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  Parution d'un livre


APERCU Sur Les conditions de vie et d'études des étudiants tchadiens au Maroc

Octobre 2006

SOMMAIRE

 

PREFACE

            Conscient de  la déception de nos compatriotes, le bureau exécutif de l'Association des Etudiants et Stagiaires Tchadiens au Maroc a désigné une commission composée notamment des anciens étudiants ayant servis à un moment ou à un autre la communauté estudiantine tchadienne au Maroc pour réfléchir sur  nos véritables difficultés en vue d'une amélioration des conditions de vie et d'études de l'étudiant.  

            Il convient de préciser que ce rapport n'est qu'un document synthétique sur la problématique de la situation précaire de l'étudiant tchadien au Maroc.

            Puisse ce rapport contribuer à faire écho auprès de nos dirigeants et servir comme un support de base à toutes fins utiles.

NB: ce document ne doit faire l'objet d'aucune utilisation parvenant à des fins politiques

Parchemin vertical:  
         Le bureau exécutif de l'Association des Etudiants et Stagiaires Tchadiens au Maroc exprime ses remerciements à tous les membres de la commission  pour la réalisation de ce rapport.
         Qu'ils retrouvent ici l'expression de notre profonde reconnaissance. 
 
 
                                   
Zone de Texte: REMERCIEMENTS
 

 

 

 

 

 

 

 


Introduction

            La communauté estudiantine tchadienne au Maroc forte de plus de 300 étudiants constitue aujourd'hui l'une des plus importantes ressources humaines tchadiennes en formation à l'étranger.

            Depuis fort longtemps le Maroc a formé et continue de former  beaucoup de cadres tchadiens dont la plupart occupent aujourd'hui des hauts postes de responsabilité au Tchad. Les premières générations des étudiants tchadiens ont fait leurs études dans le royaume chérifien dans des conditions relativement enviables et à une époque où le niveau de vie au Maroc était beaucoup moins élevé.

            Cependant, eu égard des nombreuses difficultés essentiellement liées à la cherté du coût de vie toujours croissant et aux conditions d'études actuelles au Maroc, les dernières générations sont loin de vivre une situation aisée.

            En dépit de nos multiples revendications restées sans suite et des promesses jamais tenues, notre situation n'a considérablement cessé de se détériorer. Force est de constater qu'il est aujourd'hui extrêmement pénible pour l'étudiant tchadien de vivre décemment dans ces conditions et de mener à bien ses études au Maroc.

            Avec la tenue de ce forum consacré pour la première fois aux étudiants tchadiens de l'étranger, encore une fois on réitère nos doléances des plus élémentaires et des plus légitimes dans l'espoir que cette rencontre directe avec les autorités concernées se solde par une issue heureuse.

            Le présent rapport rédigé par une commission de l'Association des Etudiants et Stagiaires Tchadiens au Maroc (AESTM) a pour objectif de répertorier les principales difficultés vécues par les étudiants tchadiens et de proposer les solutions envisageables.

            Pour mieux cerner notre problématique et loin d'avoir la prétention de relater tous les problèmes de l'étudiant tchadien au Maroc, il est plus pertinent de classer nos difficultés majeures en deux grands axes. C'est ainsi que dans une première partie, nous traiterons de nos problèmes d'ordre académique et dans une seconde partie de nos problèmes socioéconomiques avec dans les deux cas les différentes solutions envisageables.

            I- Problèmes d'ordre académique :

            Parmi les problèmes rencontrés par les étudiants tchadiens au Maroc, les problèmes académiques demeurent les plus importants. Il s'agit essentiellement d'un problème d'orientation qui se pose à la base d'une part et d'autre part de problèmes engendrés  par une absence de suivi de l'étudiant.

            A- Les problèmes d'orientation:

            Ces dernières années, le taux d'échec des étudiants tchadiens a atteint un niveau inquiétant; environ 2 étudiants sur 3 échouent leur première année[1].Les causes de ces échecs sont liées essentiellement à la mauvaise orientation qui se fait à la base; lesquelles orientations se font de manière aléatoire. L'octroi de la bourse ne tient pas compte de la formation initiale du bachelier, de ses capacités ainsi que de ses réelles motivations.

            En effet, il est inconcevable d'orienter un étudiant arabophone dans une discipline enseignée en français sans un apprentissage préalable  de la langue française.

