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Chronique |
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Chronique:
« Tchad :
43 ans de pénitence ou d’indépendance ? »
Par
Nadjibé, Djedouboum Armand
Article
paru le 11 Août 2003 - Ialtchad
Presse |
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« Tchad :
43 ans de pénitence ou d’indépendance ? »
Cinquième
plus grand pays du continent africain, indépendant le 11 août 1960, le
Tchad, après 43 ans de gestion par ses fils, va-t-il bien ? La réponse
est non ! Parce que le Tchad souffre d’un handicap économique et
politique important.
Handicap
économique à cause de son enclavement. Il se situe en effet à plus de
1500 km de la côte la plus proche, Douala, au Cameroun. Cette position
géographique constitue, certes, un handicap économique important mais,
vu la potentialité des paysages, de la faune, de la flore, des arts, de
la culture et des gisements pétroliers de ce beau pays, toutes les prévisions
au lendemain de l’indépendance laissaient croire au comblement du déficit
géographique, mais hélas! Le manque de la responsabilité du père de
l’indépendance, François Tombalbaye, au lieu d’être un bâtisseur
comme Amadou Ahidjo au Cameroun ou Léopold S. Senghor au Sénégal, a
choisi la mégalomanie à la Mobutu jetant ainsi le Tchad dans un deuxième
handicap aussi important que le premier. Celui-ci est d’ordre
politique.
Cet
handicap politique, fruit des tensions politiques et des luttes armées
permanentes, empêche ce pays fascinant, de développer son potentiel
touristique. Le Tibesti, l’un des déserts les plus merveilleux du
monde, offre le visage d’une région montagneuse, aux paysages
spectaculaires avec des massifs volcaniques, des cratères lunaires, des
lacs du désert, des peintures rupestres et gravures préhistoriques.
Ajouter à tous ceux-ci les sources thermales, aux vertus thérapeutiques,
de Soboroum, avec ses geysers et ses eaux sulfureuses chaudes. Cette
richesse culturelle malheureusement, à l’heure actuelle, ne réjouit
que l’œil des nomades, des rebelles et de quelques baroudeurs qui
s’aventurent dans cette région fabuleuse, malgré les risques.
Si
les morts pouvaient parler, que dira le général Charles Degaule du
Tchad après 43 ans d’indépendance ? Lui qui a souhaité au nom de la
France « le bonheur et la liberté à la jeune république
tchadienne », le 11 août 1960, dans un discours lu par André
Marlaud. Ces vœux confiant fait par cet homme d’État est loin de se
réaliser, à cause de l’immature du peuple tchadien et de l’ingérence
politique de la France au Tchad. Pourtant, au jour d’héroïque, le
Tchad n’a pas fait défaut à la France. M. Degaule reconnaissant le
sacrifice disait : « le Tchad peut être assuré
aujourd’hui, le 11 août 1960, que la France ne lui fera pas défaut ! »
Est-ce le général Degaule, dans cette phrase faisait allusion
à l’ingérence politique qu’aura son pays sur le nôtre ? Inutile
de polémiquer là-dessus, car cet homme d’État n’y est plus.
Au-delà
des préjugés, le vrai mal dont souffre le Tchad est le tchadien lui-même.
A l’aube de l’indépendance, le Tchad était gouverné par un civil.
Ce civil nommé François Tombalbaye, considéré à l’époque comme
l’homme du compromis entre le nord et le sud, n’a pas été à la
hauteur des attentes. Préférant la dictature et la mégalomanie à la
démocratie, le régime de feu Tombalbaye avait commis des graves
erreurs politiques dont l’ombre des conséquences plane encore
aujourd’hui sur le Tchad. Cependant, malgré les graves erreurs
politiques commises, notamment, la révolte de Mangalmé en 1966 et la
création de Frolinat, les acquis de la république ont été préservés
par le régime civil. Les premières infrastructures économiques se réalisaient
comme ils se devaient (contontchad, sonasut, mct, ondr, stt, omvsd,
stee, brasserie du logone, abattoir frigorifique, grand moulin, etc.),
jusqu’au bon matin du 13 avril 1975 où les militaires décidèrent de
changer à jamais le destin du Tchad, en prenant le pouvoir.
Depuis
cet avènement et la succession des militaires au pouvoir, tout semble
reculé. Le sang coule sans pitié en permanence. Les droits à l’éducation
et à l’environnement sain sont bafoués. Les écoles, lieux par
excellence de savoir-faire et de savoir être se trouvent transformées
en de véritables jungles par les rejetons des dignitaires intouchables
des régimes. Les établissements scolaires manquent de clôture, des
latrines, d’eau potable et d’électricité. Certains servent même
de dépotoirs et de lieux privilégiés pour « se soulager »
à un grand nombre de personnes inciviques. Le lac Tchad, fleuve aux
eaux boueuses, fut, à l’époque, le centre du marché du sel de l’Afrique
centrale, rétrécit aujourd’hui à une vitesse inquiétante et se dépeuple.
Le Parc national de Zakouma situé dans une immense plaine traversée du
nord au sud par la rivière Bahr Salamat et ses affluents sont vidés de
sa faune sauvage, à cause des perturbations de l’équilibre écologique
du lieu par les braconniers. Les sociétés existent au règne de
Tombalbaye sont réduites à l’unité ou n’existent plus. Les
infrastructures touristiques et le réseau des transports sont peu développés,
ce qui empêche l’émergence du tourisme, à la plus grande joie des
aventuriers et des baroudeurs, mais sûrement au détriment de l’économie!
Avec
le vent de la démocratie où le Tchad espérait être bien assis, en
observant les partis politiques franchement qui, parmi ces opportunistes
politicards endurcis peut avoir le souci de te donner un souffle de vie
Oh ! Tchad mon pays ! chantait le défunt artiste, Ahmat Pécosse.
L’opposition
politique n’existe qu’à la veille des élections; la société
civile est encore embryonnaire. Qu’est-ce que le Tchad a fait pour mériter
un tel châtiment ? Le
châtiment dont la sentence semble être à vie. Pourtant, ce pays est
un cadeau de Dieu, car, immense en richesse culturelle et économique.
Il suffisait de les mettre en valeur et les exploiter. Malheureusement,
cette solution ne semble guère plaire à ses fils qui, s’apprêtent
à ouvrir les premiers robinets de l’or noir (le pétrole) dans cette
mauvaise gestion devenue symptomatique.
Après
43 ans d’indépendance, le Tchad est toujours sur une route desserte
et vaste, à la recherche d’un homme qui peut le libérer !
Armand
Djedouboum Nadjibé
Ialtchad
Presse
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