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  Dossier

GRAND REPORTAGE 

CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE LA  
COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE A PARIS


Par Mohamed Ahmed KEBIR    -    Article paru le 01 novembre 2005


CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT
DE LA COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE A PARIS

Ancien Chef d’Etat du Mali (1992-2002), Alpha Oumar Konaré a été nommé à la Présidence de la Commission de l’Union africaine lors de la création de cette dernière en juillet 2003 à Maputo. A la tête d’une jeune institution, il affiche l’ambition d’en faire le moteur de l’intégration continentale africaine, en matière de paix et de sécurité, comme dans le domaine du développement. Que ce soit dans le règlement des crises africaines (Darfour, Côte d’Ivoire) ou dans les grands dossiers économiques (avec le NEPAD), l’Union Africaine est devenue en deux ans un interlocuteur écouté et incontournable de la communauté internationale.
A l’occasion de son voyage à Paris, Son Excellence Alpha Oumar Konaré a tenu une conférence de presse mercredi 26 octobre 2005 à 15h00 autour du thème : L’Union Africaine aujourd’hui.
                                               De notre correspondant permanent à Paris.

Au 116, Avenue du Président Kennedy dans le XVIe Arrondissement de Paris, il est 14 heures 50. Le Centre d’Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) dont les bureaux sont aménagés dans l’enceinte de la Maison de Radio France, est noir de monde. Toute la presse hexagonale y est présente. La conférence donnée par le Président de la Commission de L’Union africaine a lieu 

dans la salle de conférence du CAPE. Des journalistes étrangers également y sont venus couvrir cette conférence.

15 Heures sonnent. Alpha Oumar Konaré, accompagné du président de CAPE / France, entre dans la salle de conférence. Il salue la présence massive des journalistes venus pour la circonstance et prononce son discours introductif. Le Président de la Commission de l’Union africaine dresse un riche bilan des actions menées par sa Commission durant les deux années auxquelles il se trouve aux commandes. Il explique les objectifs prioritaires que l’Union Africaine doit atteindre dans les années à venir. Dans un discours cohérent et d’un ton mitigé et accompagné parfois de quelques nervosités, il s’en prend au laxisme de l’Union Européenne «qui se livre plutôt à du saupoudrage qu’à des actions véritablement concrètes pour aider les Africains à mener une lutte efficace contre la pauvreté galopante».

ALPHA OUMAR KONARE NE MACHE PAS SES MOTS

Le Président de la Commission de l’Union africaine exige que l’on ne confonde pas «l’Union Africaine et l’OUA». «L’Union Africaine n’est pas l’OUA bis», tient-il à préciser. A l’en croire, l’Organisation de l’unité africaine, créée en 1963 est un organisme de coopération et de solidarité. Son objectif principal était d’aider les autres pays à se libérer du joug colonial. Les quelques tâches d’intégration économique qui lui avaient été confiées n’ont pu être pris en charge, du fait que ce n’était pas son objet, souligne M. Konaré.

«L’OUA n’était pas capable de porter le plan de Lagos car elle n’a pas les instruments nécessaires à son application. C’est tout le contraire de l’Union Africaine qui est une organisation d’intégration politique, économique, sociale et culturelle»,  pense son président. L’Union Africaine, explique-t-il, reprenant ainsi un vœu cher à Kwamé Nkrumah, vise la création des Etats-Unis d’Afrique. Une décision, confie-t-il, prise en juillet dernier par les Chefs d’Etat africains. Ces Etats-Unis d’Afrique se feront au niveau continental, régional, national et au niveau des collectivités locales, détaille-t-il.

«Cinquante-trois Etats, c’est trop. Beaucoup de pays sont handicapés par leur taille et celle de leur marché», avance M. Konaré qui constate que l’Etat-nation de type jacobin est en faillite en Afrique. L’autre raison qui explique la nécessité de la formation des Etats-Unis d’Afrique est le fait que certains Etats «n’assument pas leur souveraineté face aux grands pays développés et aux multinationales». «C’est pour quoi il faut aller vers une souveraineté partagée au sein des Etats-Unis d’Afrique, avec une autre gestion des frontières sans pour autant remettre en cause leur intangibilité», a-t-il dit.