            Aussi, depuis quelques temps les étudiants tchadiens ne bénéficient pas de meilleures formations (médecine, ….) et des grandes écoles (école d'ingénieurs, classes préparatoires,..) qui existent au Maroc du fait du retard dans l'envoi des dossiers des bacheliers et de nos antécédents peu satisfaisants.

            On a pu constaté que les dossiers de demande de bourse sont envoyés à l'AMCI après que les sélections et les concours pour ces grandes écoles et ces meilleures formations soient clôturés.

            De plus, les dossiers envoyés par le Tchad sont peu brillants et de ce fait ne répondent pas aux critères d'admission dans ces formations.

            Notons aussi que la mauvaise orientation de l'étudiant entraîne systématiquement à un changement de filière. Ne sachant à qui s'adresser, l'étudiant abandonné à son triste sort est obligé de faire face aux tracasseries administratives de l'AMCI qui exige entre autre une recommandation de la part des autorités tchadiennes pour que la demande de changement soit enfin satisfaite.

            En l'absence d'une représentation diplomatique sur place, l'étudiant se trouve embarrassé entre sa volonté de changer et l'obligation de continuer dans la même filière faute d'une recommandation. Cette situation qui peut durer 2mois handicape sérieusement l'étudiant puisque même s'il arrive à obtenir son changement, il ne peut rattraper ce temps perdu.

            Pour pallier à ces problèmes d'orientation, nous suggérons les recommandations suivantes:

@  S'agissant de l'orientation à la base, il est indispensable de procéder à une sélection rigoureuse et objective des bacheliers (exiger les mentions et autres critères d'excellence) pour une meilleure transparence dans l'octroi de la bourse. Il est également souhaitable d'exiger une lettre de motivation à chaque candidat afin d'éviter l'incohérence des formations par rapport au profil de base des bacheliers. Il convient dans ce cas d'afficher à l'avance la liste des différentes filières ainsi que celle des écoles qui existent au Maroc.

@  S'agissant des places dans les meilleures formations, il faudrait négocier à l'avance les quotas avant les résultats définitifs du baccalauréat et surtout envoyer impérativement des bons dossiers à temps.

@  S'agissant des demandes de changement de filières, il faudrait avoir une meilleure orientation de l'étudiant des le départ. Dans le cas échéant, si sa demande de changement est motivée par des raisons valables, la lettre de recommandation doit lui être délivrée en temps utile pour lui permettre d'obtenir gain de cause.

            B- Les problèmes de suivi de l'étudiant:

            Le second volet des problèmes d'ordre académique que rencontrent les étudiants tchadiens au Maroc, est lié à un manque de suivi de la part de l'Etat d'une part et à une absence de représentation diplomatique du Tchad au royaume d'autre part.

            En effet, les nouveaux boursiers tchadiens quittent leur pays pour le Maroc avec deux engagements. Le premier engagement relève de la responsabilité de leur pays et le second du pays hôte.

            L'engagement du pays hôte est clairement formulé dans une lettre adressée par l'agence marocaine de coopération internationale à l'étudiant. Cette lettre précise les conditions d'études (ville, régime, durée, diplôme,…) le montant de la bourse ainsi que les conditions d'arrêt de cette bourse. Notons que cette bourse dont le montant s'élève à 750 dirhams par mois soit environ 45 000 FCFA n'est qu'une bourse d'entretien[2]. Son octroi n'implique en aucun cas la prise en charge des frais d'inscription, d'internat, de transport ou tout autres charges inhérentes à la poursuite des études.

            L'engagement du Tchad est précisé dans le décret N° 312/PR/MPC du 28 octobre 1969 relatif aux conditions d'attribution et au régime des bourses d'études et des stages hors de la République du Tchad tel qu'il a été modifié dans son article 4 par le décret 62/PR/CSM/MENCJS.

            L'ordonnance N° 15/P/CSM de Mars 1976 déterminant les conditions générales d'études hors du Tchad ainsi que les différents arrêtés qui se sont succédés complètent l'engagement du Tchad.

