifestation, une mise en scène de cérémonie de rémise de palme d'or a été organisée. Entre autres prix, la palme d'or du "Meilleur dictateur africain contre son peuple" a été décernée à Idriss Deby du Tchad. Du coup, Forest WHITAKER, le célèbre acteur noir américain qui incarne Idi Amin Dada dans le long métrage de Kevin MACDONALD "Le dernier roi d'Ecosse" sorti en salles en France le 14 février (jour de la Saint-Valentin et de surcroît de l'ouverture par le dîner de "bienvenue au sommet de Cannes") s'en mord le doigt. Cette palme d'or aurait dû lui revenir même s'il n'était pas présent au Palais des festivals à Cannes. Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 40ans, et qui participait déjà au premier sommet Afrique-France en 1973 sous Georges Pompidou, n'est pas passé inaperçu de la dénonciation des associations.

Ce sommet qui s'est déroulé en trois étapes et qui arrive à présent à échéance marque indubitablement la fin d'un partenariat privilégié entre l'Elysée et le continent africain. Les deux candidats probables à la succession de Jaques Chirac, Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal, semblent vouloir mettre un terme à la relation particulièrement étrange qui liait la France à ses anciennes colonies. Les années Chirac auront scellé un récul considérable de la présence française en Afrique francophone.

Mohamed Ahmed KEBIR
Groupe Ialtchad Média, Paris
 


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