Parlant de la Commission de l’Union africaine qui symbolise une différence avec l’OUA, son président considère qu’«elle n’est pas simplement un secrétariat. Elle a un certain nombre de pouvoirs et dispose d’une autonomie», même s’il considère que les textes qui régissent son organe ne sont pas souvent clairs. «Les textes sont ambigus et accordent des pouvoirs sans réel transfert de compétences», regrette-t-il. Il souligne que la Commission ne tire pas sa légitimité de la Conférence des Chefs d’Etat puisque le Parlement et le Conseil économique et social n’ont qu’un pouvoir consultatif. Mais il dit avoir bon espoir que le Parlement aura le pouvoir législatif d’où il tirera sa légitimité qui lui conférera son autonomie par rapport aux Chefs d’Etat, en attendant l’installation de la Cour de justice en 2006, entre autre.

ALPHA OUMAR KONARE HAUSSE LE TON ET FRAPPE DU POINT SUR LA TABLE

Face à la presse, le président de la Commission de l’Union africaine s’indigne et dénonce le traitement subi par les immigrants africains à la frontière entre l’Espagne et le Maroc. Beaucoup y ont trouvé la mort en tentant de franchir les grillages élevés entre les deux pays, parfois sous les tirs des soldats marocains. «Je désapprouve le traitement infligé aux immigrés», a tonné l’ancien président du Mali en frappant du point sur la table tout en essuyant la sueur qui ruisselle sur son front de l’autre main. Il réclame «l’ouverture d’une enquête pour savoir comment et pourquoi ces 

immigrés ont été tués, pourquoi certains continuent encore à errer dans le désert».

Selon M. Konaré, «ces immigrés ne sont ni des bandits ni des voleurs, ils n’étaient point armés pour être ainsi exécutés». Parmi eux il y a des «diplômés». Pour lui, il est important que les responsabilités soient situées. Et pour ce qui est de la recherche des solutions, les camps d’internement créés le long des frontières entre les pays de départ proches de l’Europe et les pays de destination, «ne règleront pas le problème. Ce ne sont pas des mesures autoritaires qui freineront l’immigration» a-t-il soutenu. «Dans quelques décennies, l’Europe deviendra black», fait-il mine de marteler, arrachant ainsi l’hilarité de la salle qui s’esclaffe avec intérêt.

ALPHA OUMAR KONARE POINTE DU DOIGT LA MAUVAISE GOUVERNANCE  
EN AFRIQUE ET L’ECHEC DU PARTENARIAT EUROPEEN

Mais il y a aussi les responsabilités à l’origine, au niveau de ces pays africains qui laissent prospérer l’hémorragie qui saigne leur jeunesse. M. Konaré pointe du doit l’échec des politiques économiques qui sont en partie la source de cette émigration. Il appelle les Etats africains à faire face avec la mise en œuvre de politiques de développement viables, capables de créer des emplois et fixer les jeunes chez eux. «On ne peut se contenter de dire laissons-les aller, ils vont nous envoyer de l’argent», avance-t-il.

Selon l’ancien président malien, l’augmentation du flux migratoire est aussi le résultat de l’échec du partenariat entre les pays européens et ceux de l’Afrique. Pour résorber ce problème, il invite les différents Etats au dialogue et à la concertation pour fixer les règles en commun accord. «Nous n’accepterons pas que certains pays développés appellent l’immigration choisie. C’est de la pure traite» négrière, s’indigne -t-il. Alpha Oumar Konaré fait ainsi allusion à la volonté du ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, d’appliquer en France une politique d’immigration «choisie et non subie». A la place M. Konaré propose une politique migratoire «partagée parce que discutée entre partenaires. Il ne s’agit pas pour les pays d’accueil de tendre une pompe pour absorber les meilleurs Africains, alors que les pays d’origine ont investi sur ces gens et en besoin pour leur développement endogène», s’est-il expliqué.