            Les engagements du Tchad en matière de suivi de l'étudiant sont clairement énoncés dans ces différents textes sus mentionnés. En effet, l'étudiant boursier de l'Etat tchadien a droit selon le décret N° 312/PR/MPC du 28 octobre 1969 tel qu'il a été modifié dans son article 4 par le décret N° 62/PR/CSM/MENCJS à:

@  Une indemnité unique d'équipement de 30000 FCFA;

@  Une bourse d'études annuelle par catégorie de bourse (50000 FCFA pour le Maghreb);

@  Une indemnité pour fourniture et inscription scolaire d'un montant de 30000 FCFA;

@  Une indemnité de rapatriement de 50000 FCFA;

@  Une indemnité de 100000 FCFA pour la préparation d'une thèse et de 50000 CFA pour celle d'un mémoire;

@  Un voyage aller-retour du Tchad au lieu où s'effectue les études ou le stage à la charge de l'Etat;

@  Un voyage de congé au Tchad au cours des études ou du stage ;

@  Des frais d'hospitalisation ;

@  Des frais médicaux à hauteur de 80%;

@  Une attestation de prise en charge délivrée par les représentations diplomatiques tchadiennes.

            Malgré la clarté et la pertinence de ces droits consacrés par ces textes, on constate aujourd'hui qu'aucun des engagements de l'Etat dans ce sens n'est respecté. De ce fait une fois au Maroc, l'étudiant est abandonnée à lui-même loin des siens.

            On a eu aussi à remarquer ces derniers temps que certains étudiants tchadiens ayant fini leur cycle avec des brillants résultats ont la possibilité de continuer leur formation. Dans ce cas d'espèce, l'AMCI exige qu'ils soient inscrits dans le quota des nouveaux boursiers pour avoir la continuité et bénéficier de la reconduction de bourse. Malheureusement, il n'est pas facile pour la plupart d'obtenir cette faveur. Pourtant il est dans l'intérêt du Tchad d'autoriser ces étudiants désireux de poursuivre vers des cycles supérieurs étant entendu que le pays ne dispose pas encore des établissements qui forment des cadres supérieurs.

            Vu ces différentes difficultés nées d'une absence de suivi de la part de l'Etat tchadien, nous faisons les recommandations suivantes:

@  Qu'il soit organisé une journée d'information sur les études au Maroc (conditions de vie et d'études, filières, …) au profit des futurs boursiers du Maroc par la direction de bourse en présence de représentants du bureau des anciens étudiants au Maroc.

@  Que l'Etat respecte ses engagements tels qu'ils sont prescrits dans les textes qui régissent les conditions d'attribution et au régime de bourses d'études à l'étranger. Nous demandons la révision de ces textes qui datent d'ailleurs des années 70 et qui sont loin de tenir compte des réalités actuelles.

@  Que l'attaché culturel de l'ambassade du Tchad au Maroc avec résidence à Paris dispose des moyens lui permettant de se déplacer plus souvent au Maroc pour s'enquérir de notre situation et accélérer le traitement des dossiers académiques de façon groupée.

@  Qu'il soit ouvert un foyer pour les étudiants à Rabat dont les frais de loyer seront pris en charge par l'Etat tchadien afin de permettre l'accueil des nouveaux, l'hébergement des étudiants en instance de régularisation auprès de l'AMCI, des étudiants finalistes en attente de continuité ou de rapatriement et enfin plus largement des étudiants en difficulté de logement.

@  Qu'il soit délivré du seul service compétent les lettres de recommandation en faveur des étudiants désirant continuer ou changer de filière, évitant ainsi le manque de considération aux yeux de l'AMCI des différentes lettres à multiple provenance.

            En dehors de ces problèmes d'ordre académique, l'étudiant tchadien est confronté à un autre type de problèmes liés à sa condition socio-économique ; lesquels problèmes qui seront traités dans la seconde partie de ce rapport.

            II- Les problèmes SOCIO-ECONOMIQUES.

            La cherté du coût de vie de  plus en plus croissante au Maroc, l'insuffisance des ressources et le manque d'une prise en charge réelle de l'étudiant tchadien obligent celui-ci à vivre constamment dans une situation sociale imprégnée d'une précarité caractérisée.

            A- Absence d'une couverture sociale.

            La couverture sociale de l'étudiant tchadien boursier lui est garantie par l'Etat tchadien selon les dispositions du décret N° 312/PR/MPC de 1969 et précisément en ses articles 7 et 8. En effet, il est prévu en substance:

@  une police d'assurance ou de sécurité sociale en faveur des étudiants boursier;

@  une prise en charge totale par le Tchad des frais d'hospitalisations et 80% des frais médicaux;

@  un voyage de congé au Tchad au cours des études tous les 2 ans en cas de succès ou d'échec pour les étudiants en Afrique.