UN AFROPTIMISME KONAREEN QUI FAIT DES EMULES

Le Président de la Commission de l’Union africaine soutient qu’il ne sert à rien de tenter d’arrêter cette émigration. «On ne peut arrêter la mer avec ses bras. Dans 25 ans, l’Afrique atteindra 1,5 milliards d’individus, dont 60 % auront moins de 16 ans. Si les conditions de développement ne sont pas réunies, une bonne partie optera pour l’émigration», prévient M. Konaré. Pour lui, même si «on ferme Melilla, ils viendront par l’Asie et l’Europe de l’Est». Et d’ajouter : «On parle tant de Melilla et de Ceuta croyant que ce sont des villes européennes. Mais c’est en Afrique, il ne faut pas l’oublier».

Evoquant les crises qui secouent l’Afrique (Côte d’Ivoire, Darfour), il a tenu à terminer par une note d’espoir en soulignant que les Etats-Unis d’Afrique constitueront dans les vingt-cinq ans, avec ses 1,5 milliards de personnes, le plus grand marché du monde avec la population la plus jeune. Il brandit alors la carte de l’Afrique au-dessus de sa tête tout en arguant que «La grande Afrique, berceau de l’humanité (NDLR et dont le Tchad se trouve en être le cœur), doit se frayer sa place, sa grande place dans le concert des Nations».

ALPHA OUMAR KONARE EST FAVORABLE POUR
L’EXTRADITION DE HISSEIN HABRE EN BELGIQUE

Suite à notre entretien avec le Président de la Commission de l’Union africaine, nous lui avons demandé, entre autres échanges, s’il est favorable pour une extradition de l’ancien dictateur tchadien Hissein Habré qui vit en exile au Sénégal. M. Alpha Oumar Konaré nous répond : «Le Sénégal est signataire de la Convention contre la torture. Etant donné qu’il est question de faire triompher le Droit sur l’arbitraire, je ne pense pas que le Sénégal exprimerait un refus quant à une éventuelle extradition de Hissein Habré vers la Belgique». «Pour ma part, je ne suis pas contre», conclue-t-il.

Rappelons qu’au mois de septembre dernier, la Belgique a lancé un 

mandat d’arrêt  international contre Hissein Habré, accusé de crime contre l’humanité. Dans le cadre de la loi de compétence universelle, les tribunaux belges peuvent juger des étrangers pour crimes contre l’humanité commis à l’Etranger. Des réfugiés politiques tchadiens naturalisés belges, ont déposé une plainte contre l’ancien Président tchadien qu’ils accusent d’avoir commis des crimes contre l’humanité durant son règne de 1982 à 1990. Selon la procédure établie, le président de la Chambre d’accusation belge doit se rendre au Sénégal où il devrait interroger Hissein Habré.

Après interrogation, la justice sénégalaise aura un délai de huit jours, renouvelable une fois, pour donner le feu vert à l’extradition de l’ancien chef d’Etat. Une fois l’accord de la justice donné, le Président Wade pourra alors signer le décret d’extradition en Belgique de Hissein Habré.

Le Président de la Commission de l’Union africaine qui était en visite officielle de 48 heures en France, s’est entretenu avec le Président Chirac. L’entretien entre les deux hommes, qui a lieu à la veille du sommet des 25 Etats européens à HAMPTON COURT (Royaume-Uni), a porté sur les questions internationales et africaines au nombre desquelles les conflits du Darfour et en Côte d’Ivoire. Le Président français et son hôte ont également évoqué la coopération internationale, jugeant nécessaire de trouver des sources innovantes de financement de l’aide publique au développement (APD). Avant de quitter la capitale française, M. Konaré qui conduit une importante délégation de L’UA, a eu une séance de travail avec Brigitte Girardin, ministre français de la Coopération et à la Francophonie.

Mohamed Ahmed KEBIR
Ialtchad Presse


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