            En réalité, malgré ce que prévoit ce texte, force est de constater qu'aucune couverture sociale n'est assurée à l'étudiant boursier de l'Etat tchadien. Les conséquences qui découlent naturellement de la violation de ces droits sont les suivantes:

@  les étudiants sont exposés à toutes les situations imprévisibles dommageables (maladie, accidents,…) pouvant être parfois fatales tant pour ses études que pour sa vie sans un minimum de prise en charge;

@  les étudiants en s'éternisant au Maroc accumulent une surdose de stress du au mal du pays  pouvant conduire parfois à une dépression.

@  La non délivrance systématique d'un certificat de prise en charge au nom du Tchad (alinéa 3 de l'article 8 du décret n° 312/PR/MPC) aux étudiants ayant perdu leur bourse marocaine les expose à une clandestinité du à l'impossibilité d'avoir un titre de séjour.

@  Les étudiants ne bénéficiant de l'hébergement dans les cités universitaires ont des difficultés à payer les frais de loyer alors que des indemnités de logement prévues par l'article 4 du décret n° 312/PR/MPC ne sont plus versées.

            Au regard de tous ces problèmes, nous exigeons l'application des dispositions du décret n° 312/PR/MPC en matière de couverture sociale des étudiants boursiers de l'Etat tchadien à l'étranger et par ailleurs nous suggérons les solutions suivantes:

@  Qu'il soit tenu compte des réalités actuelles pour réviser et adapter ainsi ce texte aux conditions de vie et d'études au Maroc. En effet, considérant la hausse du coût de vie au Maroc, une augmentation des indemnités de logement serait légitime.

@  Qu'il soit établi des accords entre le ministère de la santé du Tchad et celui du Maroc permettant aux étudiants tchadiens ayant contracté des maladies de pouvoir bénéficier auprès des hôpitaux publics des réductions sur les soins.

            B- Insuffisance de l'aide forfaitaire et absence d'une bourse d'études.

            Les étudiants tchadiens sont repartis un peu partout dans les différentes villes du royaume chérifien. Dans la plupart de ces villes, le coût de vie est relativement le même exception faite pour quelques grandes villes telles que Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir ou Tanger où le coût de vie est nettement plus élevé.

            Pour mieux cerner les problèmes liés à l'insuffisance des ressources des étudiants tchadiens au Maroc,  il convient de procéder à une comparaison entre la fourchette de coût de vie et des études d'une part et le revenu moyen de l'étudiant d'autre part.

            1- Coût de vie et des études:

            a- Coût de vie:

            Evaluons le coût de vie au Maroc selon le coût du loyer, le coût de nourriture, le coût de transport et enfin celui d'entretien.

@  Le coût du loyer: le montant minimum d'une chambre est en moyenne de 600 dhs en dehors de quelques grandes villes où il peut atteindre  800 dhs.

@  Le coût de nourriture: le strict minimum de la dépense journalière d'un étudiant est environ de 45 dhs soit un minimum de 1215 dhs par mois.

@  Le coût de transport: compte tenu de l'éloignement des écoles et facultés de la plupart des cités universitaires et des quartiers où résident les étudiants, ces derniers sont obligés de prendre chaque jour un bus commun dont le prix s'élève à 8 dhs par jour en moyenne soit environ 200 dhs le mois.

@  Le coût d'entretien:un étudiant a besoin d'un minimum de 300 dhs par mois pour ses dépenses de propreté.

           

            b- Dépenses liées aux études:

            Dans certains établissements, l'étudiant est obligé de payer en début d'année des frais d'inscription et des frais de fournitures qui peuvent varier d'une école à une autre. En général, ces frais oscillent autour de 800 Dhs pour la plupart des écoles mais peuvent aller jusqu'à 2000 Dhs pour certaines écoles comme l'Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger.

       Le tableau suivant présente approximativement la fourchette de ces différents coûts

 

Ainsi l'estimation de la fourchette des coûts de vie et des études au Maroc donne une dépense moyenne par étudiant de  plus  de 2000 Dhs /mois, soit environ 120 000 Fcfa. Cette somme représente plus du double de la bourse d'entretien versée par l'AMCI, seule ressource perçue à ce jour par l'étudiant tchadien.  

            2- Revenu des étudiants :

            Comme signalé précédemment, la bourse d'entretien de l'AMCI demeure le seul revenu dont dispose l'étudiant tchadien au Maroc. Or comme estimé ci haut, la dépense mensuelle du coût de vie et des études en moyenne  de l'étudiant ne peut être couverte uniquement par cette bourse versée par la partie marocaine. De là il en résulte que les étudiants sont souvent obligés de recourir aux maigres ressources de leurs parents au pays pour combler cette énorme insuffisance. 

            Aussi, une comparaison de notre situation par rapport aux étudiants d'autres nationalités nous permet de voir plus clairement l'ampleur de l'écart à combler.

 

Histogramme comparatif des bourses des étudiants des quelques nationalités au Maroc

            On se rend compte aisément en lisant cet histogramme que les étudiants tchadiens sont très loin d'atteindre le seuil de la dépense moyenne par mois alors que les autres nationalités bénéficient d'un complément en plus de la bourse de l'AMCI.

N'est ce pas impossible de vivre décemment avec si peu de revenus ?

 

            Remarquons que les arrêtés de bourse des différentes promotions qui se sont succédées au Maroc prévoient que "si la bourse par les différents gouvernements est inférieure au taux de la bourse nationale, les étudiants peuvent prétendre un complément de bourse  de la part de l'Etat tchadien sur présentation d'une attestation de paiement délivrée par les pays donateurs de bourse".

 

            Aussi, le décret 312/PR/MPC tel qu'il a été modifié dans son article 4 par le décret n° 62/PR/CSM/MENCJC précise que les boursiers de l'Etat tchadien dans le Maghreb ont droit à 50 000 FCFA/an.

 

            Ces textes soulèvent énormément des critiques puisque d'une part le complément prévu par l'arrêté de bourse ne tient pas compte du coût de vie du pays d'accueil qui est souvent largement élevé par rapport à celui du Tchad et d'autre part l'aide forfaitaire prévu par le décret 312 ne suffit plus pour compenser l'insuffisance de la bourse servie par le Maroc.

 

            Face à ces insuffisances, nous recommandons principalement que les textes ci-dessus soient révisés pour qu'une véritable bourse soit versée aux étudiants afin de leur permettre de poursuivre décemment leurs études à l'étranger. Le taux de la bourse à verser doit défini en tenant compte du seuil minimum précédemment évalué, soit un complément de 1200dhs/mois sur la bourse versée par la partie marocaine.

 

            Dans le tableau qui va suivre, nous nous efforcerons de montrer que malgré le manque l'insuffisance des ressources en pétrole et le classement en PIB et l'IDH de certains pays, beaucoup d'entre eux suivent et soutiennent leurs étudiants boursiers.


 

Recommandations finales:

1 - Une révision des textes juridiques relatifs aux conditions d'attribution et au régime de bourse d'études à l'étranger s'impose pour une amélioration de conditions de vie des boursiers de l'Etat tchadien à l'étranger. Cette révision doit prendre en considération la cherté du coût de vie au Maroc et fixer par la même une véritable bourse pour  les étudiants;

2 - Il faut nécessairement ouvrir un Consulat général du Tchad au Maroc pour mieux répondre aux multiples difficultés administratives et sociales que vivent au quotidien les étudiants tchadiens au Maroc. Il convient de signaler aussi à cet effet que le nombre des étudiants et stagiaires tchadiens ne cesse de croître;

3 - Il faut qu'il ait un suivi régulier des étudiants et une réelle couverture sociale;

4 - Il faut q'un budget spécial soit alloué à l'Association des Etudiants et Stagiaires Tchadiens au Maroc (AESTM) par le biais du service culturel de l'Ambassade du Tchad à Paris pour lui permettre de mieux faire fonctionner sa caisse. L'AESTM a besoin des moyens tant matériels que financiers pour présenter et défendre l'image du Tchad au Maroc dans les différentes manifestations culturelles.

Conclusion

            Dans ce rapport nous avons présenté brièvement  les conditions de vie et des études des étudiants tchadiens au Maroc et les manquements de l'Etat tchadien. Nonobstant, la réalité de la situation sur place est beaucoup plus amère puisque l'étudiant tchadien vit dans une extrême précarité.

            Même si la délicate problématique de notre condition de vie ne peut pas s'améliorer dans l'immédiat, nous espérons que l'essentiel de nos recommandations soient suivies afin que nos principales revendications soient satisfaites. La satisfaction des droits des étudiants boursiers de l'Etat tchadien doit être considéré comme une priorité  de notre gouvernement pour espérer atteindre les objectifs du millénaire, désormais présentés comme seule issue au sous-développement.


[1] Sources AMCI
[2] Article 12 du règlement relatif aux bourses de formation et de stage attribuées aux étudiants et stagiaires  étrangers au Maroc.
[3]Classement sur  www.worldbusinessafrica.com
[4] Classement 2005 des pays selon HDR sur: http//hdr.undp.org


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